Voyages interdits ? Notre sélection hors de l'Hexagone...

  • Dans la ville provisoire

    Pellegrino Bruno

    • Zoe
    • 7 Janvier 2021

    Au creux de l'hiver, un jeune homme s'installe dans une ville cernée par l'eau pour faire l'inventaire de l'oeuvre d'une traductrice célèbre. Un ticket de supermarché enluminé de notes devient un document de même valeur qu'un manuscrit. Un tas d'habits sur le lit un indice aussi important que les piles de livres et de carnets. Dans un décor que floute l'omniprésence de l'eau, le jeune homme cherche à percevoir la voix de la traductrice, à se représenter son corps, jusqu'à emprunter ses gestes et ses pensées. Le processus d'allègement est inexorable et l'expérience devient vertigineuse. Ce roman baigné d'une lumière douce et trouble envoûte le lecteur grâce à une tension permanente, un secret.

  • Marco Carrera est le « colibri ». Comme l'oiseau, il emploie toute son énergie à rester au même endroit, à tenir bon malgré les drames qui ponctuent son existence. Alors que s'ouvre le roman, toutes les certitudes de cet ophtalmologue renommé, père et heureux en ménage, vont être balayées par une étrange visite au sujet de son épouse, et les événements de l'été 1981 ne cesseront d'être ravivés à sa mémoire.
    Cadet d'une fratrie de trois, Marco vit une enfance heureuse à Florence. L'été, lui et sa famille s'établissent dans leur maison de Bolgheri, nichée au sein d'une pinède de la côte Toscane. Cette propriété, qui devait symboliser le bonheur familial, est pourtant le lieu où va se jouer le drame dont aucun membre de la famille Carrera ne se relèvera tout à fait. En cet été 1981, celui de ses vingt-deux ans, se cristallisent les craintes et les espoirs de Marco qui devra affronter la perte d'un être cher et connaîtra un amour si absolu qu'il ne le quittera plus.
    Grâce à une architecture romanesque remarquable qui procède de coïncidences en découvertes, Veronesi livre un roman ample et puissant qui happe le lecteur dans un monde plus vrai que nature où la vie, toujours, triomphe.

  • Le train des enfants

    Viola Ardone

    Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d'autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.
    Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l'amour maternel et sa famille d'adoption, quel chemin choisira-t-il ?
    S'inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l'histoire poignante d'un amour manquée entre un fils et sa mère. Immense succès en Italie et en cours de traduction dans 29 pays, ce roman remarquable révèle une auteure d'exception.

  • Alegria

    Manuel Vilas

    «Je suis arrivé par la douleur à la joie», écrit le poète José Hierro.

    De chambres d'hôtel en aéroports, assailli par une profusion de souvenirs, Manuel Vilas poursuit la mise à nu de son narrateur. Il orchestre la symphonie de la mémoire et enrichit son tableau de nouveaux motifs comme celui de l'allégresse. Toujours entouré de ses musiciens, ombres de son passé, en dialogue incessant avec les doubles de ses fantômes, auxquels il ajoute Arnold (pour Schönberg), sa part sombre, son ange de la dépression. Le passé coule partout, vague sans cesse rabattue, il est dans les machines à presser les oranges, dans les chemises jamais assez blanches, dans les cours d'eau, comme sous le sol que l'on foule.
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    «La joie venait toujours après la peine», chante Apollinaire, Alegría tend résolument du côté de la lumière et Manuel Vilas offre, après Ordesa, un grand livre solaire. Son audace littéraire et sa capacité à transfigurer l'intime en universel le désignent comme un de nos écrivains contemporains majeurs.

  • Baiser ou faire des films

    Chris Kraus

    • Belfond
    • 21 Janvier 2021

    Jonas n'a pas trente ans quand il débarque à New York pour vivre son rêve de cinéma. Au gré de rencontres déjantées, le jeune Allemand découvre, fasciné, un milieu où flottent encore les ombres de Kerouac et de Ginsberg. Reste à trouver un sujet pour son film d'études. Fiction porno-expérimentale ? Documentaire sur le pouvoir érotique des lobes d'oreilles ?

    Jonas semble passer volontairement à côté du sujet qui s'imposerait pourtant : l'histoire de sa famille. À New York, en effet, vit sa « tante » Paula, qui fut un temps très proche de son grand-père, pendant la Seconde Guerre mondiale, à Riga. Même si Jonas ne veut rien entendre, Paula a beaucoup à dire sur cet homme complexe, ce nazi sanguinaire qui l'a pourtant sauvée, elle, la Juive.

    Et tandis que Jonas répète à l'envi « Je ne tournerai pas de film à la con sur les nazis ! », la belle Nele va entrer dans sa vie...

  • Un vent de magie souffle sur la jetée de Brighton au coeur de l'été 1959. C'est dans le théâtre de cette station balnéaire anglaise que se produisent chaque soir Jack Robbins, Ronnie Deane et Evie White. Cet époustouflant trio offre aux vacanciers du bord de mer un spectacle de variétés à nul autre pareil. Sur les planches, ils deviennent Jack Robinson, malicieux maître de cérémonie, Pablo le Magnifique, magicien hors pair, et Eve, sublime assistante au costume étincelant. Le succès ne se fait pas attendre et leur numéro se retrouve bientôt en haut de l'affiche. Le charme n'opère d'ailleurs pas uniquement sur scène : au fil de l'été, les deux amis succomberont l'un et l'autre à celui, irrésistible, d'Evie. Au risque de tout perdre.
    Avec délicatesse et maestria, Le grand jeu nous plonge dans les coulisses des spectacles de magie et redonne vie à une époque disparue. Graham Swift révèle une fois de plus son talent de conteur et livre une bouleversante histoire d'amour, de famille et de mystère.

  • Neuf citadins stressés, prêts pour un break dans une sublime station thermale. Le Tranquillum House leur propose, grâce à une approche révolutionnaire, de renouer avec l'énergie positive pour prendre un nouveau départ. Coupés du monde extérieur, tous s'attendent avec impatience à une transformation totale. Au fur et à mesure de la cure, les langues se délient, les secrets enfouis resurgissent, les animosités aussi. On leur avait promis la quiétude et le renouveau, c'est le lâcher-prise qui s'installe... mais pas celui auquel ils s'attendaient. Un roman qui allie humour et subtilité ! Brillamment construit.

  • Il pleuvait à torrents et personne, vraiment personne, n'était prêt à ouvrir sa porte, et surtout pas à ces individus. Oui, il y avait des Blancs parmi eux-les humanitaires qui les accompagnaient-mais ils étaient tout aussi étranges que les autres malheureux, mal fagotés et mal en point. Que venaient-ils faire, ces envahisseurs, dans notre petit village où il n'y avait plus de maire, plus d'école, où les trains ne passaient plus et où même nos enfants ne voulaient plus venir? Nous nous demandions comment les affronter, où les abriter puisqu'il le fallait. Eux aussi, les migrants, avaient l'air déboussolés. C'était pour ce coin perdu de Sardaigne, ce petit village délaissé, qu'ils avaient traversé, au péril de leur vie, la Méditerranée? C'était ça, l'Europe?

  • Danny et Maeve, un frère et une soeur unis par un amour indéfectible, ne cessent de revenir devant leur ancienne demeure se heurter aux vitres d'un passé douloureux. Cette imposante Maison hollandaise, écrin des joies et des peines de leur enfance, source de leurs malheurs, les attire comme un aimant. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett, en déchiffreuse éclairée de l'âme humaine, signe un roman pénétrant sur l'abandon, le pardon, les liens filiaux et le rapport que chacun d'entre nous entretient avec le passé.

  • " La fiction ne connaît nulle loi et sa liberté ne connaît aucune limite. La fiction, c'est la liberté. ».

    Inside Story est une invitation de Martin Amis en personne à parcourir sa vie, mais attention, sous la forme d'un roman s'il vous plaît ! Car d'après le grand provocateur des lettres britanniques, aucun espace n'offre plus de liberté que celui de la fiction. Nous voilà partis pour une grande aventure de vie d'écrivain, de sa genèse à ses temps forts, de ses nombreuses amours à ses mentors, le tout parsemé d'observations et conseils uniques en leur genre. On découvre alors un texte empli d'esprit et de malice qui nous balade dans le temps, les cocasseries, les souvenirs et les émois.

    Projet littéraire aussi colossal que loufoque, Inside Story est certes une ode à la vie de Martin Amis, mais surtout, une ode à la vie littéraire et à la liberté d'expression la plus totale. L'autofiction n'aura jamais été aussi bousculée.

  • Lettre ouverte

    Goliarda Sapienza

    Acculée par ses contradictions, ses traumatismes et ses peurs, Goliarda Sapienza a décidé de faire face et de se confronter aux chaos de son passé.

    C'est cela que nous propose avant tout Lettre ouverte, la conscience d'un conflit intérieur majeur et la volonté de le surmonter. Peu importe si cette aventure oblige Sapienza à couper les ponts avec le monde culturo-bourgeois qui était le sien jusqu'alors, si elle la laisse cloîtrée chez elle, l'écrivaine ira jusqu'au bout :
    « Je me trouve maintenant avec les tiroirs ouverts débordant de lettres, de photographies. Des rubans, des chemisiers, des livres en tas en plein milieu de la pièce, par terre?; la porte crucifiée par l'échelle que le concierge m'a prêtée. Je ne pourrai plus sortir. Je resterai ensevelie entre le divan et la porte. » Lettre ouverte a d'abord été publié en 2008 par les éditions Viviane Hamy, au sein d'un recueil intitulé Le Fil d'une vie. Pour cette nouvelle édition, la traductrice a entièrement révisé sa première traduction, forte de sa connaissance des oeuvres découvertes par la suite et des singularités - si grandes - de la langue de Goliarda Sapienza.

  • Fin des années trente : New York est en plein tumulte. Les nationalistes allemands célèbrent Hitler tandis que le mouvement pro-guerre recommande l'intervention des Américains en Europe.
    Josef Klein, lui, ne vit que pour ses deux passions : les échecs, et la radio amateur. C'est ainsi qu'il rencontre Lauren, jeune activiste qui partage sa fascination des ondes. Mais les compétences techniques de Josef en tant qu'opérateur radio attirent vite l'attention d'hommes influents, et avant même qu'il ne le réalise, il se retrouve au coeur du réseau d'espionnage du renseignement militaire allemand.
    Des rues de Harlem à Buenos Aires en passant par l'Allemagne, Ulla Lenze explore les multiples identités d'un héros, qui selon le continent et l'époque se prénomme Joe, Josef ou José.
    Un roman brillant et haletant qui mêle archives familiales et thriller d'espionnage pour offrir une réflexion sur les affres d'une âme perdue en terre étrangère.

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