Laurence Nobécourt

  • Les sept péchés capitaux, ce n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Laurence Nobécourt, l'autrice du Chagrin des origines, pour nous raconter les tours et détours de la chair.

    «'D'un jadis plein de pères abusant de leur effarante arrogance, à la servitude contemporaine qu'un maternel tout-puissant soumet de sa loi, les corps se sont perdus dans leur lien à l'esprit et il n'y a plus qu'un monde de chair où la pulsion avance masquée sous des figures de mort. Ô Adonaï, où es-tu ? La sexualité est une spiritualité peu commune. Je t'y vois plus que nulle part ailleurs.»

  • Laurence Nobécourt ne se paie pas de mots quand elle nous dit que l'écriture l'a sauvée : ce récit est un brûlant hommage à cette « voie du verbe » qui permet de se rapprocher de soi-même et de donner sens à la vie. Elle nous donne en partage les moments initiatiques sur cette voie escarpée : le corps exsudant la souffrance psychique ; la quête perpétuelle du pourquoi de ce « chagrin des origines » ; les années douloureuses à vouloir se perdre dans l'addiction ; l'aspiration de la mélancolie mais aussi les lectures, gages d'ouverture de la ligne d'horizon ; une nuit fondatrice sous l'emprise d'un champignon hallucinogène, où lui est révélée la réalité d'un monde qui n'est qu'amour - et qu'elle n'aura de cesse de retrouver dans l'écriture...
    Dans cette prospection intime dont Laurence Nobécourt nous décrit les aléas, les rêves meurtris, les illusions et les éblouissements, une âme se met à nu sans tricher, toujours guidée par une foi aussi libre que fervente - et communicative.

  • « En mars 2003, un quotidien m'a proposé d'écrire " Mon journal de la semaine ". Moi qui n'ai pas la télévision, n'écoute pas la radio et lis si peu la presse, je redoutais cet exercice lié à l'actualité. Or, c'est cette semaine que Georges Bush décida d'envahir l'Irak et de mener ce qui allait devenir la "Troisième guerre du Golfe ".  Je concluais mon texte par quelques vers signés d'un poète japonais de mon invention du nom de Yazuki, dont la biographie fantomatique allait devenir le projet souterrain de mon travail d'écrivain durant une décennie... » Mais qu'en est-il lorsque l'écrivain apprend que son personnage est devenu réalité ? A-t-il d'autres choix que celui de courir à sa rencontre ? D'autres possibilités que celle d'abdiquer devant le réel ? Qu'en est-il alors du pouvoir de la fiction ?
    « L'imagination forte engendre l'événement » affirmaient les clercs du temps de Montaigne. A la manière d'un manifeste littéraire, intime, La Vie spirituelle incarne cet adage.
    Construit comme un dédale entre récit et fiction, le livre invite à une promenade dans le Japon contemporain où auteur et lecteur découvrent, ensemble, cette part onirique et spirituelle que chaque vie abrite en son sein. Où l'écrivain pourrait se révéler n'être que le rêve de son personnage. Et où le lecteur parcourt un pays de neige, de mots et de silence, loin de la vie matérielle...

  • « Pour la première fois, en 2013, m'a été révélé le sens de mon prénom d'origine : Laurence ; qui signifie « l'or en soi » dans la langue des oiseaux. Prénom dont je décide de signer mes livres à venir. A quoi m'aura servi ce prénom de Lorette que j'ai porté tant d'années, sans pourtant qu'il fût mien ?
    Maintenant, je m'appelle Laurence. C'est mon prénom d'origine. J'ai réussi à ne pas l'égarer. J'ai tout perdu, mais j'ai retrouvé mon nom. »

  • Creusant livre après livre son chemin d'écrivain et de femme, Laurence Nobécourt poursuit son oeuvre littéraire avec deux textes d'une rare profondeur, à la recherche d'une véritable union entre l'âme et le corps. Dans Vivant Jardin, elle entame, sous forme d'un dialogue à trois voix, une réflexion nouvelle sur l'écriture et sur l'amour. Comment concilier l'exigence de l'art avec la passion amoureuse ? Dans Le Poème perdu, Laurence Nobécourt (est-ce bien elle ?) interpelle sa mère, et retrace la vie d'une femme moderne, luttant contre les injustices de la société, et contre le temps qui passe.
    A l'occasion de la lecture de ce poème sur France Culture, voici ce qu'écrivait Télérama : "Un texte magnifique, ambitieux, surgi de ses tréfonds. L'aboutissement d'années de camouflage, de peur, de sentiment d'illégitimité face à la poésie."

  • Les sept péchés capitaux, ce n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Laurence Nobécourt, l'autrice du Chagrin des origines, pour nous raconter les tours et détours de la chair.
    "'D'un jadis plein de pères abusant de leur effarante arrogance, à la servitude contemporaine qu'un maternel tout-puissant soumet de sa loi, les corps se sont perdus dans leur lien à l'esprit et il n'y a plus qu'un monde de chair où la pulsion avance masquée sous des figures de mort. Ô Adonaï, où es-tu ? La sexualité est une spiritualité peu commune. Je t'y vois plus que nulle part ailleurs.

  • Shelomo Selinger, juif polonais, est entré dans l'enfer nazi à l'âge de quatorze ans. En quatre années d'horreur, il a connu neuf camps de concentration et deux marches de la mort. Comment a-t-il pu survivre ? « L'instinct, le hasard, la fraternité. Et puis l'oubli », répond-il.
    Une amnésie totale s'est en effet emparée de lui du jour même où il a été libéré. Elle l'a protégé pendant sept longues années des fantômes de la Shoah, et ne s'est dissipée que lorsqu'il est vraiment revenu à la vie par la grâce d'une double rencontre : celle de l'amour et de l'art.
    Depuis, Shelomo Selinger ne cesse de témoigner par ses dessins et ses sculptures monumentales qui se dressent à Drancy, La Courneuve, Luxembourg, ou dans l'Allée des Justes des Nations au mémorial Yad Vashem de Jérusalem.
    Mais l'artiste chante aussi l'enfance, la femme, l'espérance qu'il incarne dans le bois et le granit. Et dans ce livre où l'écrivaine Laurence Nobécourt lui a prêté sa plume de feu, il déclare son amour inaltérable de la Vie : « Il n'y a rien de plus sacré que la vie. Même Dieu n'est pas aussi sacré. »

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