Chantal Thomas

  • D'un côté, le sable et de l'autre, la neige. C'est avec ces deux couleurs et ces deux éléments que Chantal Thomas nous offre un bouleversant autoportrait, campé entre les plages de son enfance à Arcachon et au Cap ferret et la ville de Kyoto aujourd'hui, sous la neige d'un 31 décembre, ville mélancolique, ville magique. En passant par les semaines à la campagne, avec Louisette, la fille des fermiers, dans la maison d'enfance de son père, Le Petit Palet, près de Saintes.
    Les lieux, les temps et les dates se chevauchent, mêlant la joie, la liberté, la cocasserie et les jeux de l'enfance à la gravité et le mystère d'un père silencieux, mutique, qui mourra très jeune, à quarante-trois ans.
    Les vagues de l'Océan rythment le récit. La Grande Dune, les excursions au Cap Ferret, le bateau, le petit train, les aiguilles de pin, les huîtres, l'ivresse des mots et du vin, l'amitié, les poupées, le ski, les parties de pêche avec le père, les promenades en bateau deviennent ici des « Mythologies ». Le calme d'un côté, la violence de l'autre. Toute une fresque pour dire la beauté des choses et la puissance de leur silence. Dans l'intimité d'une mémoire, écrite dans une langue faite d'élégance et de grâce pour exprimer des sensations les plus fugitives tout en faisant l'éloge du déplacement. De sable et de neige, ou l'art de vivre dans l'instant.
    Les photos d'Allen Weiss en gros-plan couleurs accompagnent délicatement le voyage, ponctué également de photos d'enfance et d'estampes japonaises.
    CHANTAL

  • East Village blues

    Chantal Thomas

    2017. Chantal Thomas s'envole à nouveau pour New York. Revenue dans l'East Village, autrefois peuplé d'artistes et d'immigrés, elle découvre un quartier qui a perdu son âme. Seuls quelques graffitis témoignent encore de la marginalité des années 1970. Pourtant, elle se souvient : St. Mark's Church et ses poètes, le Chelsea Hotel, les bars, les fêtes, les peurs, les amours passagères... Et fait revivre l'intensité d'une époque où régnaient l'audace et la liberté.

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  • Des chauffeurs de taxi, des héroïnes de faits divers, des amoureux qui enferment leur coeur au cadenas traversent ces pages. Ils croisent tout naturellement Colette, Roland Barthes, Patti Smith, Voltaire ou Corto Maltese, sans oublier quelques figures chères de mon enfance, ma mère nageuse, mon grand-père bien-aimé... On peut dès lors lire ces Chroniques en passant comme un journal de voyage, si l'on croit que chaque matin contient une occasion de départ et une chance d'aventure, émotive, intellectuelle - la quête d'une certaine qualité de vibrations.

    Ce qui a piqué mon attention relève d'un intérêt essentiellement subjectif. Les rencontres, les lectures, les images et incidents qui m'inspirent et me donnent à rêver n'entrent pas dans un cadre préétabli. Ils participent de moments fugitifs, du charme de l'instant.

    J'ai écrit les textes ici réunis de 2014 à 2018, au rythme d'une chronique par mois, pour le journal Sud Ouest. Et à la fin, en me retournant, j'ai senti qu'ils formaient un livre. Le voici.

    C.T.

    1 autre édition :

  • Ce livre est un exercice d'admiration. J'ai eu la chance de rencontrer en Roland Barthes quelqu'un de totalement habité par la passion de la littérature et le désir de l'écriture, et qui avait la particularité d'écrire pour faire sentir ce désir, communiquer son éclat. D'écrire et d'enseigner. Il s'est agi pour moi en ces pages de faire exister Roland Barthes comme professeur, et plus largement, de souligner un certain nombre de valeurs que chacun de ses livres affirme, telles : l'amour de la langue, la différence au lieu du conflit, le goût du présent. Des valeurs sous le signe de l'harmonie, mais qui recèlent, s'il le faut, un pouvoir de résistance à tout ce qui se situe du côté du stéréotype, de la répétition mécanique, de la violence.

    C.T.

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  • Dans Vienne ruinée et humiliée par la victoire de Napoléon, Agathe-Sidonie, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient. De l'année 1789. Du faste de la Cour, bien sûr. Et particulièrement, au lendemain de la prise de la Bastille, des derniers jours à Versailles auprès de cette reine si controversée, qui continue de la fasciner. Agathe-Sidonie s'est enfuie dans la nuit du 16 juillet 1789...

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  • En 1721, la France et l'Espagne scellent une alliance par un échange : celui de la très jeune infante d'Espagne contre la fille du Régent Philippe d'Orléans. Les deux enfants sont destinées aux futurs rois de France et d'Espagne, qui ne sont guère plus âgés qu'elles. Forcées de quitter leur pays, leurs familles et leurs suivantes, elles rejoignent difficilement leurs cours respectives. Mais Versailles est très superficielle pour une fillette de quatre ans sans cesse courtisée et Madrid bien trop sévère pour une adolescente en rébellion contre cette cour si puritaine ...

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    3 Autres éditions :

  • " ce livre est à la fois voyage dans l'inconnu du xviiie siècle et approche d'une figure singulière, irréductible à nos concepts modernes d'intelligence ou de désir.
    Giacomo casanova, vénitien, habile charlatan, grand joueur et franc libertin.
    De n'être pas prise dans un mouvement d'identification, ni de rejet, je m'accorde la liberté de me perdre et d'être séduite, de m'arrêter et d'analyser, et surtout de m'étonner. car la beauté baroque, infime, grossière, âpre, souvent violente, parfois même monstrueuse dont sont marqués les mémoires de casanova n'a rien à voir avec un tableau lisse et rassurant.
    Elle ouvre sur des interrogations, des situations qui ont la force du romanesque et l'étrangeté des énigmes. ".

  • Vitrines sur la ville ou repaires secrets ; depuis son enfance, Lisa est fascinée par les cafés. Arrivée à Bordeaux pour étudier la philosophie, ils s'ouvrent enfin à elle. Conquêtes de son émancipation, complices de ses errances et témoins de son cheminement... la jeune fille s'en remet entièrement aux cafés, au hasard des rencontres et des ivresses, pour faire son apprentissage.

    2 Autres éditions :

  • L'esprit d'indépendance - son insolence, son euphorie, sa force de détachement - souffle pour chaque personne selon une disposition biographique singulière, au gré d'instants qui, peut-être insignifiants de l'extérieur, s'inscrivent en nous comme les moments décisifs de notre histoire. Cet essai dit l'importance de savoir au vol les saisir. Le goût du jeu, l'envie de rire, l'art du voyage, le plaisir de lire, le droit de dire non à la chaîne des obligations et à celle des générations sont les éléments d'une jouissance aussi fragile que vitale de sa liberté.

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  • Il est important de savoir distinguer entre ce qu'on souffre par nécessité et ce qu'il nous fait plaisir d'endurer. Faute d'accomplir la séparation, on manque, par complaisance dans la plainte sur des motifs de souffrir qui, au fond, nous sont chers, le plaisir de souffrir. Mais l'on manque aussi, en voulant se dérober à des souffrances inévitables, le lien essentiel qui unit le courage d'affronter la douleur à l'événement de la joie - à la seule possibilité d'un rapport au monde entièrement vivant.

  • Ursule, jeune fille ambitieuse, fuit sa famille : elle veut devenir actrice. Sur sa route, elle croise le duc de Richelieu, fournisseur attitré du gynécée royal. Rebaptisée Olympe, elle s'installe à Versailles et devient la favorite de Louis XV. Mais on ne porte pas impunément ombrage à la Pompadour ! Dans un testament à sa soeur Apolline, elle raconte son tragique destin, des fastes de la Cour à la répudiation.

    1 autre édition :

  • "Ici les insectes sont remplacés par des enfants.
    Leurs petites silhouettes colorées donnent vie à la palette du bonheur fou. Ils vaquent dans l'ombre pain d'épice des maisons. Ils s'activent sur les places blanches de soleil. Ils se donnent à leurs jeux bruyants et insensés. Ils agitent leurs pieds ronds en une danse de la dévastation, qui pour le moment se satisfait d'elle-même, mais pourrait, au moindre prétexte, déborder sur le reste du monde." Entre Bécassine et Bellmer, entre L'Echo de la Mode et les leçons de grammaire, Chantal Thomas donne vie à une nuée de petites filles qui, sous l'amabilité rassurante de leurs charmes enfantins, satisfont tous leurs caprices.
    Elle nous transmet leur force et leur férocité, leur bizarre génie et cette joie sans raison qui fait danser leurs jambes.

    1 autre édition :

  • Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits. Nager pour inventer sa sensualité, préserver sa fantaisie. C'est ce qu'a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, commencée en 1919 et menée selon une liberté secrète, obstinée, qui la faisait, dans un âge bien avancé, parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps, elle s'était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve, avait échangé le cap Ferret contre le cap Ferrat, avec sa mer plus chaude, son grand été.
    Qu'a-t-elle légué à sa fille Chantal ? Quelque chose d'indomptable, ou de discrètement insoumis, et cette intuition que la nage, cette pratique qui ne laisse aucune trace, est l'occasion d'une insaisissable liberté, comme lorsque jeune fille, au début des années 30, Jackie avait, en toute désinvolture, enchaîné quelques longueurs dans le Grand Canal du château de Versailles sous l'oeil ahuri des jardiniers.

    2 Autres éditions :

  • - « A partir d'une évocation rapide de deux salons antérieurs, la chambre bleue de Mme de Rambouillet (XVIIe siècle) et le salon de Mme du Deffand (XVIIIe siècle), je voudrais, dans ce texte, issu d'une conférence, définir et faire sentir le rapport très singulier que Mme de Staël (XVIIIe et XIXe siècles) a entretenu toute son existence avec l'univers des salons et l'esprit de conversation.
    Une histoire qui pour elle commence à Paris dans le salon de sa mère et va se poursuivre, après son mariage avec M. de Staël, ambassadeur de Suède, dans son propre salon, rue du Bac ; un salon destiné d'abord à servir la gloire de son père Jacques Necker. Mais bientôt, sur l'ordre de Napoléon, elle devra s'exiler en Suisse. Et c'est au château de Coppet qu'elle va instaurer une vie de société originale, où, entre théâtre, musique, lecture, écriture, travail de traduction, la conversation tient un rôle majeur - mais il s'agit d'une conversation habitée par la passion, et toujours prête à bousculer les rites. Passion politique d'une part : Mme de Staël, insouciante des règles de la conversation, a une parole libre, spontanée. Le salon, à ses yeux, a une fonction subversive et de discussion politique. Passion amoureuse également : Sa relation tumultueuse avec Benjamin Constant inaugure un type d'union encore jamais expérimenté : Le couple entre deux intellectuels, deux partenaires égaux, deux écrivains « engagés ».
    Dans ses romans Delphine ou Corinne, Mme de Staël crée des personnages de femmes, qui s'illustrent par un art de la parole extraordinairement brillant, et même inspiré. Elle introduit sur la scène de la littérature des femmes d'exception, qui seront, pour cela même, rejetées par la société et condamnées à la solitude. Son écriture, à l'opposé des analyses de Proust considérant la conversation comme l'ennemie du talent d'écrivain, puise son énergie et sa force de conviction dans le bonheur, l'intelligence, la rapidité inhérents à l'esprit de conversation.

    1 autre édition :

  • « Les textes de ce recueil suivent approximativement un ordre chronologique. Ils sont du côté de la critique avec ce que cette activité suppose de frôlement avec la fiction. Toutefois mon but ici est d'analyser des oeuvres, de les comprendre et me comprendre à travers elles. Celles-ci, de Casanova et Sade à Beaumarchais et Laclos, de Tiepolo à Mozart, ne cessent de tendre - c'est pour moi ce qui les réunit - à développer une philosophie du plaisir, une intelligence du désir, un génie du moment.
    Pas de femme parmi ces écrivains libertins dont la lecture m'accompagne ? C'est tout simplement qu'il n'en existait pas. Il était fort malvenu à cette époque pour une femme de s'afficher comme femme encore plus comme auteur. C'est pourquoi ces textes peuvent aussi se lire selon la ligne d'une trajectoire : celle qui de Mme de Tencin en passant par Mme Roland brise le silence et aboutit à Mme de Staël : la première femme à oser se proclamer auteur et assumer des prises de position intellectuelles et politiques. » Ces Variations sur l'esprit du XVIIIe siècle sont des variations sur un esprit rebelle et vagabond, fantaisiste, attaché à la jouissance singulière, au refus de tout comportement de groupe. Un esprit révolutionnaire ? Libertin et libertaire plutôt, comme va le révéler la rencontre avec les événements de 1789 et surtout avec la Terreur.

  • Thomas Bernhard est l'auteur d'une oeuvre romanesque mondialement connue et de pièces de
    théâtre inscrites au répertoire international. L'intransigeance de son propos, la radicalité de son
    regard sur l'Autriche, son pays (quoi qu'il soit né en Hollande) en ont fait un des plus grands
    écrivains du XXe siècle, qui a toutefois déclenché de très vives polémiques, à Vienne notamment,
    suscitées par son implacable éclairage du passé nazi tel qu'il a continué à ses yeux d'imbiber la
    bourgeoisie et la petite bourgeoisie autrichiennes dans les décennies qui ont suivies la guerre.
    Sarcastique sur le monde de la culture, il est une grande figure intellectuelle, à la fois courageux et
    solitaire.
    C'est cette oeuvre que Chantal Thomas analyse dans le détail ; c'est aussi cette vie qu'elle restitue,
    dans une forme de complicité et presque d'empathie.
    La réédition de ce livre a fait l'objet d'une mise à jour du texte et d'un sensible renouvellement de
    l'iconographie.

  • Le palais de la reine

    Chantal Thomas


    en pleine canicule, patrick, les bras chargés d'une cagette de cactus, franchit le seuil du café oú sert raymonde.
    tout comme le linoléum, il fond. obsédée par l'idée de se marier, raymonde saute sur ce jeune homme, un brin débile, qui vit toujours sous la coupe impérieuse de sa mère. entre l'énergie que met cette jeune femme à souffrir, même après sept ans de mariage, et la monstruosité épanouie de la mère se crée un ensemble parfait. fantaisie, malice et fantastique pimentent la tragicomédie du trio.

  • Ces pages sont nées d'une conversation avec Claude Plettner qui dura plus d'un an, au hasard des cafés. Elle fut menée comme on part dans l'inconnu par des chemins aléatoires, provisoires, alternant le risque de se perdre et l'euphorie de déboucher sur un paysage grand ouvert. Emergent seulement de ce long échange quelques éclats, précieux fragments d'un incessant va-et-vient entre parlé et écrit.
    Le bonheur de cette promenade sans carte tient à l'imagination vive, à la sensibilité et à la belle érudition de Chantal Thomas jamais coupée de ses univers les plus personnels. Se dessine ici une topographie intime susceptible de parler à beaucoup, au fil de tours et détours par l'enfance, la plage, la lecture, le théâtre, l'école, la peur, la neige, Roland Barthes, les mystiques, les cafés, les villes où l'on passe et celles où l'un habite...

  • «Marie-Antoinette : Reine. Autrichienne. Epouse de Louis XVI. Joua à la bergère. Fut guillotinée». Ces mots résument le savoir le plus commun porté par le nom de Marie-Antoinette : l'évidence de sa culpabilité ne fait qu'un avec celle de sa beauté.

    Chantal Thomas ne nous présente pas ici une biographie de Marie-Antoinette, mais à partir des innombrables pamphlets, l'étude d'un mythe, celui de la reine scélérate, de l'«architigresse d'Autriche», créé par les courants misogynes et xénophobes, qui transformèrent une jeune princesse en une prostituée, une nymphomane, un monstre...

  • Marie-Antoinette avait plusieurs lectrices, mais elle n'aimait pas la lecture.
    Amoureuse des livres, habitée par leurs voix, la Lectrice-adjointe devient confidente malgré elle de la passion naissante de Marie-Antoinette pour madame de Polignac, de son besoin d'indépendance, et de son désir de se libérer enfin de l'emprise, terrible de l'impératrice Marie-Thérèse, sa mère. Cette pièce a fait l'objet d'une commande de France Culture (2001) et de lectures-spectacles à la Comédie Française.

  • 1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par le passage et la victoire de Napoléon. Agathe, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de la reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale s'est enfuie. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue le faste de la Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée.

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