Denis Grozdanovitch

  • « Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j'ai fini par découvrir que le jeu d'échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu'il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l'enfermement mental qu'il peut aussi induire, j'ai fini par apprendre à m'en servir comme d'un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l'existence, ce qui m'a été d'un secours providentiel.
    Outre ce pouvoir d'évasion, j'essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l'exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.
    Chemin faisant, j'en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles - du moins dans le cas des meilleurs - s'allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l'aspect comique le dispute au pathétique.
    Enfin, j'essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu'elle pourrait nous montrer la voie d'une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l'esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d'aujourd'hui. »

  • Vivre à son propre rythme, lire des auteurs oubliés, jouer au tennis sans esprit de compétition, faire la sieste au fond du jardin, contempler un vol de grues, repenser aux rêves de la nuit : autant d'expériences mystérieuses que le bruit assourdissant de la planète rend aujourd'hui presque impossibles.
    L'an difficile de ne presque rien faire aborde avec un humour délicieux l'une des questions épineuses de l'existence : comment préserver la jouissance de l'instant? Quelque part entre la sagesse chinoise du tao et le désir d'enfance, avec un scepticisme assumé face aux délires de la consommation ou du sport-spectacle, Denis Grozdanovitch nous invite avec une poésie quotidienne et lumineuse sur des sentiers qui ne mènent nulle part.

  • «Je tenterai de vanter ces divines suspensions temporelles que nous allouent parfois lesdits temps morts, c'est-à-dire ces merveilleuses occasions qui nous sont parfois octroyées de nous soustraire au stress de la vie trépidante d'aujourd'hui.» Préserver le luxe d'un rythme personnel face à la cadence de plus en plus oppressante des horloges, accorder ses états d'âme aux variations de plus en plus capricieuses de la météorologie, bref s'adapter - si c'est encore possible. - à la marche du monde et au temps comme il va : de véritables défis que le présent ouvrage tente de relever en proposant une autre sorte de «savoir-vivre».

  • Ainsi que les présente son auteur, voici des petites chroniques dilettantes et disparates où il est question du temps et de la vitesse, des îles et de la mélancolie... mais aussi des chats, des tortues et des Chinois.
    Denis Grozdanovitch offre lui-même, à coup sûr, un bel exemple de dilettantisme puisqu'il oublie bien souvent de rassembler ses notes !
    Aujourd'hui cependant, il nous livre quelques-uns des textes tirés des carnets rédigés tout au long de ses pérégrinations : dans le domaine des sports de raquette où il cumule plusieurs titres de Champion de France, dans le cercle confiné des joueurs d'échecs ou bien la confrérie anonyme des lanceurs de cerf-volant (où nous côtoyons de burlesques et excentriques Tueurs de temps...), dans les musées désertés où nous réveillons en sa compagnie des peintures endormies, puis, enfin dans la cosmogonie labyrinthique et enchantée des livres où, en fin lettré, il nous invite en ami dans les oeuvres d'un Powys, d'un Nietzsche, ou d'un Léautaud...

  • Découvertes inattendues, rencontres singulières, coïncidences troublantes : au cours de nos vies, l'essentiel arrive souvent par hasard. Dans une promenade où se croisent les souvenirs familiaux, les exploits sportifs et un riche bagage littéraire, Denis Grozdanovitch nous invite à desserrer les contraintes d'un esprit trop rationnel. Depuis les prouesses au tennis de Roger Federer jusqu'aux présages dont semblent parfois porteurs les animaux - que ce soit dans nos rêves ou dans la réalité -, en passant par la réapparition d'objets que l'on croyait perdus, l'auteur sait mélanger la grande histoire et l'anecdote, le plus anodin et le plus profond. Avec humour, il nous initie à ces curieux concepts que sont la sérendipité, art des trouvailles inopinées, l' happenstance , don d'être au bon endroit au bon moment, ou encore le lâcher-prise, secret de certains champions, grands scientifiques et autres joueurs d'échecs. Alliant l'impertinence du franc-tireur et les merveillesd'une libre érudition, il nous invite à d'autres raisons de vivre que celles que nous offre un monde stérilisé par la technique.

  • Dans ce livre, au prétexte de chercher l'articulation entre le singulier et le multiple, Denis Grozdanovitch en vient à brosser le portrait de quelques excentriques approchés au cours de son existence, et à esquisser le profil de nombreux autres rencontrés au fil de ses lectures. Cette énumération est, selon sa manière habituelle, farcie d'anecdotes. Elle donne l'occasion d'examiner les phénomènes de l'excentricité et du dandysme au sens ordinaire et de découvrir, au passage, que les deux attitudes sont souvent  antithétiques.
    Cependant, ce livre offre surtout l'opportunité de déceler chez beaucoup d'artistes, d'écrivains ou de figures publiques notoires (du passé et du présent), ce qu'il nomme un dandysme minimaliste, c'est-à-dire un dandysme non flamboyant et plutôt dédié à une sorte de repli hautain dans l'ombre et le secret - à l'image du personnage de Huysmans, des Esseintes, lequel passe du dandysme classique à une attitude de retrait mondain.
    A travers ces évocations, se dégage une dimension morale qui, pour être souvent inaperçue, du fait de sa modération, n'en est pas moins perceptible. Ce livre fait donc allusion bien sûr au phénomène du dandysme classique (Brummel, Oscar Wilde, Huysmans, Baudelaire, Barbey d'Aurevilly).
    Cette galerie commence par évoquer les figures de nombre d'excentriques japonais et chinois adeptes du taoïsme et  du zen puis enchaîne sur celles de personnages occidentaux tels que le philosophe Wittgenstein, Henri-Frédéric Amiel, Léautaud, Charles Albert Cingria, Verlaine, Rimbaud, T.E. Lawrence, Corto Maltese, Don Quichotte, Lord Byron, le comte Potocki, le Prince de Ligne, Casanova, Borges, Drieu la Rochelle, Maurice Ronet, Arthur Cravan, Albert Cossery, Duchamp, Andy Warhol, Fernando Pessoa, Bartleby, Hemingway, Fitzgerald, Henry Miller, Allan Bloom, Cyrano de Bergerac et quelques autres...
    Viennent ensuite des pages consacrées au dandysme féminin où apparaissent les figures de Mme du Chatelet, George Sand, Colette, Karen Blixen, Anne-Marie Schwarzenbach, Virginia Woolf, Vita Sackville West, Rachel Bespaloff, Gabrielle Roy, Louise Brooks et Alexandra David Néel.
    Comme dans les précédents ouvrages de Denis Grozdanovitch, alternent ici les passages relativement méditatifs avec les portraits vécus -  lesquels sont autant de récits ou de nouvelles intégrés à l'ensemble.
    D'une façon générale le livre se présente comme une dérive au long d'un même thème et s'efforce d'éviter le piège du didactisme trop appuyé ou de l'exposé académique.

  • - Grozdanovitch nous livre un traité de plaisir, d'apprentissage et d'humour dans lequel le tennis sert de point de départ à des réflexions philosophiques.
    De là va naître une certaine vision du monde et de ses équilibres, une certaine façon d'appréhender l'homme, son courage et ses obsessions.

  • Ce livre, comme tous les ouvrages de Denis Grozdanovitch, est une sorte de flânerie dilettante et savante, une promenade philosophique et littéraire éclectique, prenant fatalement la forme d'une série de variations sur le thème éminemment flaubertien de la bêtise.
    Tout commence ici par une « Invitation faite au lecteur » où il est suggéré que la Bêtise et l'Intelligence ne cessent de s'opposer sur la scène intellectuelle et existentielle. Ne sommes-nous pas, tous, des personnages de Molière, de Goldoni, de Marivaux ou de Beckett ?  Grozdanovitch en est persuadé...
    D'où ce livre qui va d'un certain Valentin, idiot de village, (qui initia l'auteur à la beauté de la bêtise)  à une « taxinomie des imbéciles » (où il est question de la stupidité des « Experts »), d'anecdotes talmudiques (ici innombrables) à un développement sur « la bêtise de l'intelligence », de Clément Rosset à Jean Clair, du théorème de Gödel à Monsieur Teste, etc...
    On trouvera également dans ce livre, l'histoire du fantôme stupide, celle du joueur d'échecs qui refait toujours la même erreur, un résumé « enrichi » de La conscience de Zeno d'Italo Svevo, les mésaventure d'un aviateur déçu, des robots joueurs de foot et bien d'autres figures dont l'auteur tire quelques leçons d'éthique contemporaine. Inutile de préciser, enfin, que le Bouvard et Pécuchet de Flaubert et L'idiot de la famille de Sartre occupent, dans ce livre, une place assez centrale.
    La morale de « Grozda » : un génie à l'apparence idiote dort en chacun de nous et il suffit que la fortune - assistée d'une certaine qualité de volonté personnelle - nous aide à le libérer de son infériorité supposée pour qu'il se transforme en enchanteur.   Ce livre est un vrai bijou d'érudition et de charme.
    On y réfléchit en souriant.
    On s'y amuse avec gravité. 

  • Rêveurs et nageurs

    Denis Grozdanovitch

    • Points
    • 31 Octobre 2007

    Saviez-vous que la réparation d'une voiture peut être une véritable épopée ? Pourquoi la légèreté de l'être est-elle si difficile à atteindre ? Qui sont ces fidèles compagnons qui peuplent nos rêves ?. À sa manière inimitable, Denis Grozdanovitch livre ici un nouveau cocktail d'anecdotes érudites, pleines d'humour et de philosophie.

  • Denis Grozdanovitch est inclassable, mais consigne lui-même tout ce qu´il voit, tout ce qu´il lit. C´est ainsi qu´est né l´idée du Petit Grozda : de ses plongées régulières dans le Petit Littré, l´écrivain a retenu des mots oubliés, comme ces battants-l´oeil, mèches que les jeunes femmes timides laissent avancer sur les tempes pour se dissimuler, ou ce vieux blézimarder, qui signifiait « se couper mutuellement les répliques »-et que Grozda verrait bien appliqué aux débats entre intellos pontifiants sur nos plateaux de télévision... De délicieux commentaires, ironiques et subtils, ponctuent ce dictionnaire d´un nouveau genre, qui déterre les trésors enfouis de notre langue !

  • Femme fatale, vieille sorcière, top model aguicheuse, amazone inaccessible, charmante étudiante, sans oublier la petite émilie qui piétine sa boîte de pastels pour imiter l'art conceptuel et dont les vérités abruptes et drôles sont un véritable enchantement : pour denis grozdanovitch les multiples facettes de l'éternel féminin bousculent judicieusement les vanités masculines.

  • Depuis les années 1970, Denis Grozdanovitch fait des photographies. Rangées dans d'énormes classeurs, elles ressemblent aux textes qu'il a commencé à publier bien plus tard. On y trouve un goût certain pour les maisons ruinées, les jardins à l'abandon, les puissantes averses, les bouts du monde. Des amis passent, certains sont morts, d'autres peignent inlassablement le même arbre, pour chacun il y a une histoire. On habite Paris, l'Aveyron, puis la Nièvre. Judith, la compagne, est de tous les voyages : Italienne en Sicile, Athénienne en Grèce, elle est le visage unique qui rassemble ces années éparses.
    En écrivant sur ses photographies, Denis Grozdanovitch se livre à un exercice dans lequel il excelle : la chronique mélancolique.

  • Reveurs et nageurs

    Denis Grozdanovitch

    • Corti
    • 7 Janvier 2005


    par une certaine fin d'après-midi automnale de l'avant-dernier siècle - au fond d'un jardin à moitié abandonné des alentours de boston - une fillette nommée alice james, tout en chantonnant une comptine anglaise sans queue ni tête, pousse nonchalamment une balançoire grinçante sur laquelle est juché son jeune frère henry en culottes courtes.
    ce dernier remarque alors : " je crois qu'on peut appeler ça du plaisir parmi les difficultés. " à tous ceux qui seront sensibles à l'humour poétique, à la sage et profonde gravité de cette phrase prononcée par un garçonnet mélancolique au fond d'un jardin envahi par l'automne, à ceux - rêvant et nageant - dont les forces faiblissent. mais qui restent encore capables d'éprouver d'intenses minutes de plaisir parmi les difficultés croissantes d'un monde bouleversé et parfois tellement infernal qu'on pourrait le croire au bord du désastre, je dédie fraternellement ces pages.
    dans le même esprit que son recueil précédent, le " petit traité de désinvolture ", salué unanimement par le public et la critique, denis grozdanovitch nous propose ici - toujours extraits de ses carnets - de nouveaux aperçus sur le monde d'aujourd'hui. dans celui-ci il est à la fois question des diverses manières d'envisager la mécanique automobile, de notre oublieuse relation aux morts, de notre bêtise consubstantielle, de notre difficulté d'accéder à la vraie légèreté, des fidèles compagnons de nos rêves, mais aussi de la grande amérique ou des dangers de la pensée unique et pour finir de la démoralisation dans les campagnes tout cela sous forme de fables anecdotiques et humoristiques tirées du quotidien - oú l'observation des détails les plus anodins et les plus précis tient lieu de commentaires.


  • Denis grozdanovitch fait partie de ces prosateurs qui, malgré la reconnaissance unanime de leur talent, continuent à écrire des poèmes en cachette, comme à seize ans.
    Serait-ce qu'ils exposent dans ce jardin secrètement préservé quelque chose de très précieux, cette part intime d'eux-mêmes qui est trop fragile pour qu'on la dise à voix haute mais trop forte pour qu'on puisse l'étouffer ?

  • Conversations en Toscane. Répondant à l'invitation d'une fondation italienne, un Français se rend dans une résidence d'écrivains située près de Florence. Une femme autoritaire et excentrique règne sur cette communauté très cosmopolite, agitée par les intrigues de ses pensionnaires. Au cours de son séjour, le narrateur fait une série de rencontres (un aristocrate anarchiste devenu clochard, un théologien, un montreur de marionnettes, etc.) qui ébranlent son confort intellectuel, et le conduisent à faire retour sur lui-même. Mais le véritable sens de ce voyage ne lui apparaît qu'au moment où il s'achève , lorsque son chemin croise à nouveau celui d'une femme qu'il croyait ne plus jamais revoir.Dédié à la mémoire d'Eric Rohmer, ce récit élégant, au charme volontairement désuet, est un roman d'idées dont l'intrigue se confond avec les joutes intellectuelles et les jeux de séduction auxquelles se livrent ses protagonistes. C'est aussi le premier roman d'un auteur atypique : ancien champion de tennis et d'échecs, doué d'une érudition vertigineuse, Denis Grozdanovitch sait aussi manier l'ironie avec brio.

  • Avec sa nonchalance inimitable, Denis Grozdanovitch nous propose les flâneries planétaires d'un hédoniste curieux de tout et fin observateur des comportements e ses contemporains. Son autoportrait gourmandise mêle saynètes d'enfance, souvenirs sportifs et anecdotes osées, véritables petits chefs-d'oeuvre d'humour noir. Rêveur épicurien adepte de l'oisiveté et de la contemplation, il excelle à transformer le lecteur en complice amical qu'il emporte avec lui dans ses innombrables rêveries voyageuses.

  • " tous ces instants passés à courir derrière une balle, au cours de ma vie, me semblent non seulement ne faire qu'un long moment inespérément suspendu depuis l'enfance, mais encore demeurer les seuls susceptibles de m'être comptés au nombre des rares joies sans mélange que la mort elle-même ne pourra me ravir, car ils s'inscrivent au coeur de l'unique dimension d'éternité directement palpable en ce monde transitoire : la pure extase ludique.
    " en une dizaine de textes, encore une fois tirés de ses carnets et qui sont autant de récits et de portraits où fourmillent les anecdotes et les préceptes, sans jamais se départir du sens du comique qui caractérise ses précédents ouvrages - sur les meilleurs coups de votre adversaire, ne lâchez jamais un seul bien joué, levez les yeux au ciel comme si tout ce qu'il réussissait relevait d'une chance insensée et exclamez-vous : ah ! là, là ! mais j'hallucine ! -, grozdanovitch, tour à tour chroniqueur, philosophe ou psychologue, nous enseigne comment adapter les pratiques ludiques à la vie de tous les jours et nous livre un véritable précis de stratégie existentielle à l'usage de ceux qui regardent la vie comme un perpétuel défi sportif.
    Ne s'agit-il pas, en effet, de faire bonne figure face au mur du destin qui, sans le moindre état d'âme, ne cesse de renvoyer la balle dans notre camp ?

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