Jean-Claude Guillebaud

  • En ces temps de crise, choisir la douceur comme arme de combat. Un essai engagé et iconoclaste pour un monde meilleur.

    Un homme de conviction. Grand témoin de notre époque, Jean-Claude Guillebaud est un écrivain engagé. Dans cet essai commencé durant le confinement, achevé alors que Beyrouth se retrouvait sous les gravats, il pose son regard acéré sur ces temps de crise que nous traversons. Alors que nos sociétés contemporaines valorisent le « je » plutôt que le « nous », l'individualisme plutôt que le collectif, Jean-Claude Guillebaud en appelle à l'entraide contre la loi du plus fort. La douceur, ce mot lumineux, laisse espérer un autre monde. Tout peut encore arriver, même le meilleur.

  • Changer de regard. Décider de voir la beauté. Jean-Claude Guillebaud revient sur celles glanées au fil de son existence ; l'émotion ressentie devant une peinture pariétale à Lascaux, la parade amoureuse d'un oiseau, le basculement du ciel au-dessus de nos têtes, la rencontre avec une « belle personne », la fulgurance d'une passion. Ce chant du monde nous rappelle que la beauté est rare et précieuse. Qu'il faut la chérir et s'en émerveiller. D'autant plus à l'heure où la planète se fait souffrante.

  • « Ma démarche ne participait ni de l'effusion mystique, ni de la nostalgie, ni même de la quête spirituelle, comme on dit maintenant. C'est d'abord la raison qui me guidait. Par elle, je me sentais peu à peu ramené au christianisme. Cette réflexion a d'abord été très périphérique par rapport à la foi, puis les cercles de ma curiosité se sont rapprochés du noyau central, celui de la croyance proprement dite. J'en suis là. Je ne suis pas sûr d'être redevenu un «bon chrétien», mais je crois profondément que le message évangélique garde une valeur fondatrice pour les hommes de ce temps. Y compris pour ceux qui ne croient pas en Dieu ».

    Jean-Claude Guillebaud :
    Écrivain, journaliste et éditeur, il a notamment publié, en « Points Essais », La Tyrannie du plaisir, La Refondation du monde, Le Goût de l'avenir, La Force de conviction et Le Commencement d'un monde (2008).

  • Écrivain, éditeur, Jean-Claude Guillebaud a été journaliste, grand reporter à Sud-Ouest, au Monde, au Nouvel Observateur et chroniqueur à La Vie.

    Entre catastrophisme ostentatoire et dérision désabusée, notre époque aime à se vêtir de noir.
    Pourtant, il n'y a pas d'ombre sans lumière. Car l'espoir et la volonté d'agir, l'énergie et la soif de bonheur sont les aspirations les plus naturelles de l'homme.
    Dans ce texte très personnel, Jean-Claude Guillebaud s'insurge contre la désespérance contemporaine et nous convainc que, décidément, l'avenir a besoin de nous.

    3 Autres éditions :

  • Sale temps pour les croyants. Les dérives meurtrières de l'islam ont jeté, qu'on le veuille ou non, l'opprobre sur tous les musulmans, puis, par ricochet sur toutes les religions. C'est donc ça la religion : un fanatisme sanglant ?

    Les croyants sont pris en tenaille entre deux discours extrêmes : d'un côté, une méfiance irréductible à l'endroit du religieux, la volonté d'en effacer les signes comme si croire en Dieu était une maladie contagieuse ou honteuse ; et, de l'autre, une Église qui ne sait plus sur quel pied danser et se pétrifie, des croyants qui vivent leur foi comme une passion triste, ou pire, comme une identité, loin des Évangiles. Ce sont des hommes durs alors que la foi attendrit.

  • Nous vivons, véritablement, le commencement d'un monde. Vécu dans la crainte, ce surgissement correspond au naufrage du monde ancien, celui dans lequel nous sommes nés. D'où la sourde inquiétude qui habite nos sociétés.
    Compréhensible, elle doit être dépassée. Le monde « nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l'émergence d'une modernité « autre ». Elle n'est plus le privilège de l'Occident comme ce fut le cas depuis quatre siècles. Nous sommes en marche vers une modernité « métisse », plus riche, plus diverse qu'auparavant.Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l'événement. On évoque un « choc des civilisations », alors même que c'est d'une véritable rencontre qu'il s'agit. On parle d'une aggravation des « différences », quand les ressemblances, d'une culture à l'autre, n'ont jamais été aussi fortes. Visitant posément, de l'Afrique à la Chine et de l'Inde à l'Amérique latine, les grandes civilisations en mouvement, Jean-Claude Guillebaud décrit ici l'avènement d'une prodigieuse culture planétaire.Avec ce sixième volume, Jean-Claude Guillebaud parachève sa grande « enquête sur le désarroi contemporain », commencée en 1995 avec La Trahison des Lumières.

    1 autre édition :

  • Jean-Claude Guillebaud a tout appris au gré des rencontres et des expériences de vie. Le genre de choses qu'on n'apprend pas à l'école. Pourtant il en a retiré des valeurs fondamentales comme la joie de vivre, et surtout l'espérance. Non pas une forme de naïveté heureuse ni d'optimisme béat, mais cette espérance lucide qu'il reste lorsque l'on a traversé puis surmonté les blessures. Dans cet ouvrage intime, il confie les moments fondateurs de son parcours pour comprendre l'origine de ses peurs et partager l'enseignement que fut sa vie.

    1 autre édition :

  • Dans ce qui habite aujourd'hui l'air du temps, quelque chose sonne faux. Faut-il nous résigner à la fin des pensées cohérentes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, aux pesanteurs du marché ? Derrière ce bric-à-brac, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage.

    C'est à une patiente refondation que nous convie Jean-Claude Guillebaud. L'idée de progrès, l'égalité, la raison, l'universalité, l'individu, la justice... Chacune de ces valeurs possède une histoire et une fragilité spécifique. Seul le rapatriement de cette histoire, enracinée dans la pensée grecque, le judaïsme et le christianisme, permet de comprendre quelle sorte de barbarie nous menace. Refonder le monde, c'est redéfinir loyalement ce à quoi nous croyons et vers quel futur nous marchons.

  • Poser clairement la question de la morale sexuelle - c'est-à-dire de la place de l'interdit - dans une société moderne, telle est l'ambition de ce livre. Depuis près d'une génération, nous vivions dans l'illusion que cette question ne se posait plus. Aujourd'hui, l'illusion se dissipe, mais un étrange et tumultueux désarroi la remplace.

    Nos débats, à ce sujet, s'enferment dans une alternative que je refuse : permissivité claironnante ou moralisme nostalgique. Je voudrais, pour ma part, mettre à plat les principales données, tout en rectifiant les mille contrevérités qui sont souvent répandues dès qu'il s'agit de sexe.

    J'ai donc pris le pari de revisiter les différents savoirs ayant trait à cette question, avec le maximum d'attention et le souci constant de «produire mes preuves».

    J.-C. G.

  • Sans le savoir, nous sommes déjà entrés dans un nouveau monde. Nous avons eu du mal à penser véritablement la prodigieuse mutation anthropologique et historique dont nous sommes les témoins
    inquiets. Nous nous sentons de moins en moins capables d'agir sur le cours des choses. C'est contre ce nouveau fatalisme que ce livre entend réagir. Pour retrouver le goût de l'avenir, refonder la démocratie, reprendre possession de notre destin, il faut tenter de penser autrement les grandes contradictions contemporaines : la transgression opposée à la limite, l'individualisme brisant le lien, l'innocence préférée à la responsabilité ou encore la croyance affaiblie qui ne donne plus sens au savoir. Contre les pugilats dépassés et les manichéismes exterminateurs, ce sont autant de chemins nouveaux qu'il s'agit de tracer. Ou d'ouvrir.

    1 autre édition :

  • Notre époque comporte des dangers, de nouveaux dangers. Les travaux actuels sur le corps et le développement de l'informatique modifient notre rapport au réel. On rompt avec la matière, avec la « vie vivante », on vit de plus en plus dans le virtuel. Mais si les mutations qui traversent notre monde semblent menaçantes, elles ne sont pas dépourvues de promesses. Notre époque nous place devant notre propre responsabilité, notre devoir - en tant qu'hommes, en tant que femmes, en tant que citoyens - de tout faire pour qu'adviennent les promesses de notre temps et pour en conjurer les menaces. Devant ces défis, Jean-Claude Guillebaud nous invite à puiser dans la tradition chrétienne et à redécouvrir les possibles que recèle l'idée d'incarnation. Fréquenter la pensée de Jean-Claude Guillebaud, c'est profiter d'une pensée différente, en mouvement. C'est profiter d'un regard informé, lucide, optimiste, qui nous amène ailleurs.

  • Nous vivons un extraordinaire paradoxe. Les technoprophètes de la modernité tiennent le corps en horreur. Numérique, nanotechnologies, intelligence artificielle, posthumanisme, gender studies... Les nouveaux pudibonds veulent nous "libérer" de la chair et du réel. Au coeur de la mutation anthropologique, technologique et historique en cours, des logiques redoutables sont à l'oeuvre. Elles vont dans le sens d'une dématérialisation progressive de notre rapport au monde. Le biologique témoignerait d'une " infirmité" dont il faudrait s'émanciper au plus vite. Ainsi, sous couvert de "libération ", la nouvelle pudibonderie conforte étrangement ce qu'il y a de pire dans le puritanisme religieux hérité du XIXe siècle. Et pas seulement au sujet des moeurs. Dans le discours néolibéral, l'adjectif "performant" désigne le Bien suprême. Mais ni le "système" ni ses logiciels ne savent prendre en compte des choses aussi fondamentales que la confiance, la solidarité, l'empathie, la gratuité, la cohésion sociale. La Vie vivante, celle qu'il faut défendre bec et ongles, c'est celle qui échappe aux algorithmes des ordinateurs, à l'hégémonie des "experts" et des dominants, qui confondent "ce qui se compte" avec ce qui compte.

  • La violence déferle depuis quelques temps sur notre propre territoire, une guerre aux visages multiples, un nouvel « état de violence » a envahi notre actualité.
    Mêlant sa propre histoire à son talent d'analyste, Jean-Claude Guillebaud se penche sur cette vérité encombrante, violemment ressurgie du fond des ténèbres: l'homme a toujours fait et aimé faire la guerre, avant d'en être dégoûté et brisé.
    Il tisse plusieurs fils dans cette enquête fouillée. Celui de ses propres souvenirs au sein d'une famille où les hommes ont fait la guerre, et où lui a choisi de l'approcher en devenant, pendant vingt-six ans, reporter de guerre. Celui aussi des plus grands auteurs : Dostoïevski, Péguy, Jünger, Teilhard de Chardin, où il trouve des mots qui exaltent la guerre et ses vertus.
    Il retourne aussi sur les lieux des grandes batailles, notamment en Russie, avec en main les récits et les lettres de soldats qui y ont combattu.

  • Nous sommes au commencement d'un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l'ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde ' nouveau ' qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l'émergence d'une modernité radicalement ' autre '. Elle ne se confond plus avec l'Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Une longue séquence historique s'achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l'événement. On annonce un ' choc ' des civilisations, alors même que c'est d'une rencontre progressive qu'il s'agit. On s'inquiète d'une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n'ont jamais été aussi fortes. Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les ' civilisations ' se rapprochent les unes des autres. De l'Afrique à la Chine et de l'Inde à l'Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l'état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l'avènement prometteur ' et périlleux - d'une véritable modernité planétaire. Ce rendez-vous pourrait connaître des revers et engendrer des violences. Il est pourtant inéluctable et sans équivalent dans l'histoire humaine.

  • Le thème de ce troisième volet de la trilogie est on ne peut plus actuel. Il s'ouvre sur une citation : l'humanité n'est pas héréditaire (Marie Balmary) et se termine par une phrase de l'auteur : le principe d'humanité existe parce que nous voulons qu'il en soit ainsi. Entre les deux Jean-Claude Guillebaud aura passé en revue toutes les menaces qui par le passé autant qu'aujourd'hui ont mis en péril ce principe d'humanité, qui nous distingue des animaux comme de la machine et qui ne permet pas, contrairement à la nouvelle vulgate scientiste, de réduire l'homme à sa carte génétique. Mais ce n'est pas un livre alarmiste et les raisons d'espérer que nous saurons préserver cette irréductible originalité de l'homme dans la nature sont nombreuses. A condition de comprendre quels sont les enjeux des débats et des questions posées, particulièrement à l'aube de ce siècle où la rapidité des progrès de la science risque de faire perdre tout esprit critique. La démarche du livre est transdisciplinaire : sont convoqués et rendues accessibles les acquis de la génétique, de l'informatique, des neurosciences, du cognitivisme etc. le tout sans pédanterie, avec la modestie ferme de celui qui veut comprendre pour pouvoir partager un savoir qui nous concerne tous.
    On lit le livre d'une traite, soulagé d'en sortir avec les idées plus claires pour se repérer dans le maquis des informations souvent contradictoires et confuses qui nous assaillent.

    1 autre édition :

  • " Un deuxième déluge ! " Ainsi l'essayiste américain Roy Ascott qualifie-t-il les milliards d'informations qui, chaque jour, nous assaillent.
    Au risque de nous engloutir sous un torrent d'images, de sons et de rumeurs. Internet, télévision, radio, presse écrite, téléphonie mobile, satellites... De 1994 à 2010, Jean-Claude Guillebaud s'est plongé dans ce déluge en assurant pour le supplément " Télé-Obs " du Nouvel Observateur une critique de l'actualité audiovisuelle. Cette patiente immersion, reprise ici, lui a permis de scruter la médiasphère, de critiquer ses dérives, ses emballements, son rapport précipité aux événements, ses silences aussi...
    " La rumeur du monde est parfois trompeuse, incomplète ou menteuse, écrit-il. Elle peut même devenir manipulatrice. En restant attentif, on peut espérer débusquer les conformismes, les "modes", les ruses médiatiques ou langagières qui donnent parfois une image distordue de la réalité. " En vérité, ce nouveau déluge risque d'emporter la démocratie. À nous d'entrer en résistance.

  • L'ancienne comédie

    Jean-Claude Guillebaud

    • Seuil
    • 1 Septembre 1984

    "On dévore ce portrait d'un petit-bourgeois semi-provincial, guetté par les tentations progressistes... La fin du livre n'est pas loin de ces grands fouilleurs de chair moite que sont Bernanos et Mauriac quand ils trempent leur stylo dans le souffre."le Point"Un livre féroce et passionnant"Le Figaro Magazine" L'Ancienne Comédie laisse au coeur un goût amer, une sensation de rupture sanglante, la saveur forte d'un livre né au plus profond."La Croix"jean-Claude Guillebaud met ici tant d'intelligence et de lucidité à la fois rigoureuse et comme distanciées dans l'analyse de son misérable petit tas de secrets qu'il atteint l'universel."Les échos.

  • Tous les voyages, au bout du compte, ramènent le voyageur chez lui. Il faudrait cultiver l'art du retour. On ne reconnaît plus tout à fait la France mais, pour elle, une passion neuve nous habite. On ne sait plus le nom des ministres ni celui des gloires du moment. On a oublié quelques rites essentiels de sa tribu d'origine. Mais on est curieux de tout, naturellement respectueux, pressé de mesurer l'ampleur des changements et la fatalité des provincialismes. On ne revient jamais chez soi impunément ; l'oeil neuf, l'appétit retrouvé, une curiosité pour les choses et l'air du temps... De quoi étaient donc faits cette « odeur de la France » et cet accent du pays que l'on transportait avec soi sans toujours s'en rendre compte ?On trouvera notamment dans ce livre, qui est le journal d'un retour, un portrait de la France étalé sur un millier de jours : d'avril 1986 à septembre 1989. Il est dédié à Jean-Paul Kauffmann qui, comme on le sait, fut absent du pays un peu plus de mille jours.J.-C. G.

  • Six ans après l'effondrement du communisme, un étrange désarroi hante la modernité démocratique.
    Triomphante dans les faits, elle dissimule, sous l'intrépidité conquérante du mondialisme, un sentiment d'épuisement, de doute. partout se manifestent des révoltes, des refus qu'on ne saurait mettre exclusivement sur le compte de l'obscurantisme. tout se passe comme si quelque chose ne " fonctionnait " plus dans le modèle que nous incarnons. l'héritage des lumières serait-il devenu obsolète ?
    Ce livre voudrait montrer qu'il n'en est rien.

  • Dans l'air du temps, quelque chose sonne faux et nous alarme.
    Faut-il nous résigner à la fin des pensées universalistes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, au nouveau dogmatisme du tout-marché ou de la technoscience, à l'évanouissement définitif des utopies et de l'espérance ? Derrière ce discours, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage. Mais ces périls nous trouvent étrangement désarmés.
    Après un siècle marqué par les tyrannies, les folies et les ruines, nous ne savons plus comment faire face. Nous sommes " revenus de tout " et trop vite désabusés. Rarement, il nous avait semblé plus urgent de retrouver un peu de terre ferme. C'est à cette nécessaire refondation que nous convie Jean-Claude Guillebaud. Le goût de l'avenir, l'égalité, la raison, l'universel, la liberté, la justice : chacune de ces valeurs est le fruit d'une histoire particulière, enracinée dans la pensée grecque, le judaïsme et le christianisme.
    Seule la claire conscience de cette histoire permet de comprendre pourquoi ces valeurs sont à la fois plus essentielles et plus fragiles que jamais. Refonder le monde, ce n'est pas seulement résister à la barbarie, c'est redéfinir loyalement ce qui nous rassemble et vers quel futur nous voulons marcher.

  • Nul homme ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout. Or, en ce début de millénaire, une violence nouvelle semble avoir envahi le monde. Un peu partout, des fanatismes se déchaînent, des assassins tuent et terrorisent au nom de Dieu. Hier, c'est au nom de l'idéologie qu'ils le faisaient. Une folie paraît s'attacher, décidément, à toutes les croyances. Elle nous fait horreur. Dans le même temps, nous sentons rôder autour de nous le désabusement général. Un doute délétère nous habite. Le XXe'siècle, avec ses massacres et ses désastres, nous a appris à nous méfier des adhésions rassembleuses et des utopies. Nous voudrions bien croire encore, mais à quoi'? Nous errons entre intolérance et désenchantement, crédulité et cynisme. Quelque chose paraît s'être détraqué dans notre capacité de conviction. Ainsi la grande question devient-elle aujourd'hui celle du croire, et de ses diverses pathologies. Cette question déborde largement le cadre du religieux et de son prétendu ''retour''. Ailleurs aussi, des dogmatismes et des cléricalismes menacent, d'autant plus redoutables qu'ils se présentent comme des savoirs. En politique ou en économie, dans la science ou dans la religion, il nous faut réapprendre à distinguer la croyance aveugle de la conviction raisonnable, la pure crédulité de la détermination réfléchie. C'est à cette patiente et minutieuse interrogation que nous invite ce livre': à quoi pouvons-nous croire'?

  • En 1972, Jean-Claude Guillebaud et Raymond Depardon ont couvert la guerre du Vietnam. L'un comme correspondant de guerre, l'autre comme reporter photographe. Des années plus tard, ils entreprennent un voyage de Saigon à Hanoi, qui leur dévoile une réalité bien différente de celle dont ils avaient le souvenir. Ensemble, ils prennent le temps de se laisser guider par la grâce de ce pays qui s'ouvre à l'Occident et soigne les plaies de la guerre.

  • 1950-2000 : cinquante années du destin de la " ville des villes ", fragments de l'étonnante pérennité de cette cité aux trois noms, sise sur la fracture du bosphore, et habitée par un éternel mouvement de balancier entre orient et occident.
    En ouverture, jean-claude guillebaud, rappelant les cycles de l'histoire qui modelèrent istanbul, met en évidence sa démesure et la fascination qu'elle exerça, et exerce encore, sur tous ceux qui la découvrent. pour donner à voir l'unité et la continuité d'istanbul dans le temps, marc riboud choisit - apparent paradoxe - le mode de la brisure et nous offre une mosaïque composée d'instantanés, de moments éphémères et anodins, d'oú surgissent les étapes d'un voyage de mémoire dans les rues et les ruelles.
    Il naît de cette rencontre entre un lieu et un homme une image sensible et changeante, traversée de tremblements, tout aussi fidèle à la réalité de la ville qu'à la sensibilité de l'artiste ; image non pas glacée, esthétique, " éternelle " mais image essentielle d'istanbul, " toujours prête à tenter le destin de l'autre côté du bosphore, à accueillir le foisonnement du monde et à le faire sien ". ce que montrent les photos de marc riboud, c'est l'extraordinaire capacité de cette ville protéiforme à s'adapter aux évolutions et aux révolutions, à la diversité des hommes, à vivre du changement et de l'apparente contradiction, à l'image de cet étonnant cliché oú trois femmes voilées de noir défilent avec assurance, fierté et envie devant un couple enlacé, partagé entre l'ostentation et la gêne.
    Le livre ne fait pas du temps qui passe un ferment de destruction, bien au contraire. si istanbul est ainsi installée dans la durée sans être seulement une " ville chargée d'histoire " c'est parce qu'elle réunit la mémoire du passé et les séductions du présent dans une osmose parfaite, perceptible dans cette photographie qui met en regard, de part et d'autre d'une affiche publicitaire, les visages d'un vieil homme et d'une jeune fille.
    Le temps semble s'annuler dans le regard de l'homme, indissociable de celui de l'artiste. livre de mémoire et de mouvements, livre de regards croisés. celui des habitants d'istanbul sur le photographe - regards discrets, parfois envieux, parfois coquets de femmes derrière leur voile ; celui, mystérieux, de l'objectif lui-même qui fait surgir d'une scène banale dans un café, dans la rue, ou du grouillement illisible d'istanbul l'association inattendue de l'ancien et du moderne, de l'orient et de l'occident, le génie unique du lieu.

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