Entreprise, économie & droit

  • Stéphane Bourgoin s'est imposé comme le spécialiste européen des tueurs en série.Il nous livre ici la suite de son travail d'investigation et de connaissance du coeur humain, à son plus morbide.

  • Comme dans la mythologie antique, le monde vit aujourd'hui sous l'emprise de Titans. Ce sont les grandes firmes technologiques, GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et autres BAT (Baidu, Alibaba, Tencent) dont la puissance, excédant celle des États, n'a jamais eu de précédent (les seuls profits annuels d'Apple excèdent le PIB de la plupart des pays du monde).
    Ces titans technologiques ont bénéficié, depuis la crise financière de 2008-2009, d'un afflux massif de capitaux, et de moyens de financement considérables grâce à la politique de bas taux d'intérêt des banques centrales destinée à alléger le coût de la dette des États et des entreprises. Le capitalisme financier a donc fait le lit des Titans technologiques, qui ont à leur tour cassé nos modèles économiques et sociaux, et basculé le monde dans le virtuel- où les fake news ne se distinguent plus de la vérité, ni le complotisme et le conspirationnisme de l'enchaînement complexe des causalités. D'où l'ascension concomitante de Titans politiques (Xi Jinping, Donald Trump, Vladimir Poutine, Reciep Tayyip Erdogan, Jair Bolsonaro et d'autres), qui ont bouleversé les règles du jeu géopolitique mondial et réinstauré volonté de puissance et règne du rapport de forces brutal.
    Devenu le terrain d'affrontement de ces Titans économiques et politiques qui n'ont plus rien à voir avec leurs prédécesseurs, le monde est rendu plus incertain et plus dangereux.
    Révolution monétaire, révolution technologique, révolution politique: cet enchaînement produit un monde nouveau où toutes les règles anciennes deviennent obsolètes.
    Loin de changer la donne, la pandémie du Covid-19 aura été un révélateur de l'état de la planète. Les forts en sortiront plus solides encore, les faibles encore plus démunis. Des phénomènes apparus ces dernières années vont s'accélérer : automatisation et délocalisation du travail, puissance du capitalisme alimentée par la création monétaire des banques centrales et les taux négatifs, prégnance des technologies, réduction des libertés individuelles, aggravation de la fracture entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, ceux qui peuvent se protéger des risques et ceux qui y sont exposés.
    Au point que le revenu universel sera probablement la seule solution pour que les millions d'emplois qui vont disparaître ne débouchent pas sur des révoltes de la pauvreté et de la faim.

  • Les ennemis de la mondialisation se recrutent dans deux camps, que tout sépare mais qui, chacun, entendent donner un sens au désarroi qu'elle nourrit. Le camp des « Mollahs », qui dénoncent l'occidentalisation du monde et la corruption de la « vie moderne ». Celui des ennemis du capitalisme, qui critiquent l'extension de son domaine d'influence, l'exploitation des peuples. Malgré leurs différences, ces deux camps se retrouvent dans l'idée que la mondialisation impose un modèle dont les peuples ne veulent pas. La thèse du livre est que c'est plus probablement le contraire qui est vrai. La mondialisation fait voir aux peuples un monde qui bouleverse leurs attentes; le drame est qu'elle s'avère totalement incapable de les réaliser. Jamais, par le passé, les moyens de communication, les medias, n'avaient créé une telle conscience planétaire; jamais les forces économiques n'avaient été autant en retard sur celle-ci. C'est le formidable divorce entre l'attente et la réalité du monde qui signe sa nouveauté radicale. Cela ne doit pas empêcher de porter un regard critique sur les menaces qu'elle fait peser sur l'équilibre écologique et culturel de la planète. Mais cela ne doit pas dispenser pas de comprendre, sans a priori, les forces qu'elle déchaîne aujourd'hui.

  • Françoise Giroud. C'est une légende ! Engagée en 1945 par Hélène Lazareff comme journaliste à la création de Elle, puis fondatrice de l'Express, elle avait des phrases assassines, comme le fameux « On ne tire pas sur une ambulance » qui visait Chaban-Delmas. On la craignait, on la respectait. Le sens de la formule, le sourire enjôleur, la rapidité, le feu sous la glace de l'émotion toujours contenue.
    Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, amie fidèle de Mendès France et Mitterrand, celle qui « inventa » la Nouvelle Vague et roulait en décapotable, fut une grande amoureuse, carnassière, aimant le plaisir autant que le devoir : on apprendra ici tout de son tempérament passionné, jusqu'aux malheurs, aux larmes, à la tentative de suicide, à la trahison. Femme politique, cette fille d'immigrés turcs ne passa jamais son bac, mais devint secrétaire d'Etat à la condition féminine sous Giscard d'Estaing. Travailleuse frénétique, élégante en diable et follement charismatique, femme d'action, éprise de liberté, c'était une visionnaire. De son engagement dans la Résistance à son union avec un homme proche de la Gestapo, de son opposition farouche à la guerre d'Algérie aux secrets et mensonges dont elle a enveloppé son histoire, ce sont les zones d'ombre d'une femme publique que Laure Adler explore dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, fondée sur l'accès à des archives inédites de l'IMEC.

  • On l'appelle " Mimi " . Michèle Marchand, la papesse des paparazzis, la gardienne des rumeurs, des secrets de la politique et des affaires. Elle collectionne les scoops sur les puissants mais elle a compris que le plus utile n'était pas de les vendre. Les posséder suffit. Et en parler, ici ou là. Elle ne dispose d'aucun titre officiel mais " Mimi " se rend tous les jeudis à l'Elysée. Son agence de presse, Bestimage, a l'exclusivité de l'image de la Première Dame et de celles, privées, du couple Macron.
    Une manne. Et une première. Jamais un couple présidentiel n'avait concédé un tel passe-droit à une " Petite marchande de photos " . Comment " Mimi " a-t-elle pris le contrôle des secrets de Paris ? Pourquoi lui est-il accordé tant de privilèges ? Que sait-elle ? Que tait-elle ? Difficile d'enquêter sur cette femme, puissante et redoutée. Ses amis se taisent et ses ennemis ont peur. Garagiste, tenancière de boîte de nuit, mariée à des braqueurs puis à un policier, championne de ski, reine de la presse people...
    Avant d'arriver au coeur du pouvoir. La vie de " Mimi " est une énigme et un vertige. Voici le roman vrai d'une femme aux mille visages.

  • Serge Portelli, spécialiste du droit des victimes, raconte ici le parcours chaotique de douze récidivistes. Affaires de vol, de viol et de violence, parfois de meurtre, maladie mentale et addictions de toutes sortes, errances et transgressions, arrestations et condamnations composent les destinées particulières de ces délinquants ou de ces grands " professionnels ", dont les juges, bien souvent, ne savent rien. De Khaled, le petit voleur de portables, à Guy Georges, dont le parcours est évoqué jusqu'au premier crime, alors qu'il n'était encore " qu'un récidiviste ", ce livre est une plongée dans la singularité humaine. Parce que l'ignorer, c'est juger à l'aveugle.

  • Depuis que l'histoire s'est remise en mouvement, après la chute du communisme, les Occidentaux oscillent entre le culte des dates et le goût des prophéties. Côté dates, 1989 aurait clos le vingtième siècle et le 11 septembre 2001 aurait ouvert le vingt-et-unième. Côté prophéties, nous avons connu l'irénisme dans les années quatre-vingt-dix, la paix et la prospérité étant supposées régner pour « les siècles des siècles », puis après les Twin Towers, le conflit des civilisations et une troisième guerre mondiale d'un nouveau type.
    Tel est le mélange de faits et de simplismes qui nourrit notre quotidien. Il occulte les forces souterraines à l'oeuvre qui établissent le décor du théâtre mondial. Ces forces mêlent fatalité, paradoxe et hasard. Elles portent en elles le poids des phénomènes qui relèvent de « l'histoire longue » braudelienne : traditions, identités, cultures. Quelques-unes se lisent à livre ouvert ; d'autres sont encore inscrites à l'encre sympathique.
    Exemple des premières : la transformation des Etats-Unis, d'un nouveau monde qui nous ressemblait tant, à un autre monde qui nous est de plus en plus étranger. Exemple des secondes : le développement, à terme, d'un modèle capitaliste chinois qui pourrait donner raison aux prophéties les plus noires sur le destin de l'économie libérale. Mais où classer la plasticité de l'Occident, dont celui-ci est inconscient, et qui avalera le terrorisme, comme il l'a fait pour tant d'autres chocs ? Et la plus grande faiblesse de notre système économique, qui ne tient pas au risque d'accident sur les marchés mais à l'absence de social-démocratie dans les nouveaux pays émergents ? De même, doit-on regarder l'Europe comme un « OVNI » dans le monde contemporain ou, au contraire, comme l'illustration même de la modernité, sa complexité témoignant de son adaptabilité oe
    La France est malheureusement à mille lieues de ces débats-là. Plus « village gaulois » que jamais, en pleine régression dans sa compréhension du monde, elle choisit des mauvais enjeux et ignore les vrais.

  • « Cet essai se propose de montrer comment, en fonction des pressions financières et politiques ou des modes du moment, les systèmes économiques et politiques cultivent leur propre version de la vérité. Une version qui n'entretient aucune relation nécessaire avec le réel. » J.K.Galbraith Dénonçant avec ironie l'écart croissant entre la réalité et la « sagesse conventionnelle », l'auteur démonte « l'absurdité conceptualisée » ou les « pieux mensonges » par lesquels les puissantes entreprises ont redéfini l'intérêt public en l'adaptant à leurs besoins. Non seulement le bien public a été confisqué par de grandes firmes, mais le pouvoir a à son tour été confisqué en leur sein par quelques dirigeants personnellement intéressés à nous faire croire que le progrès social passe par toujours davantage de biens de consommation. L'épanouissement humain n'aurait-il donc plus rien à voir avec la paix, la qualité de notre environnement écologique, celle de nos rapports sociaux et celle de notre système de santé ?
    Du New Deal à nos jours, Galbraith, sans conteste le plus célèbre des économistes américains, a occupé des postes de responsabilité, dans le monde politique ou académique. Ce nouvel essai décapant distille cette expérience de toute une vie dans les secteurs public et privé. Une critique mordante, concise, sarcastique du monde tel qu'il va... mal!

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  • Voici le le « roman vrai » (ou, si l'on préfère, le récit romancé) des tribulations d'un prof drolatique dans un lycée polyvalent de la banlieue parisienne. Ici, pas de lamentation ni de consternation devant le désastre de l'Education Nationale. Et pas davantage de considération sur la « barbarie » triomphante qui sévit dans les établissements scolaires. Il s'agit plutôt d'un constat - froid, implacable, rigolo, sans appel - face au nihilisme qui règne désormais dans les lieux où des aînés sont supposés « former » l'esprit de leurs rejetons dissipés.
    Texte souvent hilarant, mêlant plusieurs langues (des sentences latines à Boris Vian ou Queneau), ces Bons Baisers de Massy racontent la dernière semaine de cours d'un professeur sans illusion. On le suit du « Fumistan » - où chacun va griller sa clope - à la salle des profs « qui sent le pâté ». On écoute des élèves s'interroger sur les juifs, le Fanta, le string, l'amour, la télé. Cela aurait pu s'appeler « Jours tranquilles en grande banlieue ». On pense au livre-film de Bégaudeau - mais sur son versant désopilant. De plus, ce livre ne propose ni réforme ni morale. Pour l'auteur - qui philosophe dans sa cour de récréation - c'est déjà « trop tard ». Jusqu'à quand ?

  • Découvrez PLus vite ! La France malade de son temps, le livre de Guillaume Poitrinal. Entre complexité administrative et conservatismes, la France est prisonnière d'un temps trop long. Comment la réveiller ? Dans cet essai percutant, Guillaume Poitrinal nous incite à aller plus vite ! Si la France produisait en 355 jours ce qu'elle réalise en 365, elle augmenterait sa croissance de 3%.

  • Ce livre, extraordinairement pédagogique, part d'un double constat :

    1) La France est à la veille d'une crise des finances publiques d'ampleur historique.
    2) L'actuel déficit extérieur est la conséquence de douze an-nées de désindustrialisation accélérée.
    A partir de là, l'auteur risque une prophétie (qui, dans son esprit, est une certitude) : " de graves ruptures vont intervenir dans les douze prochains mois. " Comment en est-on arrivé là ? Est-il possible de conjurer la catastrophe annoncée ? Sur ces questions, mille fois débat-tues, l'auteur jette une lumière nouvelle : Tout, selon lui, se serait joué après le traité de Maastricht, quand l'Allemagne adoptait une politique cohérente (baisse de l'impôt sur les sociétés afin d'éviter la désindustrialisation, réformes Schroeder, etc.) tandis que la France, droite et gauche mê-lées, renonçait à avoir le courage politique des réformes né-cessaires. Une image : l'Allemagne et la France sont comme deux boeufs tenus par le même joug (l'Euro). Si l'un avance tandis que l'autre veut encore brouter l'herbe du chemin, celui-ci finira inévitablement par se briser l'échine....

  • Huit jours pour sauver la finance a initialement été publié dans le New Yorker ; c'est sa première publication mondiale sous forme de livre.
    La faillite de Lehman Brothers a été le point de départ d'une crise financière mondiale sans précédent, et nous en subissons encore les effets. Le livre de James B. Stewart est le résultat d'un travail d'investigation rassemblant une quantité impressionnante de témoignages des principaux protagonistes de cette affaire (Henry Paulson, Ben Bernanke, Timothy Geithner, etc.), mais aussi d'observateurs plus éloignés qui apportent nuances et précisions sur cette retentissante faillite. C'est à la fois le récit du sauvetage du système financier américain et une galerie de portraits des géants la finance américaine.
    En reconstituant méticuleusement les huit jours qui ont vu le système financier américain vaciller (du 12 au 19 septembre 2008), James B. Stewart déroule le fil des événements dans leur implacable enchaînement et replace la faillite de l'une des plus grandes banques d'investissement américaines dans un contexte nécessaire à la réflexion critique. S'il propose une analyse fouillée des facteurs ayant conduit Lehman Brothers à la faillite, il en aborde aussi les conséquences : le nécessaire sauvetage gouvernemental d'AIG, la crise du marché du crédit et des fonds communs de placement et toutes les polémiques qui les accompagnent.
    Alors que le Président Obama travaille actuellement à la rénovation du système financier américain et milite pour sa réglementation accrue, ce livre offre une précieuse rétrospective de la fin de l'ère du « laissez-faire ».

  • Ce ne sont pas dix prophéties mais dix métaphores.
    Derrière chaque journée se glisse un événement plausible : qu'il survienne ou non, il illustre un enjeu crucial de l'avenir.

  • La social-démocratie classique et l'Etat providence, non contents d'être devenus complètement incapables d'arbitrer les problèmes qui leur sont soumis, ont de plus en plus d'effets pervers. Le vieux discours sur la "justice sociale" ne sert, bien souvent, qu'à produire plus encore d'injustices. Ces nouvelles injustices, ces nouvelles inégalités, moins quantitatives que jadis, tournent, le plus souvent, autour de biens immatériels (le temps, la qualité de la vie, etc.) et induisent de nouveaux clivages sociaux. Des remèdes "révolutionnaires" sont donc nécessaires. Avec, au coeur de la thérapeutique, cette thèse qui fera scandale : c'est en faisant jouer les mécanismes du marché qu'on redonnera corps au vieux rêve égalitaire. Alain Minc reste un homme de gauche. Mais un homme de gauche moderne, rompant avec les archaïsmes de sa famille politique.Par ses thèses autant que par son itinéraire, Alain Minc fait un peu figure de modèle ou de maître à penser pour les "têtes d'oeuf" de sa génération.

  • Nous les connaissons tous.
    Ils sont juges d'instruction à Rennes, à Paris ou à Lyon. Ils n'hésitent pas à affronter les grands de ce monde, à les convoquer, à les mettre en examen, qu'ils soient patrons, députés, maires ou anciens ministres. D'Alain Carignon à Loïc Le Floch-Prigent, de Gérard Longuet à Michel Roussin, la liste serait longue. En prison, le quartier réservé aux personnalités déborde. Qui d'autre verrons-nous tomber demain ? Il ne se passe pas un jour sans que la presse vante ces nouveaux croisés, qui nous sauveraient, dit-on, de la corruption des élites.
    N'assiste-t-on pas déjà à toutes les dérives, de l'intimidation menottes aux poignets à la libre interprétation des lois ? Sans parler du secret de l'instruction, qui n'est plus un secret pour personne, et surtout pas pour la presse... Dans cet essai aux accents polémiques, Eric Zemmour tord le cou à un certain nombre d'idées reçues. De la prudence cynique des hommes politiques au réveil des Sages du Palais-Royal, de la multiplication des cours de justice à l'Europe qui légifère, du culte de la transparence au financement des partis, des maires dans la tourmente à l'immigration intouchable, le juge tranche et punit.
    Qui donc sont ces magistrats ? Comment l'esprit révolutionnaire leur est-il venu ? N'ont-ils pas oublié qu'il n'y a en démocratie qu'une seule légitimité : le suffrage universel ? A quand le coup d'Etat des juges ?

  • " Histoire simple, violente, vraie.
    D'époque. Je suis un journaliste imparfait, ni pire, ni meilleur qu'un autre. Après avoir arbitré le débat des élections présidentielles en 95, s'est offerte à moi la possibilité d'accéder à ce que je croyais être le paradis : Canal +. J'ai d'abord été surpris, j'ai résisté, puis flatté, j'ai cédé. Les deux premiers mois furent agréables - n'étions-nous pas en famille ? Par la suite, vous avez le choix, pour l'ambiance, entre Les chiens de paille, Reservoir Dogs, ou Mirabeau poursuivant Sade dans les couloirs des prisons du XVIIIe siècle...
    Au centre de l'action, les Fouquier-Tinville du rire : le Guignol's Band et leur mentor, alias le Tueur du Brabant, incarnation personnifiée de la formule la plus célèbre de ces vingt dernières années : " Responsable mais pas coupable. " Ceci n'est pas un livre contre une chaîne - que j'aime beaucoup. Ce sont, surtout, des phrases contre l'inhumanité de quelques pitbulls. Je ne crache pas dans la soupe, je ne sombre dans aucun narcissisme.
    D'ailleurs, jusqu'à quarante-sept ans, je n'ai pas écrit un seul paragraphe en dehors de mon métier, tant la littérature de télévision me fait horreur. Mais il y a un moment où la théologie de la dérision et du poujadisme doit se heurter à quelques mots. Et à ce journal de bord qui, heureusement, a aussi d'autres horizons... "

  • Patrick Weil est directeur de rechercher au CNRS. Il est l'auteur d'un ouvrage de référence, La France et ses étrangers (Calmann-Lévy, Folio essais - plus de 20.000 exemplaires vendus). Après une note rédigée en 1995 pour la Fondation Saint-Simon, il a remis en 1997 un rapport à Lionel Jospin sur les politiques de l'immigration et de la nationalité. Patrick Weil est aussi directeur de collection chez Grasset.

    Le Livre:
    Qu'est-ce qu'un Français ? Ou plutôt : par quel mécanisme est-on français ? Parce qu'on est né de parents français ? Parce qu'on est né sur le territoire national, même de parents étrangers ? Et l'esprit même de cette « nationalité », a-t-il changé à travers les époques ? Sur quels concepts se fonde-t-il ?
    Ces question majeures, bien peu sont à même d'y répondre, préférant les représentations symboliques ou le fantasme aux vérités de l'histoire. Patrick Weil, lui, y travaille depuis dix ans. Il livre aujourd'hui une somme inouïe, parfaitement synthétique, novatrice par pans entiers, qui court de la Révolution à nos jours.
    Pour faire simple, sous l'Ancien régime royal et féodal, on est français par le sol - autrement dit par l'appartenance au territoire.
    Ce principe demeure peu ou prou sous la Révolution, jusqu'au code civil de 1803. Contre l'avis de Napoléon, s'impose un nouveau principe, celui de l'exclusivité du droit du sang : « est française toute personne née de père français ». C'est la première étape de la constitution du droit moderne de la nationalité. Suivront le retour du droit du sol en 1889 (qui s'ajoute sans se substituer au principe précédent) et la naturalisation largement ouverte de 1927. En réaction à cette ouverture, se développent les « crises de la nationalité française » : antisémites, sous Vichy ; et anti-musulmanes, plus récemment.
    Ne perdant jamais de vue les grandes évolutions, Patrick Weil traverse ainsi les régimes, les pensées, les césures de notre histoire, sans jamais esquiver les sujets sensibles : les femmes, les musulmans d'Algérie, la fausse opposition droit français / droit allemand.
    Les grands concepts se tressent au fil des pages - droit du sang, droit du sol, double droit du sol, naturalisation - montrant la constitution progressive d'un droit complexe, unique au monde, fondateur, magnifiquement mis en lumière pour la première fois.

  • French vertigo

    Peter Gumbel

    Le coq gaulois dressé sur ses ergots a fait place à une poule mouillée qui a peur de tout. Pourquoi ce vertige français, alors que le pays a tant d'atouts pour rebondiroe Peut-être un regard étranger perçoit-il mieux que nous nos propres forcesoe Un journaliste anglo-saxon amoureux de la France raconte ici ses rencontres avec des acteurs du renouveau et propose quelques idées simples pour sortir du marasme. Entre autres surprises, on apprend ici: - Que l'économie française est moderne et plutôt libérale, même si les Français ne veulent pas le reconnaître. - Que les Français sont parmi les plus productifs du monde en tant qu'individus (productivité de chaque acitf: 13% de plus que les Américains, 17% de plus que les Allemands, 24% de plus que les Anglais) mais parmi les moins productifs collectivement (revenu par tête inférieur de 24% à celui des USA). - Que le rapport de la Banque mondiale, qui a comparé 155 pays en 2006 pour l'implantation des entreprises, met la France en 44ème place (entre la Jamaïque et Kiribati, derrière le Botswana, la Namibie, L'Ile Maurice et Puerto Rico...). Ouvrir les fenêtres, fermer les vannes, motiver les citoyens, retrouver le goût du risque: l'auteur montre ici comment quelques principes simples nous permettraient de retrouver notre rang dans le concert des nations.

  • Il y a une énigme Bernheim. Comment ce fils d'un grand militant sioniste déporté à Auschwitz, héritier d'une famille alsacienne de marchands de biens est-il devenu un des piliers de la banque Lazard et l'un des parrains occultes du capitalisme français des trente dernières années? Véritable « fil rouge » derrière l'ascension spectaculaire des entrepreneurs Vincent Bolloré, Bernard Arnault, François Pinault ou John Elkann en Italie, - et même, à sa manière, d'un certain Nicolas Sarkozy -, ce faiseur de rois à l'humour rare, baptisé le « Parrain » par ses amis, reste l'un des personnages les plus atypiques de l'establishment français.
    Manipulateur né selon ses détracteurs, génie de la finance selon ses obligés, ce «Talleyrand des affaires», passionné de bridge, échappe aux jugements catégoriques.
    Sarkozyste de la première heure, mais aussi Sarkosceptique lorsqu'il le faut, ce travailleur infatigable, aussi éclectique dans ses amitiés politiques que dans ses coups de coeur, conserve, à 86 ans, la mémoire sans faille des grands banquiers d'affaires. Au terme de trois années d'enquête de chaque côté de l'Atlantique, ce récit d'une vie, émaillé de confidences de l'intéressé et de ceux qui l'ont connu de près, révèle les principaux rouages et les limites d'un système de pouvoir ébranlé par la grande crise de 2008.

  • L'euro s'est révélé un fardeau intolérable pour la plupart des économies européennes. Le retour du franc est-il souhaitable, nécessaire, possible ? Comment peut-il se faire sans drame et quelles en seraient les conséquences et implications politiques ?Jean-Jacques Rosa développe une analyse économique claire et rigoureuse qui répond enfin aux questions que vous vous posez sur le rôle, et l'avenir des monnaies nationales.

  • A la sortie de prison, une autre existence commence. Quatorze personnes qui ont passé de longues périodes en prison, jusqu'à 26 ans, ont accepté de nous parler. Ces périodes de vie renseignent sur les changements possibles d'un individu et sa capacité à s'extraire de la délinquance, ce que l'on appelle la « désistance ». Quatorze personnes : hommes, femmes, condamnés pour meurtre, terrorisme, détournements, agressions sexuelles, trafic de stupéfiants... Le discours est livré avec ses aspérités, ses émotions, ses réflexions. Nous suivons des parcours pleins d'accidents, parfois chaotiques. Mais au détour de la prison, aux effets souvent délétères, voire mortifères, peut survenir un déclic qui changera le cours d'une existence. La confrontation à la loi, une rencontre, une prise de conscience, la disparition d'un proche, la découverte de soi. A l'issue de cette longue écoute, naît une certitude : rien ne pourra être fait de valable si cette parole n'est pas entendue. Elle permet de ne plus considérer ces individus comme des étrangers à notre société. Cette écoute est une nécessité pour que les institutions soient efficaces. Afin que le lecteur puisse s'orienter, le livre propose entre chaque portrait-témoignage, quatorze chapitres, apportant une information précise, actualisée et objective sur cette vie après la peine : la récidive, les suivis judiciaires, les longues peines, la réinsertion, le suivi des délinquants sexuels, la place de la victime. Sont abordées également des problématiques nouvelles telles que la désistance ou la justice réparatrice.

  • Le mythe des « 200 familles » qui s'enrichiraient sur le dos de la collectivité est grotesque. Plus de 80% des entreprises françaises sont des entreprises familiales, qui produisent 60% de la richesse nationale et sont la clef de l'avenir économique du pays.
    Vision de long terme, solidarité, pérennité du projet, proximité avec le tissu économique local, plus grande liberté vis-à-vis des marchés financiers, relations sociales plus harmonieuses, souplesse d'adaptation, rapidité de décision et de mouvement, diversité du recrutement et patriotisme : autant d'atouts par rapport aux entreprises cotées en bourse, détenues par des actionnaires professionnels (fonds d'investissements ou autres) qui se retrouvent sous la pression constante de leurs actionnaires avides de dividendes à court-terme.
    L'ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l'hypertrophie des grandes entreprises et des services de l'Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d'emplois, ainsi que l'impuissance à remonter dans le train de la croissance.
    En puisant dans son itinéraire personnel ainsi que dans l'observations d'autres entreprises familiales, en France, en Italie ou en Allemagne, l'auteur démontre ici la pertinence de ce modèle pour dynamiser le rebond économique de notre pays.

  • « Après les attentats du 7 janvier 2015, je me suis réveillé dans un cauchemar : rien de ce que j'entendais ne correspondait plus à la réalité.
    Certains, effrayés par l'horreur, ou habités par d'obscurs ressentiments, se sont permis de réinventer notre histoire : «Ils sont morts, mais ils l'ont quand même bien cherché.» Puis, la presse et Internet se sont mis à grouiller d'articles, de dossiers, de tribunes où les fondateurs du second Charlie, dont il ne reste que trois survivants, étaient représentés comme des petits malins qui avaient publié les caricatures de Mahomet pour gagner de l'argent et disparaître avec la caisse.
    Alors que mes amis venaient de mourir, j'ai été interrogé dans les médias par des gens qui s'érigeaient en procureurs.
    Depuis toujours, nous avions pris le parti des immigrés, et lutté contre les préjugés racistes. Et soudain, nous avons vu ceux pour qui nous demandions le respect et la justice brandir les poings et demander notre mort.
    Une partie de la gauche, prête à brader la laïcité pour ne pas perdre un réservoir de voix, nous a insultés en traitant de zombies ceux qui exprimaient leur peine et leur attachement aux valeurs démocratiques qu'incarnaient les victimes des terroristes.
    Dans cette confusion où règnent le mensonge et la peur, qui, aujourd'hui, peut comprendre l'étendue de l'oeuvre accomplie pendant plus de vingt ans, par cette équipe joyeuse et géniale : Cabu, Cavanna, Wolinski, Renaud, Caroline Fourest, Riss, Charb, Luz, Gébé, Oncle Bernard, Riad Sattouf, Catherine, et tant d'autres dont il sera question ici ?
    Alors j'ai décidé d'écrire ce livre. Pour la mémoire des morts et l'honneur des vivants. » P. V.

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