Littérature traduite

  • La bombe

    Frank Harris

    Chicago, Haymarket Square, 4 mai 1886 : alors que s'achève un meeting politique réunissant des centaines d'ouvriers, la police lance un assaut brutal pour disperser la foule. Soudain, une bombe explose, tuant huit policiers et en blessant plusieurs dizaines d'autres. Cet événement à l'immense retentissement, Rudolph Schnaubelt en est le témoin privilégié. Fraîchement débarqué d'Allemagne, ce jeune homme cultivé, sans le sou mais décidé à conquérir l'Amérique, fait rapidement l'apprentissage d'une réalité qui lui glace le sang : de New York à Chicago, il découvre la tragique condition des ouvriers, surtout quand ils sont, comme lui, étrangers. Mais comment se dresser face aux injustices dans cette société conservatrice avide de profits où la presse est aux ordres et la répression policière, sanglante ? Tiraillé entre son engagement pour la cause ouvrière aux côtés de Louis Lingg, un militant anarchiste charismatique, et sa passion pour la belle Elsie, Rudolph va faire un choix qui changera à jamais le cours de sa vie et celui de l'Histoire.

    Avec ce roman publié pour la première fois en 1908 et inédit en français, Frank Harris (1856-1931), journaliste et écrivain, revient sur un épisode majeur des luttes sociales et politiques, à l'origine du 1er Mai.

  • Après des années d'amour, puis de conflits, Luigi et Francesca se retrouvent dans le site somptueux des Dolomites pour une ascension qui est aussi un voyage dans le temps et une marche vers l'apaisement. Ce n'est pas le hasard qui a mené les anciens amants dans cet univers majestueux qui les libère enfin de l'agitation futile de Milan et de l'habitude de faire semblant d'être heureux : ils sont portés par un devoir impérieux, poussés par une voix qui refuse de n'être que celle du passé, par une promesse qui les unit malgré eux.

    La narration pudique et sobre de Matteo Righetto s'attache à restituer les moments précis où la vie bascule, qu'il s'agisse d'une rencontre ou d'un drame indicible, et les moments précieux liés aux plaisirs les plus simples.

    Ballade pour un amour défunt, Ouvre les yeux est aussi un roman sur l'intimité miraculeusement retrouvée.

  • Lorsqu'il décide de quitter son modeste village de pêcheurs, Oreste ne se doute pas encore que sa vie est sur le point de suivre un nouveau cours. Car le destin met bientôt sur sa route Mascaró, cavalier noir porteur de messages mystérieux, ainsi que le Prince Patagon, artiste majestueux, exubérant, solaire. Et quand le Prince prend Oreste sous son aile et lui propose de racheter un vieux cirque miteux pour fonder le Grand Cirque de l'Arche, la magie opère : dans les bourgades misérables qu'il traverse, le cirque présente des spectacles grandioses et fait souffler un vent de fantaisie et de joie. Grâce à la petite troupe de vagabonds célestes qui le compose, un émerveillement libérateur allume des étoiles dans les yeux des spectateurs et fait renaître l'espoir. Jusqu'au jour où ce cirque subversif finit par attirer l'attention des autorités.

    Avec ce roman lumineux, Haroldo Conti célèbre l'amour de la vie et l'art qui réenchante le monde, et nous rappelle qu'aucun pouvoir, aussi absurde et répressif soit-il, n'empêchera jamais les hommes de rêver de liberté.

  • Que cherche Giuliano, envoûté par la terrifiante splendeur des mondes sous-marins ? Pour devenir champion d'apnée, il doit exercer un contrôle absolu sur son corps, et même soumettre à sa volonté ses instincts les plus vitaux. « Oublie que tu respires », lui répète Maurizio, qui l'entraîne et pour qui l'apnée n'est pas un sport comme les autres. En effet, les plongées de Giuliano ne le confrontent pas à des rivaux, mais à lui-même. Sa quête mystérieuse le conduit à Hekura, une petite île de pêcheurs dans la mer du Japon. Mais c'est le passé, le continent lointain que Giuliano tente de rejoindre en retenant son souffle au plus profond de l'océan.

    Plongée fascinante dans le monde des apnéistes, exploration de la beauté dangereuse des grands fonds, Oublie que tu respires est aussi un roman bouleversant sur les moments décisifs, ces instants-clés où la vie bascule.

  • En 1918, après quatre années de guerre, la colère gronde en Allemagne et les aspirations révolutionnaires se manifestent au grand jour. À Berlin, Thomas Bogen, jeune écrivain socialiste issu de la classe ouvrière, se bat pour un monde meilleur, plus juste et plus libre. Amoureux d'une jeune fille de la bourgeoisie avec qui il vit dans le plus grand dénuement et mû par la haute idée qu'il se fait de son engagement au service de l'Humanité, le jeune idéaliste prend la tête du mouvement révolutionnaire. Mais bien vite, confronté au dogmatisme du Parti, le doute s'empare de lui : ne vaut-il pas mieux livrer le combat des idées plutôt que de faire couler le sang ?

    Ecrit pendant la révolution allemande de 1918-19, Les Journées rouges est un témoignage précieux sur cette période charnière de l'histoire, de la chute de l'Empire à l'avènement de la République de Weimar.

  • La Grande Guerre est finie. Le tisserand Cesare Pasquali rentre chez lui en Italie après avoir été fait prisonnier en Autriche. Amputé de deux doigts, il ne peut plus exercer son métier et se retrouve plus misérable dans son village de Ligurie que lors de sa captivité sur le sol de l'ennemi où son départ fut pleuré par ceux qui étaient supposés le haïr mais qui lui firent une place parmi eux. Poussé par la nostalgie de cet accueil, il décide de regagner la frontière. Mais le sort ne tarde pas à placer sur sa route un homme très particulier qui va devenir pour lui beaucoup plus qu'un frère...

    En dénonçant les traditions cocardières qui inoculent aux hommes la fierté nationale, excitent le désir d'affrontement et cultivent un instinct mortifère, La Marche royale met en garde contre les préjugés et le conditionnement identitaire pour mieux chanter les idéaux humanistes et universalistes qui seuls rassemblent les hommes. Andreas Latzko invite à privilégier les lumières de la raison et la fraternité plutôt que l'ivresse de la virilité et le patriotisme exalté.

  • À Kansas City, en cette fin de 19e siècle, tout le monde connaît le grand magasin Boulger, dont le fronton arbore fièrement le nom de son propriétaire. Pourtant, chaque jour la concurrence se fait plus rude et, quand survient un ralentissement des affaires, la faillite menace l'entreprise jusqu'ici prospère. Que faire pour éviter la ruine ? Et si, par un malheureux coup du sort, le magasin était ravagé par le feu ? Il suffirait alors d'empocher les primes d'assurance avant de repartir sur de nouvelles bases avec un bon pactole en poche. Mais pour cela, Boulger a besoin d'un complice. Or, qui mieux que le jeune Tryon, cet employé avide de réussite, calculateur et amoureux de la fille du patron, pourrait se charger de la basse besogne ? Cependant, lorsque le plan mûrement réfléchi est enfin mis à exécution, les événements vont prendre une tournure pour le moins inattendue.
    Avec une ironie mordante, Frank Harris dresse le portrait implacable de deux hommes, l'un vaniteux, l'autre ambitieux, prêts à tout pour arriver à leurs fins et d'une société prompte à célébrer des héros là où il n'y a que des hommes ordinaires motivés par leurs intérêts.

  • Tibor Déry, portraitiste subtil, ausculte la part de renoncement qui marque les destinées singulières de femmes, d'hommes, jeunes, vieux, amoureux ou mourants, ayant été à la croisée des chemins. Avec une pudeur infinie, il suggère ces âmes malmenées par l'oppression politique, ces coeurs aigris par la solitude, ces corps meurtris par la faim. La douleur et la frustration sont le prix à payer pour vivre selon ses principes, mais si la misère et la dictature tourmentent les corps, à l'heure du bilan, la lâcheté et l'opportunisme coûtent plus cher encore. La tendresse et la lucidité de Tibor Déry confèrent à cette vivisection de l'âme une portée universelle et touchent chacun de ceux qui désirent savoir ce que choisir veut dire.
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  • « On pense généralement que les journées d'un arbre se ressemblent toutes. Surtout s'il s'agit d'un vieil arbre. Mais non. Une journée d'un vieil arbre est une journée du monde ».

    Dans l'ombre bienveillante du peuplier carolin, les souvenirs affluent, les destins s'entrecroisent : l'oncle Agustín court comme un cheval fou pour essayer d'atteindre l'horizon, la belle señorita Lombardi fait tourner toutes les têtes, le señor Pelice transforme son amour en véritable feu d'artifice, Argimón rêve de voler comme un ange.

    Dans cette ode lumineuse à l'amitié et à la vie, Haroldo Conti livre un combat acharné contre le temps et l'oubli, et célèbre avec une délicatesse infinie la mémoire de ces êtres chers qui jamais vraiment ne disparaîtront.

    Haroldo Conti, dont Gabriel García Márquez a dit qu'il était l'un des plus grands écrivains argentins, est né en 1925 à Chacabuco, dans la province de Buenos Aires. Enlevé dans la nuit du 4 au 5 mai 1976 par des hommes à la solde du pouvoir dictatorial, il est porté disparu depuis cette date.

  • Présentatrice dans un cabaret berlinois, Barbara annonce chaque soir les numéros qui se succèdent sur la scène. Parmi eux, celui d'un travesti fait salle comble au grand étonnement de Barbara qui n'y voit qu'une mauvaise caricature de femme. C'est alors que lui vient une idée : et si elle se faisait passer pour un homme qui, au cours d'un spectacle, se transforme en femme ? C'est ainsi que Barbara, déguisée en homme et se présentant comme M. Paulus, propose son numéro de music-hall à un cabaret concurrent, qui l'embauche. Et c'est le triomphe. Mais combien de temps Paulus parviendra-t-il à cacher sa véritable identité ?

  • Les canons rugissent, des ouragans d'acier balaient hommes et bêtes, les éléments se déchaînent. Sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, rien n'est épargné à l'agent de liaison Vorhofen et aux hommes qui l'accompagnent. Des Flandres à Verdun, en passant par les Balkans, sur fond de paysages majestueux et de nature hostile, c'est à une description sans détour du quotidien des soldats qu'invite ce roman dans lequel l'auteur, avec une puissance d'évocation rare, pose cette question lancinante : pourquoi ces souffrances, pourquoi la guerre ? L'écriture tout à tour sèche et sauvagement poétique de Zeiz fait de ce texte méconnu une oeuvre singulière, humaniste et profondément marquante.

  • Lorsqu'il est contacté par Mendívez, un homme qui se prétend incapable de rêver, Rodolfo se dit qu'il va pouvoir se faire un peu d'argent, Mendívez lui proposant en effet d'acheter ses rêves. Mais vendre ses rêves n'est pas anodin et Rodolfo finit par se demander ce qui se cache derrière cet étrange commerce. Il découvre alors l'existence d'un groupe clandestin dont les membres se préparent pour « le jour de tous les rêves » lors duquel ils comptent renverser le régime dictatorial qui plonge le pays dans les ténèbres.
    Poétique et envoûtant, Le Musée des rêves interroge les possibilités de résistance dans une société où règne l'arbitraire et où prospèrent les petits collaborateurs d'un régime dont la violence n'épargne personne. Roman magistral sur la mémoire, l'imagination et le pouvoir des livres, ce texte s'adresse aux légions de rêveurs qui ont soif de liberté, d'amour et de folie.

    Romancier, nouvelliste et poète, Miguel A. Semán est né en 1957 à Monte Grande dans la Province de Buenos Aires. Avec Le Musée des rêves, son premier roman, il s'affirme comme l'un des écrivains argentins les plus originaux de ces dernières années.

  • Ex-voto

    Marcello Fois

    Antonia a grandi à Naples dans un monde de ruelles, de palais, de paroles ténébreuses, brûlant de dévotion pour l'énigmatique Madonna dell'Arco. Quand sa mère, Mariarca, est accusée de sorcellerie, la famille s'installe en Australie et Antonia devient Tony, une jeune femme moderne et émancipée. Mais les ombres et les flammes de Naples ne cessent pas pour autant de projeter leurs fantasmagories sur son nouveau destin. Autour de Tony, en elle, et jusque dans la chair de sa chair, se dessinent les contours d'une histoire qui la dépasse. Un étrange héritage, venu de la nuit des temps, va transformer le quadrillage scintillant des rues d'Adélaïde en rencontre avec le passé.

    Dans Ex-voto, Marcello Fois déploie tout son talent de conteur pour explorer les vertiges de l'identité et de la maternité.

  • San Vito, cette bourgade miteuse perdue au milieu de la campagne padane, pourrait être un lieu paisible où l'on trompe son ennui en regardant pousser les mauvaises herbes, une bouteille de grappa à portée de main. En réalité, San Vito connaît une concentration assez remarquable de truands minables à la gâchette facile, Italiens d'un côté, Chinois de l'autre et Gitans en périphérie, qui se partagent le territoire et les trafics en tout genre, surveillés du coin de l'oeil par des flics véreux. La routine, en somme. Jusqu'au jour où des Gitans fraîchement débarqués ont la mauvaise idée de cambrioler la demeure d'Ettore Bisato et, surtout, de lui voler ce qu'il y a de plus précieux à ses yeux : sa statue de saint Antoine. Or, quand on commet l'erreur de s'en prendre aux biens de quelqu'un que l'on surnomme la Bête, les choses risquent de mal, vraiment très mal finir.

  • La dune

    Matias Crowder

    En 1887, à Trenque Lauquen, dans la province de Buenos Aires, on signale l'apparition d'un étrange phénomène : une gigantesque masse de sable avance inexorablement, détruisant tout sur son passage, brûlant les sols jusqu'à les rendre stériles, semant la mort et la désolation. Y a-t-il un lien entre la présence de la dune et la Campagne du Désert, cette guerre de conquête qui vient de s'achever et au cours de laquelle les Indiens ont été massacrés et assimilés de force, leurs terres confisquées et redistribuées aux colons ? Et surtout, comment faire pour arrêter la progression de ce fléau que d'aucuns considèrent comme un châtiment divin tandis que d'autres s'évertuent à n'y voir qu'un événement naturel ?

    A la croisée du roman historique et du conte philosophique, La Dune pose la question de la responsabilité et de l'étonnante force morale qui permet aux hommes de se réconcilier.

  • En 2051, alors que la Chine est devenue la première puissance mondiale, l'Argentine s'enfonce dans la guerre et le terrorisme. Milices et forces de sécurité, exclus, trafiquants et réfugiés se partagent la périphérie de Buenos Aires tandis que la pampa autour de la capitale n'est plus qu'un vaste marécage infesté de créatures hybrides où rodent des gauchos accros aux drogues quantiques. C'est dans ce monde en ruine qu'Alejandro Stellke, analyste au sein des Archives nationales d'information de l'État, organise une étrange opération pour laquelle il charge Chico Eisen, un agent qu'il a formé, accompagné par Kurt Sealow, un ornithologue américain, mais aussi par Zampa, un membre des services secrets du Vatican, et deux soeurs siamoises, de livrer de mystérieux oeufs au laboratoire de la biologiste chinoise Mei Hong, une spécialiste du clonage binaire. À leurs trousses, les hommes du commandant Campson, un militaire obsédé par le retour de l'ordre, comptent bien les empêcher d'accomplir leur mission.

    L'ombre de J. G. Ballard plane sur ce roman où les sectes mystico-scientifiques rêvent de prendre le pouvoir, où les enfants sont enlevés et conditionnés pour devenir des machines de guerre, et où les mémoires, comme les identités, sont reprogrammées.

  • Etrange don que celui d'Ernest. Fils d'une baronne écervelée au point d'en oublier qu'elle l'a un jour enfanté, Ernest n'est pas seulement doté d'une imagination hors du commun, il est également capable de subjuguer son auditoire en contant des histoires plus fabuleuses les unes que les autres. Il ensorcelle tous les coeurs: des cohortes d'enfants l'acclament, les adultes se languissent de lui. Jusqu'au jour où les exploits du facétieux jeune homme parviennent aux oreilles de son oncle, évêque fanatique qui expédie dans l'au-delà sorcières supposées et incroyants de tout poil, après les avoir confiés aux mains expertes de la Sainte Inquisition.

    Lucide et caustique, Jakob Wassermann dépeint dans ce Moyen Âge fictif le combat du conformisme et de la liberté, du pouvoir politique et de la poésie. L'inventivité du saltimbanque se rit de l'arrogance des puissants. L'énergie de l'enfance se joue de l'injustice et de l'intolérance.

    Traduit de l'allemand par Dina Regnier Sikiric et Nathalie Eberhardt.

  • Ecrit alors que la bataille de Verdun fait rage et censuré jusqu'à la fin de 1918, Le chemin du sacrifice est, au même titre qu'Orages d'acier d'Ernst Jünger, dont il est le précurseur pacifiste, une oeuvre majeure de l'histoire de la littérature.
    Ancien officier de carrière, Fritz von Unruh se réengage dans l'armée en 1914. Il est encore auréolé du prix Kleist qu'il vient de recevoir et l'état-major lui confie la mission de faire la chronique de la bataille de Verdun qui se prépare. Mais au lieu de rédiger une oeuvre à la gloire du patriotisme et de l'héroïsme des soldats allemands, Fritz von Unruh dénonce l'absurdité d'une guerre qui fait sombrer les hommes dans la folie. Implacable réquisitoire, aussi puissant que poignant, ce roman retrace le destin d'une compagnie dont les hommes vont être confrontés à la terreur de l'assaut. Que peuvent la fraternité et les rêves de paix face au déchaînement du métal en furie et à l'imminence de la tragédie ?
    Issu d'une famille de la noblesse prussienne, Fritz von Unruh (1885-1970) se consacre exclusivement à l'écriture (théâtre, poésie, romans) après avoir mis fin à sa carrière militaire. Antinazi de la première heure, infatigable militant pour la paix et grand humaniste, il choisit l'exil en France, puis aux Etats-Unis. Déchu de sa nationalité par le régime national-socialiste, il ne retourne en Allemagne qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale et reçoit le prestigieux prix Goethe en 1948.

  • Ensenada : Babel grouillante du bout du monde, chaudron bouillonnant de luttes sociales et politiques.
    C'est sur cette terre gorgée de parfums, de sang, d'espoirs, de drames et de légendes que débarque Sara Divas, jeune juive fuyant le fascisme qui gagne l'Europe entière. Recueillie par le père Benzano, un curé atypique, Sara attire rapidement l'attention sur elle : la Vierge lui apparaît et d'étranges événements se produisent, que certains n'hésitent pas à qualifier de miracles. Au fil du temps, les liens entre Sara et le père Benzano changent de nature et les deux êtres se trouvent bientôt confrontés aux affres d'une passion interdite, tandis que dans le pays, le péronisme qui s'installe inaugure une nouvelle ère de répression.
    Chant d'amour évoquant l'Argentine qui change de visage, l'épopée des amants malmenés par l'Histoire est aussi celle de cette terre de feu et de ténèbres.

  • Frondeuse, désespérément incomprise et obèse, María Bernabé est une jeune femme hors norme : ses désirs sont décapants, son humour féroce et son intelligence brillante. Mais c'est l'amour absolu qu'elle recherche en malmenant son corps, ce gros animal encombrant, tout autant que les adultes ectoplasmiques et lâches qui l'entourent. Elle mange, elle ingurgite, elle engloutit : c'est sa façon à elle de se révolter contre l'indifférence.

    En voulant conquérir une place dans le coeur et le regard des autres, María Bernabé, véritable électron libre, va tout faire pour désintégrer les stéréotypes et le culte du corps. Au risque d'être dévorée par ses propres désirs.

  • Un brillant étudiant français, Paul Besançon, est admis à suivre le prestigieux séminaire de droit pénal de la faculté de Buenos Aires, que dirige l'éminent professeur Roberto Bermúdez. Tandis qu'en France, la famille du jeune homme découvre qu'il a volontairement laissé d'étranges indices derrière lui, Roberto Bermúdez remarque bien vite que son étudiant méthodique et obsessionnel n'est pas qu'un bon élève. Paul Besançon emploie manifestement toute son intelligence à défier son professeur, jusqu'à élaborer une thèse singulière qu'il compte bien valider dans le sang.

  • « Elle trimballait sa traîne de future épousée et son ventre mûr jusqu'à l'autel. C'était épouvantable.
    Je me mariais. J'étais un idiot et, désormais, tout le monde le savait. Un seul rapport sexuel et j'en prenais pour perpette. » Fernanda García Lao dévoile avec un humour féroce les malentendus fondateurs d'une destinée familiale et prête sa lucidité tonique aux personnages embarqués dans cette étrange odyssée collective. Ils ont faim de sens et de magie, à moins que ce ne soit de luxure et d'animalité sourde...
    Quelle folie les domine ? Quelle est cette parfaite autre chose qui permet de se métamorphoser en un être accompli et heureux ? Cette jolie chose convoitée tout au long de sa vie pour ne pas se sentir incomplet ? Dans ce roman polyphonique, Fernanda García Lao mène l'enquête et revisite, en donnant corps à des personnages brûlants de paradoxes et de désirs, le thème du fruit défendu.

  • Lorsque Ivo, Toni et Tito, trois bras cassés issus du fin fond de la campagne padano-vénitienne, élaborent le plan parfait pour enlever la femme d'un riche industriel qu'ils ne relâcheront qu'en échange d'une forte rançon, on peut déjà avoir quelques doutes quant au résultat. Mais si l'on ajoute à cela des témoins de Jéhovah qui ne soupçonnent pas encore quel sort leur est réservé, un ragondin blanc qui déchaîne les passions, des tueurs à gage peu habitués à faire dans la dentelle et des marécages infestés de moustiques et de punaises, on comprend pourquoi, dans cette histoire qui va à cent à l'heure, le plan initial ne pouvait pas se dérouler sans de sérieux accrocs.

  • L'immeuble

    Mario Capasso

    Dans cet immeuble, les couloirs sont lunatiques, les escaliers joueurs et les toilettes, psychorigides. Si la salle de réunion est manipulatrice et la trésorerie, névrosée, toutes les portes sont conformistes et les bureaux, taciturnes. Se nourrir, se mouvoir, déféquer, désirer, jouir et parfois travailler, voilà le défi de l'homo bureaucraticus : pour plaire et devenir performant, il se prête à toutes les contorsions, mais quand il s'agit d'assouvir les plus animales de ses pulsions, quel farouche combattant !
    Mario Capasso transforme un lieu de travail en feu d'artifice de fantasmes et de vagabondages. Dans ce dédale transgressif et joyeux, les conventions explosent, les normes perdent pied, le corps et ses besoins exultent : un corps libéré du polissage de l'éducation, du désir de bien faire et du souci de passer le temps. Microscope sous lequel s'agite l'humanité, L'immeuble est une allégorie politique, la caisse de résonance d'un rire contagieux, libérateur, inattendu.

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