• Développer de nouveaux produits, réorganiser la chaîne logistique, interrompre certaines activités... le défi auquel sont aujourd'hui confrontés ceux qui doivent gérer un portefeuille de projets est d'organiser une foule de priorités, bien souvent conflictuelles, dans un environnement économique qui demande de plus en plus de réactivité et de souplesse. Car la capacité à piloter plusieurs projets de front est aujourd'hui primordiale pour nombre de managers.

    Avec méthode et clarté, Robert Buttrick expose tous les aspects du management de projets, la gestion du calendrier, le respect des budgets et l'exigence de la qualité. Étape par étape, il analyse en détails le cycle de vie d'un projet type ou d'un portefeuille de projets et montre comment structurer et synchroniser différents projets.

    Best-seller dans sa version anglaise, ce livre s'est imposé comme la référence sur le sujet. Il constitue un guide complet et didactique pour apprendre la gestion de projets, de la conception à la clôture, en passant par le planning, les finances, la mise en oeuvre et la gestion des risques.

    Cette 5e édition, adaptée au public francophone, met en valeur les qualités du texte original, tout en le contextualisant à travers :
    - des références aux normes AFNOR
    - un index adapté à la terminologie francophone
    - une présentation d'outils et de notions comme le diagramme de Gantt, le logiciel MS Project, l'ingénierie concourante...

  • Les flamandes

    Emile Verhaeren

    Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand, en Belgique, est un poète belge flamand, d'expression française. En 1883, il publia son premier recueil de poèmes réalistes-naturalistes, Les Flamandes, consacré à son pays natal. Accueilli avec enthousiasme par l'avant-garde, l'ouvrage fit scandale au pays natal. Ses parents essayèrent même avec l'aide du curé du village d'acheter la totalité du tirage et de le détruire. Le scandale avait été un but inavoué du poète, afin de devenir connu plus rapidement. Extrait : Elles, ces folles, sont reines dans les godailles, - Que leurs goulus d'amour, en flamands, en lurons, - Mènent comme au beau temps des vieilles truandailles, - Tempes en eau, regards en feu, langue dehors, - Avec de grands hoquets, scandant les chansons grasses, - Des jurons crachés drus, des luttes corps à corps - Et des coups assommés à broyer leurs carcasses, - Tandis qu'elles, le sang toujours à fleur de peau, - La bouche ouverte aux cris, le gosier aux rasades, - Après des sauts de danse à fendre le carreau, - Des chocs de corps, des heurts de chair et des bourrades, - Des lèchements subis dans un étreignement, - Toutes moites d'ardeurs tombent dépoitraillées.

  • HTML5 permet de résoudre de nombreux problèmes auxquels sont confrontés régulièrement les développeurs web, et beaucoup d'entre eux ont déjà franchi le pas, quand bien même les spécifications du langage n'ont pas encore été toutes définies.
    Alors pourquoi pas vous ? Si vous êtes de ceux qui trépignent d'impatience d'employer HTML5, ce livre centré sur la pratique et la réalité du terrain est fait pour vous. Écrit par deux experts, qui l'utilisent dans le cadre de leur travail depuis plus d'un an, il vous montre comment débuter dès aujourd'hui en HTML5 et vous présente tous les avantages que vous pouvez en tirer avec les navigateurs modernes.
    Téléchargez les codes sources sur www.pearson.com ou sur le site des auteurs, www.introducinghtml5.com.
    « Remy et Bruce ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans ce livre. Ils expliquent et montrent ce que l'on peut faire dès à présent en pratique avec une technologie déjà disponible dans les navigateurs qui nous entourent. » Dion Almaer, fondateur de ajaxian.com et directeur des relations avec les développeurs chez Palm.
    « HTML5 est le futur du Web. De nombreuses sociétés l'utilisent mais il reste encore beaucoup de points confus. Remy et Bruce ont mis en commun leur expérience pour rendre le sujet plus compréhensible. Leur présentation ne traite pas du futur mais de ce qu'il est possible de faire aujourd'hui et comment le faire. » Christian Neilmann, développeur senior, Yahoo!

  • Des mots de pouvoir au chamanisme Microsoft, du maraboutage stratégique à l'effet de levier, arts et exploits des managers-magiciens se trouvent ici révélés. Ainsi, on découvre que la réorganisation n'est autre qu'un rite réitérant la cosmogonie, c'est-à-dire un moyen d'affirmer son pouvoir en recréant le monde à l'échelle de l'entreprise et de retrouver la béatitude des premiers commencements ! Mais, nous avertit Jean-Michel Théron, si les pratiques magiques envahissent l'entreprise, ce n'est pas seulement parce que les managers cherchent des recettes simples pour résoudre des équations trop complexes, c'est aussi parce que tout le monde, salariés, dirigeants, actionnaires, leur réclame de la magie.
    Après avoir lu ce livre, aucun manager ne se contemplera plus de la même façon dans son miroir !
    « Dans certaines régions de l'île de Java, lorsque approchait le moment de la floraison du riz, paysans et paysannes se rendaient, main dans la main, dans les champs pour stimuler par leur exemple la fécondité du sol. Aujourd'hui, les managers tentent de s'assurer de la prospérité future de l'entreprise en se rassemblant à l'approche du solstice d'hiver pour contempler des budgets, des business plans, des plans à moyen terme, qui sont censés représenter les comptes des mois et des années à venir et qui décrivent généralement des lendemains radieux. » JMT

  • Le guide du e-learning avec Moodle

    • Pearson
    • 21 Novembre 2008

    Moodle est le logiciel libre leader dans le domaine de l'apprentissage en ligne, ou e-learning. Il permet d'élaborer aisément des cours en ligne et des sites Web.
    Ce livre a pour objectif de vous initier à Moodle mais pas seulement : la pédagogie est aussi au coeur de cet ouvrage. Les fonctionnalités de Moodle invitent en effet à mettre en place des cours riches et dynamiques, agrémentés de tests, de jeux de questions-réponses, de sondages afin de mieux connaître les attentes des étudiants, d'activités collectives, etc.
    Grâce à cet ouvrage, vous apprendrez à :
    installer et utiliser le logiciel Moodle ; exploiter les propriétés de Moodle dans tous les contextes d'apprentissage ;
    construire des cours bien structurés, interactifs et attractifs.
    Le guide du e-learning avec Moodle est idéal pour les débutants et conviendra parfaitement aux plus expérimentés désireux d'approfondir le sujet.

  • Dans l'élan de ses vingt-cinq ans, Paul VerLaine publie en 1869 les Fêtes galantes. En vingt-deux tableaux, dans te cadre badin d'un XVIIIe siècle recréé, il avoue son impérieux besoin de sentiments sincères et partagés, et cède à La sensualité des jeux amoureux. Ses poèmes résonnent de sa musique légère, entre fièvre et frivolité. Qui pourrait rester insensible à tant d'émotions, murmurées sur le ton de la confidence?

  • Cet ouvrage est structuré à la manière des cours de Michael Freeman. Il aborde les fondamentaux de la photographie par le biais de leçons détaillées, pour ensuite traiter des domaines plus spécifiques. Ils ne visent pas qu'à enseigner et instruire, mais aussi à motiver et inspirer. Abandonnez le mode Auto et donnez libre cours à votre créativité grâce à ce guide dédié à un des principes fondamentaux de la photographie : l'exposition. Fort de ses années d'expérience, Michael Freeman enseigne les techniques qui vous permettront de régler pour chacun de vos clichés l'exposition optimale. Vous étudierez les subtilités de la vitesse d'obturation, de l'ouverture et de la sensibilité, ainsi que leurs rôles respectifs dans l'exposition afin d'en acquérir une vision créative, quelles que soient les conditions d'éclairage ou les caractéristiques du sujet. Vous examinerez de près les différents modes de mesure de votre boîtier afin de connaître précisément les meilleures options et paramètres pour chaque scène. Vous passerez ensuite en revue quelques-uns des scénarios d'exposition les plus difficiles - de la mariée sur un arrière-plan sombre aux néons des éclairages urbain - le tout expliqué au travers de méthodes et techniques qui vous permettront de maîtriser toutes les subtilités de l'exposition.

  • Extrait : Son chapeau en soie, roux de vieillesse, était moucheté de papillons qui y étaient fixés à l'aide d'épingles noires. Les petites bêtes étaient à l'agonie. Serrant comme un livre, sous son bras, une boîte oblongue, garnie, sur une face, d'une grille en fil de fer très-ténu, il cheminait le long des plates-bandes, sans remarquer les curieux. Je le voyais de temps à autre plonger le pouce et l'index dans le calice des fleurs, et en retirer un objet qu'il emprisonnait dans sa boîte, par une petite porte qui y était pratiquée. Il fut bientôt évident pour moi, que, dans cette boîte, grouillait une multitude d'insectes vivants, auxquels mon homme faisait la chasse.

  • Extrait : Depuis long-temps il s'efforcait d'étouffer en lui les germes d'une passion que, par suite de sa défiance de lui-même, il supposait sans espoir. Marie Desvignes, fille d'un oncle maternel qu'il avait à Paris, était, et par sa beauté et par son coeur, digne de cet amour. Elle savait apprécier Vilfride et l'aimait pour le moins autant qu'elle en était aimée. Mais, incapable de deviner les sentimens qu'il lui cachait avec le plus grand soin, elle n'osait s'abandonner à une inclination à laquelle son cousin paraissait insensible.

  • Extrait : Dès le début de l'adagio, je fus entraîné au travers du monde des réalités navrantes. Le volume, la rondeur, la suavité des sons eussent fait croire aux vibrations d'une voix magnifique. D'une tendresse profonde, le chant atteignait graduellement au pathétique et amenait les larmes dans les yeux. On n'y trouvait point trace de ce sentiment fébrile, poignant, déchirant, qui coule à flots dans les compositions maladives de quelques Italiens modernes, et aussi dans les mélodies énervantes du tendre Schubert ; c'était cette mélancolie forte, saine, du génie robuste, qui, loin de dédaigner la vie, en accepte les douleurs et essaye de s'en consoler et d'en consoler autrui à l'aide de plaintes touchantes, mélancolie dont sont empreintes notamment les oeuvres de Beethoven.

  • Les jumeaux

    Charles Barbara

    Extrait : Notre père était un homme fantasque et emporté à l'excès, que son humeur despotique isolait au sein de sa famille, où il régnait sans contradiction. Il essuyait, sans dire le mot, les plus dures contrariétés au dehors, et venait les ressasser et éclater contre elles dans son intérieur. Il fallait que notre mère subît les scènes qu'il n'avait point osé faire à qui de droit, et assumât les douleurs de l'orgueil blessé du despote ; car il n'était pas tranquille qu'il n'eût, en quelque sorte, transvasé ses ennuis, de son cerveau dans l'âme de la pauvre femme, à moins toutefois qu'il n'eût un prétexte de déverser sa colère sur nos reins. Il nous battait : cela entrait dans son système d'élever les enfants.

  • Amour

    Paul Verlaine

    • Bibebook
    • 2 Février 2013

    UN VEUF PARLE : Je vois un groupe sur la mer.- Quelle mer ? Celle de mes larmes. - Mes yeux mouillés du vent amer - Dans cette nuit d'ombre et d'alarmes - Sont deux étoiles sur la mer. - C'est une toute jeune femme - Et son enfant déjà tout grand - Dans une barque où (ou) nul ne rame, - Sans mât ni voile, en plein courant... - Un jeune garçon, une femme ! - En plein courant dans l'ouragan ! - L'enfant se cramponne à sa mère - Qui ne sait plus où, non plus qu'en ..., - Ni plus rien, et qui, folle, espère - En le courant, en l'ouragan. - Espérez en Dieu, pauvre folle, - Crois en notre Père, petit. - La tempête qui vous désole, - Mon coeur de là-haut vous prédit - Qu'elle va cesser, petit, folle ! - Et paix au groupe sur la mer, - Sur cette mer de bonnes larmes ! - Mes yeux joyeux dans le ciel clair ; - Par cette nuit sans plus d'alarmes, - Sont deux bons anges sur la mer.

  • Dans les limbes

    Paul Verlaine

    Dernière était au coin de la basse maison - Tout rouge -- la tuile et la brique y fourmillent - (Vis-à-vis le gazon bordé de camomille) - Qui sert de local à des services divers. - Là l'heure ayant sonné de son timbre pervers, - Nous enjoignant de nous séparer tout de suite, - Hélas ! avant qu'hélas ! tu ne prennes la fuite, - Je t'embrassais si fort que toi tu ne pouvais - T'empêcher de rire aux éclats, et ne savais - Pour lors me refuser un baiser sur la bouche, - Un gros, frais, long baiser partagé, puis, farouche - Pour la forme --- c'était presque en public, des yeux - Pouvaient nous voir, en malins, ou pics, officieux, - Des langues bavardes, et quel scandale ! et leste, - Cruellement, tu me quittais, instant céleste - Et diabolique, avec ces mots : « Je ne viens plus. » - Car, sachant bien que tu viendrais, irrésolus - Toutefois, mes désirs fous tantôt ivres d'ire - Et de larmes, tantôt pleins d'espoir à ton dire, - Se souvenant de la chère intonation - Et de la gentiment taquine intention, - Me balançaient dans une fausse inquiétude, - Jusqu'au lendemain, tendre amie au verbe rude.

  • Sagesse

    Paul Verlaine

    C'est la fête du blé, c'est la fête du pain - Aux chers lieux d'autrefois revus après ces choses ! - Tout bruit, la nature et l'homme, dans un bain - De lumière si blanc que les ombres sont roses. - L'or des pailles s'effondre au vol siffleur des faux - Dont l'éclair plonge, et va luire, et se réverbère. - La plaine, tout au loin couverte de travaux, - Change de face à chaque instant, gaie et sévère. - Tout halète, tout n'est qu'effort et mouvement - Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres, - Et qui travaille encore imperturbablement - A gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures. - Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin, - Nourris l'homme du lait de la terre, et lui donne - L'honnête verre où rit un peu d'oubli divin. - Moissonneurs, vendangeurs là-bas votre heure est bonne ! - Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins, - Fruit de la force humaine en tous lieux répartie, - Dieu moissonne, et vendange, et dispose à ses fins - La Chair et le Sang pour le calice et l'hostie ! -

  • Extrait : Il n'y a qu'un instant, je m'étais dit : « Si je pouvais trouver un billet de banque ! » et j'avais, pendant quelques minutes, cherché minutieusement sur le trottoir, ramassant tous les chiffons de papier que j'apercevais. J'avais bientôt rougi de ma sottise et délaissé cette besogne pour revenir à des idées qui cadrassent mieux avec le sens commun. Or, c'était précisément à l'instant où je songeais d'autant moins à trouver quelque chose que tout à l'heure l'idée m'en avait paru plus absurde, que je touchais un portefeuille de la main. Ce que j'éprouvai est impossible à dire.

  • Extrait : La porte s'ouvrit d'elle-même. A peine le magistrat et les deux secrétaires qu'il avait emmenés avec lui furent-ils entrés, que la porte se referma comme elle s'était ouverte, par un mécanisme invisible. Tout ce qu'ils embrassèrent d'un coup d'oeil était étrange, la maison, le jardin, jusqu'au terrain qu'ils avaient sous les pieds. Un domestique venait à eux. Leur surprise fut extrême : ce domestique, revêtu d'un ample pardessus de couleur noisette, droit et roide comme un poteau, ne marchait pas, il glissait sur des rails ; ses yeux, du plus bel émail, manquaient d'expression ; il ne semblait pas que du sang coulât dans ses veines, et ses lèvres dessinaient une ligne sèche et inflexible. Il s'arrêta. Un bruit de rouage se fit entendre.

  • Le rideau

    Charles Barbara

    Extrait : « Voisin, me dit-il un jour en passant sa tête chenue au travers des pois de senteur et des capucines qui enjolivaient sa fenêtre, vous m'inquiétez. Voilà quinze jours que vous êtes emménagé, et en voilà quatorze, sans compter les nuits, que vous passez à votre fenêtre, les yeux fixés sur ce lambeau de toile verte qui est en face. Je concevrais votre patience si, au lieu de cela, vous aviez pour vis-à-vis quelque jolie fille perchée là comme un oiseau en cage ; mais... »

  • Extrait : Il prit tout à coup fantaisie au baron, dégoûté de son intérieur par l'humeur tracassière et les emportements de sa femme, de tirer d'un étui un violon qui y dormait depuis son mariage, et de jouer des sonates avec la gouvernante de ses filles. Ces relations musicales décidèrent d'un goût très-vif du baron pour Hélène. Mais la baronne Stéphanie, à qui la découverte de cette passion, inspira une haine implacable pour sa rivale, devint graduellement d'une exigence outrée avec celle-ci, saisit passionnément les occasions de la blesser, et cela jusqu'au jour où, d'épigrammes en épigrammes, elle en vint à l'insulte. Hélène, dans l'ignorance du motif de ces persécutions, ne savait que s'étonner et pleurer en secret.

  • Les sourds

    Charles Barbara

    Extrait : Du même côté de la route, à cinquante ou soixante pas en aval, une vieille femme coupait de l'herbe pour sa vache. Cette vieille courbait à la fois sous l'âge et sous le poids d'une réputation détestable. On la redoutait non moins comme sorcière que comme voleuse. Nonobstant ces détails bien connus, notre homme, pressé par la faim, n'hésita pas. Il joignit cette femme.

  • Romanzoff

    Charles Barbara

    Extrait : Depuis son entrée dans la maison, qui remontait au mois de novembre 1841, Romanzoff avait marqué presque chaque jour par quelque acte de générosité. Bien des gens commençaient même à être las d'entendre perpétuellement l'éloge de cet homme, et prêtaient volontiers l'oreille à certains railleurs assez courageux pour tourner sa bienfaisance en ridicule. D'autres, en qui Romanzoff avait attisé une curiosité proche de la passion, murmuraient au souvenir du mystère dont il s'opiniâtrait à entourer sa vie. Insensiblement, l'indiscrétion, la jalousie, la médisance, l'injustice, se liguaient contre lui et faisaient en quelque sorte le siège de sa mystérieuse individualité.

  • " De la musique avant toute chose. " C'est dans sa prison de Belgique que Verlaine proclame les dogmes et les ruses de son " Art poétique ", le fameux poème de Jadis et naguère.
    À cette époque, du fond de sa débauche et de sa déchéance, il rêve de sagesse et d'harmonie, compose des vers " où rien ne pèse ni ne pose ". C'est là, dans l'humilité, la résignation, quand il " tord le cou à l'éloquence " et transforme ses douleurs en mélodies magiques, qu'il reste incomparable. Pauvre et magnifique Verlaine, qui sacrifie sa misérable vie pour notre enchantement.Préface inédite de Jean-Michel Espitallier

  • Paul Verlaine (1844-1896) commença très tôt à mener une
    « délictueuse et criminelle sorte de vie » qui le conduisit à maintes reprises en prison : Mes prisons recense de manière chronologique toutes ses expériences cellulaires, de sa première mise au cachot pour une conjugaison latine mal apprise à ses arrestations pour trouble sur la voie publique, en passant par son incarcération à Mons après avoir tiré sur son ami Arthur Rimbaud. Loin de la légende qu'il a forgé du « poète maudit », il acquiesce au sort qui lui est réservé. Homme emporté et passionné, souvent ivre, il trouve en ses réclusions un havre où Il peut se consacrer à l'écriture.

  • Extrait : Un moment accablée par la menace d'un mariage qui n'allait à rien moins qu'à ruiner sa considération, Mme Marcille se remit promptement de la secousse. Au souvenir d'un passé exemplaire que n'avaient troublé ni grandes joies ni grandes peines, elle se rassura contre un malheur sérieux. Les gens gâtés par la fortune ne croient point aisément à des douleurs capables d'empoisonner leur vie entière. D'ailleurs, moins ferme que son fils, elle se savait bien plus habile, et les moyens pour l'empêcher de consommer une alliance honteuse affluaient déjà à son esprit. N'eût-elle songé qu'à ses frères, n'était ce pas assez pour apaiser ses craintes ? Leur caractère, leur autorité, leur qualité d'oncles riches, devaient infailliblement lui apparaître comme autant d'entraves que son fils n'oserait jamais briser.


  • "Marc se concentra sur l'ameublement du salon, détaillant chaque objet. Non, sa vision était trop claire, trop réaliste pour être en train de rêver. Pourtant, le reflet dans le miroir en face de lui venait de disparaître, à la façon d'un téléviseur qu'on éteint. Sur la surface devenue noire de la glace, se forma un portrait en négatif. Celui d'un homme qui le contemplait, comme à travers une vitre."

    De l'autre côté, extrait.

    Avez-vous déjà succombé à la curiosité, à la gourmandise ou même à l'amour ? Comme tout le monde, me direz-vous. Il n'en faut pourtant pas plus pour que les héros d'Henri Bé basculent de l'autre côté de la fragile frontière qui sépare notre quotidien de leurs cauchemars.
    Trente années en hôpital psychiatrique - en tant qu'infirmier ! - ont ciselé le regard d'Henri Bé sur la psyché humaine. Pulsions, rêves, névroses : ses personnages reflètent ce qu'il y a de meilleur comme de pire en chacun de nous.
    Surtout de pire.
    De l'Angleterre victorienne au futur proche, des contes de notre enfance aux légendes urbaines japonaises, de H.P. Lovecraft à Jean Rollin, laissez-vous entraîner... de l'autre côté.

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