Flammarion

  • On s'ennuie de tout, mon ange, c'est une loi de la nature ; c'est ne pas ma faute.
    Si donc je m'ennuie aujourd'hui d'une aventure qui m'a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, c'est ne pas ma faute.
    Si par exemple, j'ai eu juste autant d'amour que toi de vertu, et c'est sûrement beaucoup dire, il n'est pas étonnant que l'un ait fini en même temps que l'autre. Ce n'est pas ma faute.
    [...] Aujourd'hui, une femme que j'aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n'est pas ma faute.
    [...] Crois-moi, choisis un amant, comme j'ai fait une maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n'est pas ma faute.
    /> Adieu, mon ange, je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n'est pas ma faute."

  • Le rouge et le noir

    Stendhal

    Noir par son réalisme, teinté du rouge de la passion et du crime, Le Rouge et le Noir est le récit d'une ascension et d'une chute : celles de Julien Sorel, fils de charpentier, prêt à tout pour se faire admettre dans les salons dorés de l'aristocratie parisienne. Son talent, sa ruse et son pouvoir de séduction suffiront-ils à l'arracher à sa condition ?
    Chef-d'oeuvre du roman d'analyse psychologique, chronique de la France sous la Restauration, première fiction mettant en scène la lutte des classes et la violence des déterminismes sociaux, Le Rouge et le Noir, paru en 1830, est le plus célèbre des romans de Stendhal. Cruel et ironique, il a captivé des générations de lecteurs, de Balzac à Julien Gracq, en passant par Zola et Aragon.
    Dossier :
    1. Le personnage de Julien Sorel ;
    2. Le réalisme selon Stendhal ;
    3. La veine romanesque ;
    4. Roman et justice aux XIXe et XXe siècles.

  • Adolphe

    Benjamin Constant

    Unique roman achevé de Benjamin Constant, Adolphe (1816) raconte l'inexorable décomposition d'une relation amoureuse : sommé de quitter Ellénore au nom de la carrière à laquelle on le destine, le narrateur ne parvient pas plus à rompre qu'à aimer. Les intermittences de ce coeur indécis précipiteront la catastrophe finale. Mais, dans cette tragédie de l'impuissance, l'amante délaissée ne sera pas la seule victime. Car Adolphe est aussi le récit d'une impossible révolte : celle d'un homme broyé par la société.
    Chef-d'oeuvre du roman d'analyse selon certains, témoignage sur le bouleversement des vies sous le Directoire et l'Empire pour d'autres, ce roman est d'abord, comme le suggère Constant, une fable poignante sur notre condition, une « histoire vraie de la misère du coeur humain ».

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