• Roman épistolaire, roman de moeurs, roman d'analyse des comportements amoureux, Les Liaisons dangereuses est l'oeuvre de la pluralité. Les passions s'y déchaînent, laissant peu de place à l'amour, relayé par la vanité, le calcul et le brûlant désir. La conquête amoureuse est vécue comme une guerre qui déploie une stratégie et une tactique sans merci. Cette guerre, c'est la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont qui la mènent, tout entiers voués au culte de la gloire et de la victoire amoureuse, choisissant pour victimes de leur perversité les plus purs et les plus innocents.

    Karin Viard et Thibault de Montalembert transmettent à merveille la perfidie et la cruauté cynique de la marquise de Merteuil et du vicomte de Valmont. Les dialogues s'enchaînent tel un duel, les répliques sont autant de missives empoisonnées. Un bouquet d'immenses talents font d'un chef-d'oeuvre de la littérature un authentique bijou.

  • Publié en 1830, Le Rouge et le noir est un monument de la littérature française. Roman réaliste où l'ambition côtoie la cruauté d'une jeunesse inconsciente. Julien Sorel, fil de charpentier, veut gravir les échelon de la société,pour cela deux carrières s'offrent à lui : le clergé ou le militaire ; c'est finalement par les femmes que Julien parviendra à ses fins.

  • « Distrait, inattentif, ennuyé », Adolphe, à 22 ans, trouve « qu'aucun but ne vaut la peine d'aucun effort ». Un beau jour, pourtant, il a envie d'être aimé et décide de conquérir Ellénore. Bien vite, « le charme de l'amour » lui pèse comme une chaîne. Ellénore, lui sacrifiant « fortune, enfants, réputation », empoisonne de remords sa belle indifférence. La souffrance d'Ellénore n'est pour Adolphe qu'un moyen de se connaître et d'éprouver sa propre lucidité. Plus elle l'aime et lui donne, plus il se refuse, écrasé par sa propre inaptitude à aimer. Cet éternel pas de deux se répète à satiété. Mais, tandis que pour Adolphe il suscite invariablement le même état d'âme et l'absence de véritable émoi, il est pour Ellénore, rongée par l'amertume et l'horreur du non-amour, l'accomplissement d'une fatalité mortelle.

    « "Adolphe, me dit-elle, vous vous trompez sur vous-même ; vous êtes généreux, vous vous dévouez à moi parce que je suis persécutée ; vous croyez avoir de l'amour et vous n'avez que de la pitié." Pourquoi prononça-t-elle ces mots funestes ? Pourquoi me révéla-t-elle un secret que je voulais ignorer ? Je m'efforçai de la rassurer, j'y parvins peut-être ; mais la vérité avait traversé mon âme ; le mouvement était détruit ; j'étais déterminé dans mon sacrifice, mais je n'en étais pas plus heureux ; et déjà il y avait en moi une pensée que de nouveau j'étais réduit à cacher. » B.C.

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