• Les origines, au xviiie siècle, du Rite Écossais Ancien et Accepté ne peuvent être dissociées de l'Histoire de la France et de l'Occident. Pour les francs-maçons de cette époque, comme pour la plupart de leurs contemporains, la spiritualité était essentiellement religieuse. On était théiste, déiste, panthéiste, rarement athée ou agnostique. Le « Grand Architecte de l'Univers » représentait alors le « Dieu » des religions ou, pour les philosophes, le « Dieu » d'une « religion naturelle » susceptible d'unir tous les humains.
    L'apparition des Hauts Grades, dès la première moitié du xviiie siècle, introduisit dans les rituels maçonniques de nouvelles sources de spiritualités en marge des religions officielles : mystique, hermétisme, gnosticisme, kabbalisme, Rose-Croix, templarisme, sans que soit contestée l'existence d'un « Grand Architecte de l'Univers ».

    Ainsi, en puisant sa substance dans la Bible et dans ce qui survivait de l'ésotérisme des anciennes traditions, s'élabora progressivement la spiritualité du Rite Écossais Ancien et Accepté.

  • Les "imagiers" du Moyen Age nous ont légué, dans les admirables sculptures et médaillons des édifices religieux, un extraordinaire message ésotérique. Ces imagiers, qui pour beaucoup connaissaient le Tarot, la kabbale, l'Art royal, s'en sont beaucoup inspirés. Les deux qualificatifs d'alchimique et d'hermétique sont appropriés pour désigner la double quête spirituelle qu'ils poursuivaient. Pour appuyer sa démonstration, Jean-Jacques Gabut, disciple du grand maçon que fut Oswald Wirth, a choisi d'étudier parallèlement les médaillons du portail occidental de Notre-Dame de Paris et ceux de la primatiale Saint-Jean de Lyon - dont, nous dit Bernard Roger dans sa préface, personne ne semble s'être soucié avant lui ainsi que les énigmes sculptées sur les pierres de Bourges, cette capitale de l'alchimie, tant au palais Jacques Coeur qu'à l'hôtel Lallemant.
    L'ouvrage se termine par une étude "forte en couleurs" sur un lointain parent de l'alchimiste Jean de Meung, auteur du Roman de la Rose, un Lyonnais complètement oublié, Symon de Pharès, qui fut astrologue du roi Louis XI puis de Charles VIII. L'auteur nous livre ici ses commentaires les plus érudits enrichis d'anecdotes souvent savoureuses et ouvre de nouvelles perspectives sur l'essence d'une franc-maçonnerie authentique et régulière, inspirée de la Tradition et bien éloignée des clichés ou des caricatures qu'en donnent trop souvent ses adversaires et parfois même ses propres membres, adeptes de voies substituées.

  • Trois courants ont présidé à la naissance de la franc-maçonnerie " spéculative " en Europe au XVIIIe siècle : le courant opératif - celui du métier -, le courant religieux ésotérique et le courant chevaleresque.
    Les deux premiers sont bien connus. Le troisième, en revanche, n'avait jusqu'ici jamais été étudié en profondeur, alors qu'il inspire tous les rituels du Rite Ecossais Ancien et Accepté du Ier au 33e Degré. Jean Jacques Gabut, en se livrant à un patient défrichage des sources, souvent d'antique mémoire, reconstituant peu à peu, suivant la méthode analogique, le puzzle dune symbolique et d'une mythologie communes entre chevalerie et maçonnerie, s'attache à démontrer à quel point l'idéal chevaleresque a nourri profondément, dès le départ, l'Ordre Ecossais.
    Evoquant au passage le rôle de personnages et d'associations mystérieuses telles l'étrange " Massénie du Saint-Graal " ou les "Fidèles d'Amour " chers à Dante, il met en relief le rôle-clé joué par les ordres chevaleresques : celui du Temple, bien sûr, mais aussi celui de Saint-Lazare, des Hospitaliers de Saint Jean, des Chevaliers du Saint-Sépulcre ou des Chevaliers Teutoniques. Explorant les tombes templaro-maçonniques d'Ecosse et retrouvant la symbolique profonde de la très curieuse chapelle de Rosslyn, bâtie par les Sinclair, montre comment cette influence chevaleresque assigna, dès ses origines, à l'Ordre Ecossais sa véritable mission : celle de créer un authentique Saint-Empire spirituel en faisant de ses adeptes de nouveaux Chevaliers de l'Esprit..

  • La magie traditionnelle

    Jean-Jacques Gabut

    • Dangles
    • 16 Septembre 1999

    C'est sous un angle tout à fait neuf et original, très éloigné des classiques études historiques, que l'auteur aborde le sujet profondément controversé de la magie.
    Replaçant d'abord celle-ci dans l'histoire, analysant son empire dans la cité antique, soulignant la place du rite et du mythe dans l'opération magique, il s'est attaché tout spécialement à l'étude d'une magie conçue comme objet de la science, mais aussi comme sujet de la religion, avant de la considérer comme l'un des beaux-arts. A ce titre, il démontre les relations profondes que l'art magique entretient avec la littérature, la peinture, la musique, la danse, le cinéma et même, bien sûr, avec cet art nouveau qu'est la bande dessinée.
    " Pour créer cet état supérieur, celui de la Connaissance, l'acte magique impose une effraction dans l'ordre habituel des choses " souligne Jean-Pierre Bayard dans sa préface, ajoutant : " Jean-Jacques Gabut par sa remarquable synthèse montre que l'homme s'est incorporé dans la nature, qu'il s'est habitué à percevoir les éléments de cet ensemble grandiose, qu'il s'est forgé l'image d'un Dieu ; ainsi, tout est magie dans notre vie.
    "

  • Les relations entre la franc-maçonnerie et les trois grandes religions monothéistes sont analysées et notamment celles, difficiles, avec l'Eglise catholique au XIXe siècle.
    Au-delà de l'aspect historique, l'auteur livre une analyse philosophique et doctrinale fondée sur des documents d'époque. Puis, la parole est donnée à des représentants des trois églises dans une aspiration à la réconciliation.

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