• Ex-voto

    Marcello Fois

    Antonia a grandi à Naples dans un monde de ruelles, de palais, de paroles ténébreuses, brûlant de dévotion pour l'énigmatique Madonna dell'Arco. Quand sa mère, Mariarca, est accusée de sorcellerie, la famille s'installe en Australie et Antonia devient Tony, une jeune femme moderne et émancipée. Mais les ombres et les flammes de Naples ne cessent pas pour autant de projeter leurs fantasmagories sur son nouveau destin. Autour de Tony, en elle, et jusque dans la chair de sa chair, se dessinent les contours d'une histoire qui la dépasse. Un étrange héritage, venu de la nuit des temps, va transformer le quadrillage scintillant des rues d'Adélaïde en rencontre avec le passé.

    Dans Ex-voto, Marcello Fois déploie tout son talent de conteur pour explorer les vertiges de l'identité et de la maternité.

  • Alors que la neige tombe sur Bolzano et ses environs, Michele, un enfant de onze ans, disparaît sans laisser de traces. Le commissaire Sergio Striggio est chargé de l'enquête. Installé depuis quelques années dans le Nord de l'Italie pour vivre librement son amour avec Leo, il s'apprête à révéler son homosexualité à son père, ancien policier. Mais celui-ci lui annonce qu'il est atteint d'une maladie incurable. Soudain le passé assaille père et fils, avec tous ses fantômes, s'insinuant dans l'enquête en cours et s'y reflétant étrangement. Après l'avoir affronté et défait, Striggio, il en est convaincu, pourra accompagner son père dans son dernier voyage.

    Avec ce roman noir atypique au style magistral, Marcello Fois atteint sa pleine maturité d'auteur.
    />

  • Dans une station-service près de Nuoro, un jeune couple est sauvagement assassiné. Le crime semble inexplicable, de même que la minutie avec laquelle le meurtrier a joliment allongé les deux corps. Le même jour, un gitan est retrouvé carbonisé dans la poubelle d'un pinède.
    Les rapports qui arrivent sur le bureau du juge d'instruction n'apportent que des détails apparemment insignifiants. Certes, comment pourrait-on deviner les étranges échos qui relient ces meurtres à une histoire de terrorisme vieille de dix ans ?
    Impossible de débrouiller cet écheveau sombre et cruel sans pénétrer le profond mystère qui enveloppe la Sardaigne, terre de violences, marquée à jamais par la dureté de l'âge du fer.

  • La partie est serrée lors du match de water-polo.
    Denis et renard s'affrontent pour le dernier point. aucun ne peut envisager de perdre. il y aura pourtant un vaincu mais, en gagnant, le vainqueur a-t-il triché ? un simple jeu peut-il menacer l'amitié ? qui détient réellement la vérité? la défaite libère des sentiments cachés, le mensonge, la haine, le désir de vengeance. et la détermination d'un adolescent peut tout ébranler, même les certitudes d'un adulte.
    Marcello fois, l'un des auteurs italiens les plus importants de sa génération, signe son premier roman destiné aux adolescents. un roman tout en subtilité parfaitement mené.

  • Plutôt mourir

    Marcello Fois

    Au cours d'une partie de chasse, le corps d'une enfant est retrouvé dans un bois. L'autopsie révélera un avortement subi récemment. Ines Ledda est la quatrième fillette de Nuoro à avoir disparu en deux ans. Toutes fréquentaient la même école.

    Le docteur Martis, psychothérapeute, est appelé au chevet de la prisonnière dont il s'occupe, condamnée à trente ans pour avoir tué son mari à coups de marteau. Lina lui parle de sa fillette, décédée une vingtaine d'années plus tôt parce que son père la croyait envoûtée.

    Et la corruption ne cesse de gangrener l'administration de la ville...

    Les enquêteurs auront bien du mal à dénouer l'étrange mystère qui plane sur ces affaires et à rompre le silence de ceux qui cachent des choses indicibles et des fautes inavouées.

  • Quand les destins de Cristian et de Domenico croisent celui de Maddalena, toutes les certitudes s'évaporent, toutes les valeurs se perdent, pour donner naissance à une passion lourde de non-dits et de jalousie, coups de théâtre, trahisons et réconciliations.

    Car Cristian Chironi et Domenico Guiso ont grandi comme deux frères : ils partagent tout, la famille, l'école, le travail. Ce sont les années 80, les années de la modernisation de la Sardaigne, mais aussi du terrorisme, une période de violence politique et de spéculation immobilière, de culte de l'individualisme et du profit roi. La famille Chironi est à l'apogée de son ascension sociale, ce qui n'empêche pas le sort de continuer à s'acharner contre elle.

    Si Cristian et Maddalena semblent faits l'un pour l'autre, c'est à Domenico que cette dernière, enceinte, est promise. Cristian a-t-il encore sa place à Nuoro ? Sa compromission dans une sombre histoire de trafic d'armes semble indiquer le contraire. Est-ce un piège tendu par les Guiso, père ou fils, pour des raisons économiques ou par vengeance ? On le croit mort, on le retrouve en Lettonie...Quoi qu'il en soit, le fils de Maddalena semble porter en lui la « génétique sans pareil » des Chironi.

  • Sheol

    Marcello Fois

    Nous sommes à Rome pendant la campagne de Silvio Berlusconi. L'inspecteur Ruben Massei fait ce qu'il a toujours fait, consciencieusement. Il classe, il recoupe, il reconstitue les faits, enfermé dans un univers méthodique et froid.

    Les recherches sur la disparation d'une vieille femme, Luce Ancona, figure active de la communauté juive, piétinent lorsqu'il part sur les traces de trois skinheads, eux aussi récemment disparus. Massei est persuadé qu'un lien existe entre les deux affaires, et il est bientôt entraîné cinquante ans en arrière dans les souvenirs douloureux de la guerre et de l'Holocauste.

    Sur le rythme haletant d'une intrigue où passé et présent s'enchevêtrent, la quête de Ruben Massei le ramène aux origines de sa propre identité.

  • Suite de sempre caro, on retrouve dans ce roman l'avocat bustianu qui tente de déjouer une machination sordide.
    Nous sommes en novembre 1899, et le jeune filippo tanquis, hanté par une douleur honteuse, est accusé d'un meurtre qu'il semble incapable d'avoir commis. il se suicide dans sa cellule, trois jours avant l'audience oú il aurait pu s'expliquer. comment filippo, du haut de son mètre cinquante, a-t-il pu étrangler l'indicateur solinas, qui était une véritable force de la nature ? et comment a-t-il pu s'ouvrir les veines sans même tâcher ses chaussures ou sa chemise ? n'y aurait-il pas un coup monté derrière toute cette affaire ?
    La connaissance qu'a bustianu de l'île, de ses habitants, de ses moeurs et des codes qui régissent la vie dans le village de nuoro, va l'aider à faire éclater la vérité.

  • Mémoire du vide

    Marcello Fois

    Mémoire du vide est un roman historique, le récit de la vie d'un redoutable bandit sarde ayant réellement existé, Samuele Stocchino, marqué dès son enfance par un terrible destin de vengeance pour un verre d'eau refusé. Fils d'une famille de bergers, il s'engage à l'âge de seize ans et part lutter contre les Turcs en Libye, puis contre les Autrichiens pendant la Grande Guerre, et rentre à chaque fois en héros dans son village sarde. Mais rien n'y fait, le voilà définitivement rattrapé par son destin : pour venger la mort de son frère et sa famille humiliée, il devient le bandit sur la tête duquel pèse la rançon la plus élevée jamais promise, sur l'ordre du Duce en personne. Seul l'immense amour que lui porte depuis toujours Mariangela le soulage parfois, adoucissant un peu la violence qui domine toute sa vie. Dans ce roman d'une très grande puissance, Fois manie à la perfection les différents points de vue, celui de Samuele, celui des habitants du village, sorte de voix populaire, et celui d'une instance narrative supérieure, voix d'une sagesse ancestrale. Une façon bien particulière donc de dire le passé à travers la reconstruction inquiète et fragmentée d'expériences partielles. On est fasciné par la vie de ce personnage à la fois historique et légendaire, mais aussi conquis par la force de la langue, la puissance poétique qui se dégage aussi bien des descriptions que des dialogues.

  • Marinella et Alessandra se retrouvent dans l'appartement de leur père qui vient de mourir, un lieu de souvenirs, celui de leur enfance. L'une vit une situation précaire, l'autre est bien plus affirmée. L'une est prête à fouiller leur passé avec minutie, l'autre a juré de se taire ; mais, quand les mots déchirent le silence, la gamme des sentiments mis à nu est riche, entre désenchantement et rancour, amour et commisération. Et l'apparition soudaine de la voisine de palier, détentrice de bien des secrets, changera une nouvelle fois la donne.
    Dans ce court roman, Fois renverse les perspectives, affine la psychologie des personnages, multiplie les coups de théâtre, prend de la hauteur pour examiner la situation et la clarifier, introduit des pauses de réflexion. Aussi, bien que les personnages soient statiques comme sur une scène de théâtre, on a le sentiment d'être toujours pris dans un mouvement, un véritable tourbillon.
    La situation est animée par la présence de la jungle, qu'évoquent le papier peint et les bruits de tuyauterie de l'appartement, et qui passe au rang de symbole : les deux sours sont en effet, chacune à sa façon, des prédatrices.

  • C'est à toi

    Marcello Fois

    Quand l'orphelin Vincenzo Chironi, sarde de père et frioulan de mère, débarque en Sardaigne à la recherche de ses origines, de la famille de son père, héros de la Grande Guerre, il ignore tout du destin qui l'attend. Nous sommes en 1943, l'année de la faim et de la malaria dans l'île alors que sur le continent sévit le conflit mondial.
    Pour son grand-père, le forgeron Michele Angelo, et sa tante Marianna, Vincenzo représente une nouvelle espérance après tous les malheurs qui se sont abattus sur leur lignée : tout semble pouvoir recommencer et en effet Vincenzo devient une des personnalités du village de Nuoro; en reconstituant son histoire personnelle, il va pouvoir vivre, se trouver, se construire, tomber amoureux. Mais rien ne fonctionne comme prévu, l'amour qui unit Vincenzo et Cecilia est immense, mais interdit car Cecilia est déjà promise; elle rompra pour pouvoir épouser Vincenzo, mais, comme du lait laissé au soleil, cet amour se gâte et tout tourne mal. Jusqu'à ce qu'une lueur d'espoir perce de nouveau.
    C'est à toi est le 2e volet de la saga de la famille des Chironi, après La Lignée du forgeron ; mais nul besoin d'avoir lu le 1er pour se délecter de celui-ci.

  • En 1889, deux orphelins, Michele Angelo et Mercede, se rencontrent, et leur premier regard est une promesse qu'ils maintiendront toute leur vie. Peu après leur mariage naissent deux jumeaux, Pietro et Paolo, puis Gavino, Luigi Ippolito, Marianna... La famille se renforce et la ville de Nuoro change : les bergers et les marchands doivent affronter un souffle de modernité qui semble tout bouleverser. Les rues s'élargissent, l'argent circule, les maisons se parent de balcons en fer forgé, et Michele Angelo qui est le meilleur forgeron de la région travaille dur pour assurer la prospérité de sa famille.Mais le bonheur des uns suscite l'envie des autres, et l'aisance de ces Chironi venus de nulle part fait parler les mauvaises langues. Commence alors une saison dramatique : les jumeaux sont retrouvés morts, la Première Guerre mondiale arrive et frappe à la porte des Chironi, qui ont deux fils en âge d'être enrôlés : l'un s'engage comme volontaire et ne reviendra pas; l'autre, soupçonné d'antifascisme quelques années plus tard, devra fuir. Seule Marianna reviendra auprès de son père resté veuf, après avoir vu mourir son mari et sa petite fille.Dans la 3e partie, on assiste à une sorte d'épiphanie finale, qui permet de lire ce roman comme une longue recherche de la part du protagoniste Michele Angelo d'un sens et d'un ordre pouvant expliquer l'enchaînement de souffrances dès les premiers instants de sa vie.

  • Ce que nous savons depuis toujours apparaît à première vue comme un thriller, une nouvelle enquête menée par le juge Salvatore Corona - celui de Un silence de fer et de Plutôt mourir - et le commissaire Sanuti (ce dernier un peu dépaysé car il vient de débarquer du continent et a du mal à se faire aux us et coutumes sardes), aidés en coulisse par le maréchal à la retraite, Nicola Pili, fin connaisseur de tous les secrets de la région de Nuoro, cet arrière-pays sarde qui sert de décor à presque tous les romans de Fois. Le cadavre de Michele Mariongiù est retrouvé, couvert de sang, la veste criblée de balles, sur le chantier d'un immeuble en construction. Le frère aîné de la victime, un vétérinaire, est mort par suicide quelques années auparavant; son frère cadet, Raffaele, qui a des précédents judiciaires, est interrogé. Chez la veuve de la victime, Maddalena, on retrouve les restes calcinés d'un document. La mère du défunt, Mariangela, semble avoir perdu la tête; une femme d'environ 40 ans (entrée à son service à l'âge de 10 ans), Palmira, s'occupe d'elle. Tels sont les éléments sur lesquels les enquêteurs peuvent se baser. Mais les choses ne vont pas tarder à se compliquer.
    Sur le lieu du crime, aucune trace de balles, aucune empreinte. Or, pendant que la police scientifique travaille sur le document calciné, le médecin légiste, Osvaldo Pintus, découvre que le sang qui imprègne les vêtements du cadavre est du sang de cochon, et que la veste qu'il porte appartient à un autre mort (enterré depuis un certain temps, selon eux). En outre, un vieillard raconte avoir entendu des pelleteuses travailler jusqu'à une heure du matin sur le chantier, la nuit du crime. Un peu plus tard, une disquette parvient au procureur de Nuoro : elle contient la comptabilité d'un éleveur du pays, Francesco Lilliu : avec la complicité d'un vétérinaire, l'homme a profité frauduleusement de subventions de la Communauté européenne, en déclarant que son bétail était atteint d'une épidémie de fièvre porcine. Le juge Corona comprend bientôt que les deux affaires sont liées.
    En effet, le chantier sur lequel a été retrouvé Michele Marongiù appartient à l'éleveur et à son frère adoptif, Mauro Mele. Mais ce n'est pas tout : la veste du mort appartenait à Cosimo Mele (le frère aîné de Mauro) assassiné avec toute sa famille (à l'exception du petit Mauro, âgé de 10 ans) le jour de son mariage par les frères de la jeune femme qui était enceinte de lui. La jeune femme d'alors est la vieille Mariangela Mariongiù d'aujourd'hui. Chercher la femme, donc. Le juge et le commissaire finiront par établir une vérité, qui n'est peut-être pas décisive, car la vérité ne l'est jamais, conclut l'auteur. Découvrant que son mari, Michele, avait une liaison avec Palmira, qui attendait un enfant de lui (le document calciné, trouvé à son domicile, était justement le résultat d'une analyse sanguine stipulant qu'elle était enceinte), Maddalena Mariongiù l'a étranglé. Elle a ensuite demandé son aide à sa belle-mère, Mariangela, qui lui a fourni la veste de son ancien amant. Avec l'aide de Raffaele, les deux femmes ont emporté le cadavre sur le chantier et ont organisé la mise en scène. On soupçonne Mauro Mele d'avoir voulu mouiller Francesco Lilliu, lassé de couvrir son comportement malhonnête.
    Dans cette affaire de meurtre, Marcello Fois fait donc s'enchevêtrer très habilement des histoires qui lient le passé lointain, le passé proche et le présent, nous offrant un raccourci de l'histoire de la Sardaigne : on part d'une situation zéro de traditions et de pauvreté, de règles tribales et de passions profondes, et on aboutit à l'âge d'Internet (avec les activités subversives d'un groupe d'adolescents, le Cosmo Good, dont fait partie Raffaele Mariongiù, par qui le scandale arrive). Et la femme est toujours présente : Mariangela qui avorte d'une façon atroce et qui est à l'origine du meurtre de son amant; la femme d'Antonio Lilliu, qui tue indirectement son mari par non-assistance à personne en danger, ayant découvert qu'il voulait privilégier son fils adoptif par rapport à son fils légitime; Maddalena, qui tue Michele après avoir appris qu'il avait une liaison avec Palmira. Ce qui est étonnant, c'est la colère, la haine et la tristesse qui animent ce livre, se fondant dans un désespoir traité avec beaucoup de sincérité. En ce sens, il est plus dur que les précédents. Poussé par la colère et la rage face à ce qui s'est passé et se passe aujourd'hui encore en Sardaigne, Fois s'éloigne de plus en plus du roman de genre utilisé jusqu'à présent pour raconter son île. Si le livre commence bien par un meurtre, ce n'est pas tant l'enquête, pourtant magistralement menée, qui démasquera la vérité, qu'un choeur de voix anciennes et modernes qui dévoilent un enchevêtrement d'histoires, innocentes ou terribles, dans lesquelles se dissimule l'origine d'un mal, qui frappe la Sardaigne et le monde.

  • Nous sommes ici dans la série contemporaine (Un Silence de fer, Plutôt mourir et Ce que nous savons depuis toujours) et dans la vraie veine noire de l'auteur. S'il s'agit en fait d'une sorte d'intermède dans la série, puisque Fois semble à la fois s'amuser et amuser son lecteur, il y approfondit en même temps la connaissance de son célèbre commissaire Currelli.
    Ce dernier paie le prix de son fichu caractère, de sa manie de justice et de ses nombreuses incompréhensions avec ses supérieurs. Dans l'attente d'une « bonne » destination en Sardaigne auprès de sa famille - le voici donc, victime d'une série de mutations, obligé de se déplacer de ville en ville vers le nord de l'Italie. Accompagné de l'agent Marchini, un peu benêt mais très dévoué et
    débrouillard, il lui faut affronter, de Rome à Piacenza, Parme et Turin, une série d'affaires étranges et inexplicables qui oscillent toutes entre le criminel et le surnaturel : le mystère d'une femme qui parle avec son mari récemment décédé, l'ombre d'un vieux revenu sauver son bois des flammes, un assassin sorti tout droit du Moyen Age, trois jeunes filles décidées à vivre un nouvel an
    inoubliable... Le commissaire devra donc faire preuve de tout son sang-froid pour mener à bien ces enquêtes : car si les situations de départ sont toutes typiquement policières, elles dégénèrent rapidement et côtoient le fantastique ou le gothique, non sans quelques touches de comique ou de grotesque. Entre les différentes nouvelles, ou plutôt entre les différentes destinations, le
    commissaire écrit à sa femme, ce qui nous met en contact encore plus étroit avec le personnage.
    Sur un ton ironique et léger, Fois confirme ici son talent : il utilise la littérature de genre, le policier ou mieux le noir à l'italienne, pour raconter d'autres histoires, chercher d'autres registres. Cette rencontre du plus classique des commissaires avec des fantômes et des ombres est particulièrement réussie.

  • L'avocat-poète Bustianu est aux prises avec une troisième affaire (après Sempre caro et Sang du ciel) : le brigand Mariani l'a fait venir dans son repaire pour qu'il plaide son innocence dans le meurtre d'Elène Seddone, dont il est accusé. Bustianu n'a guère envie d'accepter, accaparé comme il l'est par son amour pour la belle Clorinda. L'empressement des autorités à le détourner
    de l'affaire Seddone lui met pourtant la puce à l'oreille. Nous sommes au lendemain de l'annexion de la Sardaigne à l'Italie, et l'avocat est déjà très mal vu pour ses invectives contre les lois spéciales qui ont été instaurées afin de combattre le brigandage. L'enquête le conduira en pleine magouille du gouvernement, jusqu'à la découverte d'un plan secret, « L'Autre Monde », destiné à transformer la Sardaigne en terrain d'entraînement où expérimenter la guerre totale pour retourner vainqueur en Afrique (après la cuisante défaite d'Adua en Ethiopie en 1886). A l'enquête proprement dite, fort bien menée d'ailleurs, se mêlent donc une belle histoire d'amour et les portraits bien campés de tous ceux qu'elle implique, un pan des plus sombres de l'histoire de la Sardaigne et de l'Italie, et enfin l'histoire naturelle, car le paysage sarde, décrit dans une langue très poétique et merveilleusement visuelle, est hissé véritablement au rang de personnage.

empty