Nouvelles

  • Le tour d´écrou

    Henry James

    La veille de Noël, un homme lit l'histoire étrange racontée par l'un des témoins des faits rapportés, une gouvernante chargée de garder deux enfants que viennent hanter des fantômes dépravés qui se jouent de leur innocence. Le texte est accompagné d'outils pédagogiques permettant l'analyse du récit et de sa structure narrative complexe et l'étude du genre fantastique.

  • Bruges-la-Morte

    Georges Rodenbach

    Bruges-la-Morte est un roman de l'écrivain belge de langue française Georges Rodenbach (1855-1898), considéré comme un chef-d'oeuvre du symbolisme, publié d'abord en feuilleton dans les colonnes du Figaro du 4 au 14 février 1892, puis en volume en mai de la même année, chez Flammarion. Cet ouvrage, dont le personnage central est la ville de Bruges1 elle-même, remporte un grand succès, rendant son auteur célèbre du jour au lendemain, et contribuera grandement à la renommée de la cité flamande. Extrait : Hugues Viane ne cacha pas son mécontentement. Elle savait bien qu'il voulait assister à ce travail-là. Il y avait, dans ces deux pièces, trop de trésors, trop de souvenirs d'Elle et de l'autrefois pour laisser la servante y circuler seule. Il désirait pouvoir la surveiller, suivre ses gestes, contrôler sa prudence, épier son respect. Il voulait manier lui-même, quand il les fallait déranger pour l'enlèvement des poussières, tel bibelot précieux, tels objets de la morte, un coussin, un écran qu'elle avait fait elle-même. Il semblait que ses doigts fussent partout dans ce mobilier intact et toujours pareil, sofas, divans, fauteuils où elle s'était assise, et qui conservaient pour ainsi dire la forme de son corps. Les rideaux gardaient les plis éternisés qu'elle leur avait donnés. Et dans les miroirs, il semblait qu'avec prudence il fallût en frôler d'éponges et de linges la surface claire pour ne pas effacer son visage dormant au fond. Mais ce que Hugues voulait aussi surveiller et garder de tout heurt, ce sont les portraits de la pauvre morte, des portraits à ses différents âges, éparpillés un peu partout, sur la cheminée, les guéridons, les murs ; et puis surtout -- un accident à cela lui aurait brisé toute l'âme -- le trésor conservé de cette chevelure intégrale qu'il n'avait point voulu enfermer dans quelque tiroir de commode ou quelque coffret obscur -- ç'aurait été comme mettre la chevelure dans un tombeau ! -- aimant mieux, puisqu'elle était toujours vivante, elle, et d'un or sans âge, la laisser étalée et visible comme la portion d'immortalité de son amour !

  • La Dame de pique suivi de Le Hussard traduit du russe par Prosper Mérimée. Un soir d'hiver, cinq jeunes hommes passent la nuit à jouer, puis discutent du mystérieux pouvoir que détiendrait la comtesse Anna Fedotovna, grand-mère de l'un d'entre eux, Paul Tomski. Cette femme connaîtrait une combinaison de trois cartes qui gagnerait à tous les coups au jeu de pharaon. Extrait : Hermann tressaillit. L'histoire des trois cartes se représenta à son imagination. Il se mit à tourner autour de la maison, pensant à la femme qui l'occupait, à sa richesse, à son pouvoir mystérieux. De retour enfin dans son taudis, il fut longtemps avant de s'endormir, et, lorsque le sommeil s'empara de ses sens, il vit danser devant ses yeux des cartes, un tapis vert, des tas de ducats et de billets de banque. Il se voyait faisant paroli sur paroli, gagnant toujours, empochant des piles de ducats et bourrant son portefeuille de billets. À son réveil, il soupira de ne plus trouver ses trésors fantastiques, et, pour se distraire, il alla de nouveau se promener par la ville. Bientôt il fut en face de la maison de la comtesse ***. Une force invincible l'entraînait. Il s'arrêta et regarda aux fenêtres. Derrière une vitre il aperçut une jeune tête avec de beaux cheveux noirs, penchée gracieusement sur un livre sans doute, ou sur un métier. La tête se releva ; il vit un frais visage et des yeux noirs. Cet instant-là décida de son sort.

  • La vendetta

    Honoré de Balzac

    1830. La Comédie humaine - Études de moeurs. Premier livre, Scènes de la vie privée - Tome I. Premier volume de l'édition Furne 1842 Ginevra Piombo fait la connaissance de Luigi Porta, réfugié dans l'atelier d'un peintre chez qui elle prend des leçons. Luigi Porta a été blessé à Waterloo. Ginevra le secourt, le protège, et veut le présenter à sa famille. Mais elle découvre que les familles Piombo et Porta sont ennemies. Malgré le refus et les menaces de son père, elle épouse Porta pour le meilleur et pour le pire...
    - Édition Efele.net

  • Maison close où règne la vie réglée des habitués, lieu de débauche plein de bienséance bourgeoise, la maison Tellier est comme un deuxième foyer. Un jour, elle ferme «pour cause de première communion»... À la manière de Toulouse-Lautrec, Maupassant donne une image joyeuse des prostituées. Mais sa nouvelle fit polémique : la scène des prostituées communiant à l'Église choqua. Elle résume pourtant l'opinion de Maupassant, qui, contre l'hypocrisie moralisante, préfère célébrer les pulsions et les passions.

  • Le joueur d'échecs de Maelzel est une nouvelle écrite par Edgar Allan Poe puis traduite par Charles Baudelaire en 1864. Le Turc mécanique ou l'automate joueur d'échecs est un canular célèbre construit à la fin du XVIIIe siècle : il s'agissait d'un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs. Construit et dévoilé pour la première fois en 1770 par Johann Wolfgang von Kempelen, le mécanisme semble être en mesure de jouer contre un adversaire humain, ainsi que de résoudre le problème du cavalier, un casse-tête qui exige de déplacer un cavalier afin d'occuper une fois seulement chaque case de l'échiquier. De 1770 jusqu'à sa destruction en 1854, il a été exposé par différents propriétaires en tant qu'automate, bien que le canular ait été expliqué, après bien des soupçons, au début des années 18201. Extérieurement, il avait l'apparence d'un mannequin habillé d'une cape et d'un turban assis derrière un meuble d'érable. Le meuble possédait des portes pouvant s'ouvrir pour révéler une mécanique et des engrenages internes qui s'animaient lors de l'activation de l'automate. Extrait : L'exhibiteur roulera, si on l'exige, la machine vers n'importe quel endroit de la salle, la laissera stationner sur n'importe quel point désigné, ou même la changera plusieurs fois de place pendant la durée de la partie. La base de la caisse est assez élevée au-dessus du plancher, au moyen de roulettes ou de petits cylindres de cuivre sur lesquels on la fait mouvoir, et les spectateurs peuvent ainsi apercevoir toute la portion d'espace comprise au-dessous de l'Automate. La chaise sur laquelle repose la figure est fixe et adhérente à la caisse. Sur le plan supérieur de cette caisse est un échiquier, également adhérent. Le bras droit du Joueur d'échecs est étendu tout du long devant lui, faisant angle droit avec son corps, et appuyé dans une pose indolente, au bord de l'échiquier. La main est tournée, le dos en dessus. L'échiquier a dix-huit pouces de carré. Le bras gauche de la figure est fléchi au coude, et la main gauche tient une pipe.

  • L'auberge rouge

    Honoré de Balzac

    Dans une auberge au bord du Rhin sont réunis par le hasard deux jeunes Français et un riche négociant allemand qui passent une agréable soirée avant d'aller se coucher. Au petit matin, on retrouve le négociant décapité...
    Dans les brumes de l'Allemagne romantique, l'inspecteur Balzac mène l'enquête !

  • « J'aimais éperdument la comtesse de *** ; j'avais vingt ans et j'étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J'étais ingénu, et je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. » En quelques pages, avec un rythme impeccable, il raconte une histoire de séduction, de tromperie et de bonheur qui se déroule au cours d'une seule nuit. Par des touches légères et précises, Vivant Denon a su saisir, comme par jeu, toute la magie de l'éphémère érotique.

  • La Fanfarlo

    Charles Baudelaire

    * Publiée pour la première fois en 1847, dans le confidentiel Bulletin de la Société des Gens de Lettres cette nouvelle de Charles Baudelaire mêle expériences personnelles et hommages littéraires, notamment à Balzac. Il en ressort un texte empreint d'ironie qui montre qu'à trop singer la passion on est souvent contraint de la vivre. En mettant en scène Samuel Cramer, un dandy, un écrivain raté, au sein d'une intrigue romanesque, Baudelaire lui oppose un narrateur qui serait en même temps son alter ego, son "frère" et ses propres aspects négatifs.
    Le but ultime est de dénoncer et d'exorciser le faux poète. Pour citer Jérôme Thélot, l'un des grands spécialistes de Baudelaire, "L'ironie baudelairienne cherche à faire le départ entre une ambition injustifiable, celle de Cramer, et une légitime ambition, celle de Baudelaire. Telle est sa tentative de sacrifice : évacuer l'illusion romantique pour asseoir l'authenticité du poète, expulser l'autre pour fonder le moi".

  • L'abbesse de Castro

    Stendhal

    Ce récit appartient aux«Chroniques italiennes»de Stendhal. A travers des histoires tirées de faits divers, l'écrivain donne à voir l'Italie qu'il aime, lieu de passions tragiques où se mêlent le sang, la volupté et la mort. Dans ce livre, il raconte l'histoire d'amour impossible entre Hélène de Campireali, jeune fille de bonne famille, et Jules Branciforte, chef de brigands et pauvre.

  • Mina de Vanghel

    Stendhal

    « Mina de Vanghel naquit dans le pays de la philosophie et de l'imagination. » Ainsi commence l'histoire d'une jeune fille noble de Koenigsberg qui, au XIXe siècle, décide de vivre pleinement « le feu qui l'anime ». Mais si elle réchauffe un coeur, la passion peut aussi bien le consumer lentement. À la vie, à la mort ! Pour sentir cette brûlure même un instant, Mina s'engage jusqu'au crime. Reprenant la question de l'amour, Stendhal (1783-1842) poursuit son étude de la « cristallisation » des sentiments. Après ces Chroniques Italiennes publiées chez Autrement dit, c'est l'Allemagne que l'écrivain honore, tout en confirmant son immense talent de nouvelliste.

  • Sur l'eau

    Guy De Maupassant

    Sur l´eau est une nouvelle fantastique de Guy de Maupassant. C'est le récit d'une aventure arrivée à un canotier de la Seine en rentrant chez lui, après avoir diné chez un ami. Extrait : Les plus recherchés parmi les grands hommes par les femmes jeunes ou vieilles, sont assurément les musiciens. Certaines maisons en possèdent des collections complètes. Ces artistes ont d'ailleurs cet avantage inestimable d'être utiles dans les soirées. Mais les personnes qui tiennent à l'objet tout à fait rare, ne peuvent guère espérer en réunir deux sur le même canapé. Ajoutons qu'il n'est pas de bassesse dont ne soit capable une femme connue, une femme en vue pour orner son salon d'un compositeur illustre. Les petits soins qu'on emploie d'ordinaire pour attacher un peintre ou un simple homme de lettres, deviennent tout à fait insuffisants quand il s'agit d'un marchand de sons. On emploie vis-à-vis de lui des moyens de séduction et des procédés de louange complètement inusités. On lui baise les mains comme à un roi, on s'agenouille devant lui comme devant un Dieu, quand il a daigné exécuter lui-même son Regina Coeli. On porte dans une bague un poil de sa barbe ; on se fait une médaille, une médaille sacrée gardée entre les seins au bout d'une chaînette d'or, avec un bouton tombé un soir de sa culotte, après un vif mouvement du bras qu'il avait fait en achevant son Doux Repos.

  • 1842. La Comédie humaine - Études de moeurs. Premier livre, Scènes de la vie privée - Tome I. Premier volume de l'édition Furne 1842 Clémentine du Rouvre a épousé le comte Laginski, noble polonais. Elle découvre que depuis un bon moment, la fortune de sa maison est en fait gérée, secrètement, par un autre polonais, Paz, ami de son mari : la voici quasiment «mariée avec deux polonais». Clémentine et Paz se découvrent, mais Paz, par fidélité à son ami, s'invente une liaison avec Malaga, une écuyère de cirque.
    - Édition Efele.net

  • Le nez ; le manteau

    Nicolas Gogol

    - Et le fugitif était un de vos serfs ? - Un serf ? Le mal serait assurément moins grand ! Le fugitif est...
    Mon nez... - Hum ! Que voilà un étrange nom ! Et ce monsieur Monnez vous a pris une forte somme ? - Mon nez, vous dis-je ! Vous n'y êtes pas du tout. Mon nez, mon propre nez a disparu. Le diable aura voulu me jouer un tour ! - Mais comment aurait-il disparu ? Il y a quelque chose qui m'échappe. - Je ne peux pas vous dire comment ! Le plus grave est qu'il court présentement la ville en se faisant passer pour conseiller d'État.
    C'est pourquoi je veux demander que quiconque l'attrapera me l'amène aussitôt, dans les plus brefs délais. Un matin, alors qu'Ivan lakovlevitch découvre un nez dans son pain, le major Kovaliov, terrifié, s'aperçoit au réveil de la disparition du sien. Ce dernier met alors tout en oeuvre pour le retrouver.

  • Des voyageurs surpris par l'orage se réfugient chez un homme qui a autrefois, passé un pacte avec la DIABLE... Repenti, il attend vainement que son pacte cesse. Or, cette nuit là, nos voyageurs mi goguenards mi effrayés vont le tenter...
    « Je priai le père Appenzel de me laisser. Une fois seul, je suis descendu de mon lit, je suis allé à l'armoire, je l'ai ouverte. Ah ! mon émotion en ouvrant la porte !... la phrase, messieurs, la phrase écrite avec du feu, y était encore !
    Elle était gravée dans les planches du fond ; elle avait brûlé les planches en s'y imprimant... et j'ai lu le jour, comme j'avais lu, la nuit, ces mots : ... » Un récit frantastique ou SF, qui grâce à l'interprétation magistrale de Marc Deroy vous fait dresser les poils et vous donne la chair de poule !

  • Publiée pour la première fois en 1830, "Une Passion dans le désert" est sans doute le récit le plus surprenant de l'auteur de "La Comédie humaine". En racontant les amours d'une panthère et d'un soldat français lors de la campagne de Bonaparte en Egypte, Balzac explore, en psychologue et en poète, le désir et la passion sous certains de leurs aspects les plus troublants.

  • Le Décaméron

    Jean Boccace

    L'histoire commence par la rencontre de dix amis, sept femmes et trois hommes, réfugiés dans une villa, aux environs de Florence, afin d'échapper à une épidémie de peste. Chacun d'entre eux racontera des histoires, pour passer le temps, et poncturera la fin de chaque journée en chantant une canzone. La retraite, qui dure dix jours, donne naissance à cent nouvelles pleines d'esprit et de raffinement. L'auteur s'inspire de fabliaux français, de textes de l'Antiquité grecque et romaine et du folklore. Cette oeuvre majeure de Boccace est souvent considérée comme fondatrice de la prose italienne.

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