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Actes Sud
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Au croisement de l'anthropologie, de l'histoire de l'art ancien et contemporain, de la mode et des moeurs, l'exposition propose diverses mises en scène et mises en oeuvre sur le thème universel des cheveux.
Abordant l'idée que chacun donne de sa personnalité par la coiffure, elle se présente tout d'abord sous l'angle de la frivolité, des compétitions entre blonds/blondes, rousses et bruns, lisses et crépus. Comparant les coquetteries des Papous des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée ou des belles citadines africaines ou des «Merveilleuses» du Directoire, l'exposition avance vers l'idée du matériau humain à modeler, à sculpter, support à la fois de savoir-faire, de la relativité de la beauté, mais aussi objet de perte (par l'âge ou la violence), symbole du temps qui passe et de la mort. Par leur usage nostalgique, les cheveux sont des supports de mémoire. Restes humains, reliques, ils conservent un peu de l'aura et de l'énergie de leur propriétaire. Une large partie de l'exposition est consacrée à ces mana (pouvoir sacré des ancêtres) qui ont donné naissance, dans le monde, à de multiples objets dits «magiques» ou pour le moins dotés de pouvoirs que l'on s'approprie.
La question du reste et du trophée est ainsi posée et plus largement du statut de certains «objets» campés aux frontières de l'horripilant et de l'insoutenable, interrogeant nos catégories à partir d'une expérience universelle.
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Les Indiens kogis ; la mémoire des possibles
Muriel Fifils, Eric Julien
- Actes Sud
- 31 Octobre 2009
- 9782742770465
Sauvé d'un oedème pulmonaire par les héritiers de l'une des plus brillantes sociétés précolombiennes du continent sud-américain (Les Tayronas, Colombie), Eric julien partage, depuis plus de vingt ans, sa vie entre ses missions de conseil en entreprises et son engagement auprès des douze mille membres de la communauté kogi.
Vice-président et fondateur de l'association française Tchendukua-Ici et Ailleurs, il les accompagne afin de les aider à retrouver leurs terres ancestrales d'où ils ont été chassés. Nourri de textes, d'interviews de représentants de la société kogi et de nombreuses photographies, cet ouvrage collectif est une "mise en dialogue" de notre modernité avec les descendants de cette civilisation précolombienne.
Construit autour des principes fondamentaux de la vie en société, on y découvre le rapport des Kogis au vivant, à la loi, à autrui, au pouvoir, à la religion, au territoire, mais aussi la manière dont ils conçoivent la santé, l'éducation, l'épanouissement individuel et collectif. Avec la complicité et l'intervention de nombreux experts, philosophes, biologistes, médecins, historiens et ethnologues, et grâce à leur connaissance intime de ce "peuple racine", Eric julien et Muriel Fifils orchestrent ainsi la rencontre entre deux regards, deux "praxis" du monde, cieux manières d'y vivre, d'être et d'agir.
Un dialogue, non plus pour opposer ou comparer, mais pour s'enrichir de l'autre et de son expérience : "Les peuples " racines ", dont font partie les Kogis, sont porteurs de solutions originales, à même de nous aider à voir autrement les grands enjeux de notre temps, non seulement clans le domaine des relations humaines, mais aussi clans celui de la science et de la compréhension des choses." -
Voyage en Algérie antique
Sabah Ferdi, Ferrante Ferranti
- Actes Sud
- Beaux Livres
- 21 Septembre 2013
- 9782330009793
«Peu de vestiges debout, donc, de l'Algérie romaine ; des ruines à ras de terre ; et pourtant, de ce passé mutilé, la suggestion reste immense. «La ruine fait le monument» disait Victor Hugo. Un fragment de colonne renversé, une inscription sur une dalle, un arc au bout d'une allée suffisent à l'imagination pour qu'elle ressuscite la gloire de ces sites dont le décor naturel est resté intact ; et c'est cette alliance d'un paysage superbe, de montagne ou de mer, et de ces décombres tragiques, qui fait la grandeur de ces espaces à la fois vides et peuplés, désertés mais présents, blessés mais immenses.» Dominique Fernandez, introduction à l'Algérie antique Les publications consacrées à l'histoire de l'Algérie antique sont à la fois peu nombreuses et extrêmement spécialisées. Or la connaissance de cette période, souvent ignorée du public non averti, est capitale pour comprendre le développement futur du pays. Dans le sillage du livre de Gabriel Camps, Les Berbères, cet ouvrage cherche à replacer l'Algérie dans une histoire «longue», qui ne serait pas seulement celle de la conquête arabe ou de la colonisation française. À l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, il s'agit de dépassionner les débats et de réaffirmer l'attachement du peuple algérien à une identité complexe, multiforme et faite de sédiments divers.
Après avoir sillonné les rives de la Méditerranée et découvert les plus belles ruines antiques, qui illustrent l'Imaginaire des Ruines (Actes Sud, 2009), et après l'expérience des Ancêtres liés aux étoiles (Actes Sud, 2009), qui scellait la découverte de l'Algérie aux côtés de Rachid Koraïchi, Ferrante Ferranti a pris la mesure d'un patrimoine antique algérien aussi exceptionnel que méconnu. L'idée de ce travail est donc née du désir de faire découvrir au lecteur cet autre visage de l'Algérie, à travers des photographies et des textes inédits. Dans une introduction à la fois littéraire et poétique, Dominique Fernandez, particulièrement familier avec l'histoire de la Méditerranée, invite le lecteur à déambuler au gré des sites, allant d'une mosaïque à une autre, s'arrêtant dans un forum, admirant un arc de triomphe, rêvant au pied d'une colonne. Rassuré par ce texte sous forme de promenade, le lecteur peut alors aborder les notices de Sabah Ferdi (archéologue, ancienne conservatrice du site de Tipasa), plus techniques et explicitement didactiques. Le fil conducteur de l'ouvrage est de parcourir les sites en partant du centre de l'Algérie et en se dirigeant vers l'Orient - Tipasa, Cherchel, Djemila, Timgad et Lambèse, Madaure, Khemissa, Tiddis, Hippone -, véritable traversée des ruines algériennes illustrée d'images saisissantes.
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Jardins et paysages de l'Antiquité Tome 2 ; Grèce, Rome
Aude Gros de Beler
- Actes Sud
- 2 Mars 2009
- 9782742782888
Dans la Grèce d'avant Alexandre le Grand, l'art des jardins n'existe pas. Les reliefs accidentés, les rivages découpés et les îles aux climats rudes restent des espaces peu adaptés à l'émergence de parcs, tels qu'ils existent en Mésopotamie ou en Egypte. L'homme est marin autant que paysan ; ceci ne signifie pas l'absence de jardins, mais plutôt une forme particulière de relation à la nature. En marge de celui qui oeuvre physiquement, le philosophe, dans sa lente maturation des concepts, perçoit intimement les détails de la flore sauvage, des prairies spontanées et des arbres sacrés. Il s'inspire de la beauté de la nature comme symbole de l'oeuvre divine. L'aspect contemplatif est omniprésent, de même que la déambulation savante. Mais le philosophe n'est pas jardinier ; il n'évoque que rarement le travail de la terre. Aristote et Théophraste inaugurent la figure du scientifique voyageur, qui collecte, inventorie et rédige pour restituer les premières sommes de connaissances botaniques, reprises ensuite par les lettrés romains épris de botanique
comme Caton, Varron ou Columelle. Les vestiges archéologiques manquent pour mesurer concrètement l'ampleur des travaux liés aux jardins : un seul exemple pour la Grèce entière, mais combien de textes, chants et poèmes, de sanctuaires dans leurs écrins de verdure, d'offrandes de fleurs pour les autels, de parfums et d'huiles qui sont indissociables d'une pratique de l'horticulture.
Le jardin retrouve son statut et sa fonction de creuset culturel à Pompéi et à Rome, dont les collines se couvrent de villas et de parcs. Il y a un avant et un après Rome dans l'art des jardins, qui se fonde d'abord autour d'une passion pour la terre. Les travaux des champs sont au centre des préoccupations des habitants du Latium et leurs connaissances horticoles, mêlées à la fascination pour la culture grecque qu'ils découvrent déjà teintée d'Orient, introduisent un art nouveau dont nous pouvons mesurer l'ampleur en déambulant à travers les vestiges des villas de Néron ou de Tibère. Lentement, les domaines ruraux ébranlés à la fin de la Deuxième Guerre punique se regroupent en latifundia.
Une transformation du paysage et une éclosion des villas de plaisance tendent à éloigner le citoyen romain de sa terre. Désormais, il importe d'Orient ce qu'il produisait auparavant et pense avec nostalgie aux jardins de rapport qu'il cultivait jadis. L'éloignement de la terre est significatif, mais il ne doit pas occulter les connaissances des techniques horticoles. Ce n'est qu'après avoir maîtrisé l'ensemble de ces techniques et assimilé les influences des colonies orientales, que les Romains vont envisager le jardin comme un symbole ostentatoire du pouvoir politique.
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Descendre le Nil au temps de l'Egypte des pharaons d'Abou-Simbel à Alexandrie devient un rêve enfin accessible grâce au talent d'un archéologue, architecte et dessinateur.
Une invitation au voyage lorsqu'à Gizeh, Mykérinos venait d'achever sa pyramide, lorsqu'à Karnak, régnait Ramsès II ou lorsque, sous les empereurs romains, des expéditions se rendaient dans le désert arabique pour exploiter les carrières de pierres ou les mines de métaux précieux. La rigueur scientifique alliée à l'évocation artistique font de ces 75 tableaux une somme jamais réunie sur l'Egypte de 2800 avant J.-C.
à 500 après J.-C. Une Egypte fastueuse, totalement inédite, qui redonne vie aux mines les plus grandioses comme aux vestiges les plus anodins. Chaque image est accompagnée de commentaires sur l'architecture et les découvertes archéologiques, ainsi que de nombreux textes retraçant le contexte mythologique, politique et historique qui permettent d'appréhender le site dans sa totalité.
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Vingt siècles après la parution du De rerum natura, dont le manuscrit parvint, par hasard, entre les mains de Cicéron, Lucrèce apparaît dans l'histoire littéraire comme le premier poète visionnaire, capable de réaliser l'alliance toujours souhaitée de la science et de la poésie.
On lui doit l'exposé le plus complet d'une des grandes philosophies de l'Antiquité, celle d'Epicure, qui, sans le poète latin, se réduirait pour nous aux linéaments de trois Lettres, à Hérodote, à Ménécée et à Pythoclès. A un exposé didactique sur la physique et la morale, Lucrèce, en fervent disciple d'Epicure désireux de convertir à cette philosophie son ami Memmius, a su donner la forme de la grande poésie.
Au moment où Cicéron portait à son équilibre classique la langue latine, Lucrèce donnait aux lettres de Rome son plus grand poème avec l'Enéide de Virgile. Deux mille ans plus tard, ce poème philosophique sur la création (tel pourrait être, en effet, le titre du poème) demeure actuel, par la vision sombre et pénétrante d'un univers périssable et composé d'atomes, parmi l'infini des mondes, par la mise en garde contre les excès de la religion, par la sobre conception d'un bonheur personnel fondé sur une stricte hiérarchie des plaisirs et sur l'absence de trouble intérieur, l'ataraxie, source du souverain bien, condition du bonheur..
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Le Rhône n'est pas un long fleuve tranquille, mais il garde dans sa mémoire une partie de l'histoire d'Arles. Elle est écrite par fragments, de marbre, de navires, d'amphores, et de céramiques.
Luc Long Cet ouvrage constitue le catalogue de l'exposition qui se tiendra à partir de l'automne 2009 au Musée départemental Arles antique. Celle-ci vise à présenter les extraordinaires découvertes faites ces vingt dernières années par les archéologues dans le fleuve à Arles et au large des Saintes-Maries-de-la-Mer. Avec près de 500 objets, des plus modestes aux plus exceptionnels - dont le fameux portrait de Jules César -, ressurgit du fleuve l'antique Arelate et le port qui a fait sa fortune.
A l'origine, l'objet des fouilles archéologiques était la connaissance de l'histoire portuaire d'Arles dans l'Antiquité. La zone de prospection correspondait à la rive droite du fleuve près du quartier de Trinquetaille à Arles, située face au centre-ville. Cette zone, maintes fois remblayée, avait été jusque-là très peu fouillée. Plusieurs pièces, remontées entre août et début octobre 2007, présentent un intérêt exceptionnel, parmi lesquelles :
- Un buste grandeur nature en marbre de César âgé. Il constitue la plus ancienne représentation connue aujourd'hui du fondateur de la cité romaine d'Arles. Typique de la série des portraits réalistes d'époque républicaine (calvitie, traits dus à l'âge.), il date sans doute de la création de l'Arles romaine en 46 av. J.-C.
- Une statue de Neptune en marbre de près de 1,80 m de hauteur, datée de la première décennie du IIIe siècle apr. J.-C.
- Une statue en bronze d'un homme barbu aux mains liées (un esclave ? Marsyas ?). Cette pièce est peut-être la copie romaine d'un original hellénistique.
- Une statue en bronze doré de Victoire, d'environ 70 cm de hauteur. Sculptée en demi-relief, elle était sans doute vouée à décorer un parement de marbre.
Les résultats ont mis en avant l'ampleur du réseau commercial entre le nord de la Gaule et le bassin méditerranéen et confirmé le rôle prépondérant de la ville d'Arles et de son port de transfert de charge entre la mer et le fleuve. Plusieurs pièces, remontées en 2007 et 2008 (dont le buste de Jules César), présentent un intérêt exceptionnel, fortement médiatisé depuis. Sous la direction de Luc Long, vingt-cinq chercheurs rédigeront les textes d'étude de l'ensemble de ces objets et de ces oeuvres pour la plupart inédits.
Luc Long, commissaire scientifique de l'exposition, est conservateur en chef au Département des recherches en archéologie subaquatiques et sous-marines.
«César, le Rhône pour mémoire» est une exposition au Musée départemental Arles antique du 24 octobre 2009 au 19 septembre 2010.
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Indochine de Provence ; le silence de la rizière
Collectif
- Actes Sud
- 20 Septembre 2012
- 9782330012281
S'il est un récit oublié, grand absent de l'inventaire des «lieux de mémoire», c'est bien le témoignage, encombrant mais bouleversant, des travailleurs indochinois en France de 1939 à 1952. Longtemps, l'histoire a fait silence sur le visage de ces hommes qui rentrèrent chez eux après des années d'exil forcé, sans la moindre indemnisation. Longtemps, personne - dans la littérature ou par le biais de l'image - ne s'est soucié de ces vies brimées et abîmées, de ces existences préemptées et confisquées qui rendent peu disert le corps social, collectif, politique.
Près de vingt mille hommes furent ainsi mobilisés par l'administration française au début de la «Drôle de guerre» et dispersés dans les poudreries nationales, aux côtés des ouvrières françaises, astreints aux trois-huit et à la manipulation de produits toxiques.
En juin 1940, après la débâcle de l'armée française et la signature de l'armistice, ils furent contraints de travailler au service de la France de Vichy qui loua leur force de travail, en particulier aux Allemands. Ils subirent alors une discipline très dure. Sousalimentés, mal chaussés, mal vêtus, ils récoltèrent le sel dans les salines du delta du Rhône. C'est eux qui façonnèrent le paysage de la Camargue et l'identité de son territoire tels que nous les connaissons aujourd'hui en relançant, à une époque de pénurie alimentaire, une riziculture jusqu'alors peu prospère et peu pratiquée en France. Dans le Vaucluse, le camp de regroupement de Sorgues fut le plus important, avec près de quatre mille internés. Les «indigènes» de Sorgues furent affectés aux travaux agricoles et forestiers, en particulier à Sault, au pied du Ventoux, dans la forêt Saint-Lambert, entre Lioux et Murs, à la scierie de Notre-Dame-de-Lumières à Goult. Ils furent également employés dans les briqueteries de Bollène, les ateliers de cartonnage à Valréas, chez les expéditeurs cavaillonnais.
La relation métropole-colonies fut marquée par une injustice profonde qu'encadraient diverses formes d'apartheid, de mises à l'écart, de destitutions, d'iniquités, voire de mépris. L'idée d'une condition humaine commune n'a jamais été admise. Il n'y avait pas d'équivalence entre la vie d'un «indigène» et celle d'un Français. Comment alors assumer le passé qui atteste à ce point de l'effondrement des valeurs humanistes d'une société en dégradant l'image qu'elle se donne d'elle-même ? On comprend aisément l'aphasie collective de la France vis-à-vis de ses anciens territoires lointains. Plus d'un demi-siècle après la décolonisation, la mémoire reste tronquée, mutilée, quand elle n'est pas neutralisée ou court-circuitée par cette question érigée en négativité absolue qui paralyse la conscience.
L'album-recueil, ouvert sur le récit de ces itinéraires d'exil et sur une parole qui commence à peine à circuler, établit un rapport sensible à l'histoire accepté en tant que tel.
Indochine de Provence, le silence de la rizière, interroge la mémoire, l'histoire, l'identité d'un département, le Vaucluse, façonné par les flux migratoires. Il pose les enjeux d'une éthique fondée sur la pensée critique revendiquée comme seule légitime pour traiter des mémoires douloureuses et oubliées du xxe siècle. -
Vestiges de voyages ; 70 000 ans de circulation en Alsace
Collectif
- Actes Sud
- 18 Novembre 2015
- 9782742796335
Le territoire alsacien est un lieu d'échanges et de circulation des biens, des idées et des hommes depuis la Préhistoire. Diffusant ses savoir-faire ou assimilant les influences extérieures, l'Alsace a de tout temps été un axe de communication majeur à l'échelle européenne. De la Méditerranée au Danube en passant par la France, la Suisse, et l'Allemagne, cet ouvrage vous invite à suivre le parcours de ces hommes du temps passé à travers toute l'Europe.
L'ouvrage se déroule comme un voyage en huit étapes, présentant de manière chronologique - du Paléolithique au xxe siècle - des sites, des objets et des problématiques qui témoignent de ces mouvements sur des distances plus ou moins longues, à la fois en Europe et dans d'autres continents. Les auteurs de ce catalogue, tous spécialistes, sont issus de diverses institutions : ils interrogent des thèmes - toujours d'actualité - comme la société, l'environnement, l'urbanisme, l'architecture, l'artisanat, l'industrie, le commerce, la langue ou l'alimentation et révèlent partage culturel, phénomènes d'émulation, d'importation, d'approvisionnement.
L'interprétation des données est illustrée par une série de scènes de la vie quotidienne, de paysages et de gestes techniques, réalisée par l'illustrateur Pierre-Yves Videlier.
Enfin, chaque période chronologique est l'occasion d'un aparté consacré à l'archéologie, une science humaine qui fait appel à de multiples compétences techniques et scientifiques, de la détection d'un site à la valorisation des résultats.
Une grande diversité de ressources textuelles et iconographiques (illustrations, photographies, relevés, cartes, plans, etc.), des pistes bibliographiques ainsi qu'un glossaire permettent à cet ouvrage aux multiples clés de lecture d'intéresser un public très large, néophyte comme plus connaisseur.
Auteurs :
Franck Abert (pair), Anne-Marie Adam (université de Strasbourg), Alexandre Bolly (pair), Christophe Croutsch (pair), Fabien Delrieu (pair), Jean Detrey (pair), Clément Féliu (Inrap), Pascal Flotté (pair), Thomas Hauck (pair), Jacky Koch (pair), Philippe Kuchler (pair), Michaël Landolt (pair), Thierry Logel (pair), Florence Mischler (pair), Pierre Pétrequin (cnrs, université de Franche-Comté), Muriel Roth-Zehner (antea Archéologie), Maurice Seiler (université de Strasbourg), Luc Vergnaud (antea Archéologie), Maxime Werlé (pair).
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Publié huit ans après les autres, en 1588, le Troisième Livre donne corps au travail de réflexion caractéristique de l'essai, latent jusqu'alors dans l'armature des chapitres : la pensée présente se situe par rapport à l'écrit du passé et, sans le désavouer, le remet en question.
Dès lors, et jusqu'à sa mort en 1592, Montaigne conduit ses investigations à partir de traces antérieures, par retours, croisements ou ramifications de " routes par ailleurs ". Sur l'Exemplaire de Bordeaux, document autographe d'une future édition, il inscrit méthodiquement les additions marginales à incorporer, et les marques du " langage coupé " qu'il invente pour accentuer les articulations insolites des propos.
Il textualise ainsi son dialogue intérieur et en ratifie les doutes aussi bien que les plus énergiques témoignages, à l'adresse d'un lecteur qui, selon la formule de Jean-Yves Pouilloux, voudrait avec lui " commencer à penser véritablement ".
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Mastabas de l'Egypte ancienne
Patrick Chapuis, Philippe Flandrin, Aude Gros de Beler
- Actes Sud
- Arts
- 28 Septembre 2012
- 9782330012274
En février 2011, alors que l'Égypte était en révolution contre l'oligarchie qui la dominait depuis si longtemps, Philippe Flandrin et Patrick Chapuis achevaient Le Labyrinthe des pyramides, un ouvrage consacré aux tombes royales de l'Ancien Empire (Actes Sud, 2011). En dépit de l'insécurité prévalant sur les sites, le Conseil Suprême des Antiquités de l'Égypte a souhaité dresser un état des lieux des nécropoles jouxtant Le Caire, et c'est ainsi que nos auteurs ont été conviés à étendre leur travail aux tombes civiles qui entourent les pyramides. De par les peintures, dessins, bas-reliefs et sculptures, elles révèlent l'histoire et la culture matérielle de l'Égypte au IIIe millénaire avant notre ère.
Les images des tombeaux de l'Ancien Empire témoignent d'un temps qui est également le nôtre. Les formes qu'elles proposent sont d'une diversité et souvent d'une inventivité telles qu'elles pourraient être l'oeuvre d'artistes contemporains : au classicisme des cortèges de porteurs d'offrandes répond le naturalisme de certaines compositions, le graphisme du dessin, l'abstraction des peintures murales. Sur les parois de ces sépultures, les choses, les êtres humains et les animaux sont sujets à d'incessantes transformations. Ce que nous voyons n'est pas simplement la représentation d'une époque et de son ordre, mais l'expression d'une volonté de changement, d'une nécessité d'évolution. Ainsi, comme la mort - loin d'être un échec - est le lieu où se prépare le futur, le tombeau, où l'on enterre dignitaires, vizirs, scribes, indigents et poètes, est le laboratoire de l'avenir. Sur ces images, on ne trouve qu'exceptionnellement - sauf dans la tombe d'Ankhmahor, vizir de la Ve dynastie - des scènes de lamentation, on ne voit nul cadavre, nulle dépouille mortelle ; bien au contraire, les scènes peintes ou gravées célèbrent chaudement la vie.
À côté de la personnalité du défunt - le «Maître du tombeau», expression empruntée à Pierre Montet -, on découvre aussi les témoignages de l'ensemble des acteurs de la société civile égyptienne : nobles, bourgeois, ouvriers, paysans, artisans. De même, la terre d'Égypte de cette époque lointaine est largement célébrée, avec sa faune, sa flore et ses richesses, au premier rang desquelles apparaît le Nil. Enfin, on comprend comment cette société complexe, supérieurement organisée, a pu évoluer et jeter les bases de trente-cinq siècles de civilisation et de rayonnement, en Égypte comme dans le monde antique. À travers cet ouvrage, c'est ce laboratoire que les auteurs ont voulu nous faire découvrir, à l'heure où la folie des hommes menace de le flétrir, car, outre les pillards, la foule des visiteurs qui se massent dans les tombes suffit hélas à mettre en péril tous ces chefs-d'oeuvre bien mortels.
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Grandes découvertes de l'archéologie méditerranéenne 1959-2009
Joseph Césari, Xavier Delestre
- Actes Sud
- 15 Octobre 2009
- 9782742786084
Cet ouvrage est à mettre en relation avec une actualité : le cinquantenaire de la création du ministère des Affaires Culturelles sous la responsabilité d'André Malraux. En effet, l'histoire de l'archéologie nationale est étroitement liée à celle du ministère de la Culture. C'est au cours de ce demi-siècle que la recherche archéologique se structure, en s'appuyant sur des lois (1941 et 1945) qui réglementent les fouilles archéologiques. Ces lois, qui marquent leur empreinte par un découpage territorial en dix-huit circonscriptions archéologiques, placent au centre de l'organisation administrative et scientifique l'Etat, et plus précisément le ministère de la Culture.
Cette commémoration est apparue comme une excellente opportunité pour poser un regard sur l'activité de recherche et ses pratiques dans les régions Languedoc-Roussillon, Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur et l'archéologie sous-marine aux larges des côtes. L'ambition n'est pas de présenter de manière exhaustive une histoire archéologique de ce vaste espace, ni d'exposer par le détail la grande diversité des apports scientifiques des cinquante dernières années. Le parti pris est tout autre et consiste à proposer à un large public une analyse comprenant deux axes principaux : une synthèse générale sur les grandes étapes de l'évolution de l'archéologie et sur quelques sujets majeurs concernant l'homme, l'habitat, le commerce ou les croyances ; une sélection de cinquante sites de la Préhistoire à l'époque contemporaine, soit cinquante notices consacrées à des sites et à des découvertes parmi les plus exceptionnelles réalisées au cours des cinquante dernières années, donnant un aperçu significatif de l'histoire de l'archéologie dans les régions sud-est de la France et en mer. Cet éventail de sites permet de mettre en exergue les avancées méthodologiques les plus remarquables et de souligner quelques aspects majeurs sur la connaissance de l'histoire humaine, du climat et des paysages. Il met aussi en exergue des sites de réputation scientifique internationale, fleuron d'une archéologie toujours très active et innovante.
En quelque sorte, il faut considérer le choix effectué comme une vitrine d'excellence de cette archéologie du sud de la France, résultat d'un travail collectif encadré ou impulsé par les services régionaux du ministère de la Culture. Ce riche bilan prend appui sur une accumulation considérable de données, les plus anciennes remontant au XIIe siècle : il souligne par là même combien cette histoire reconstituée bénéficie d'un enregistrement hétérogène des connaissances, de découvertes fortuites et de fouilles plus ou moins conséquentes, dont l'apport a priori insignifiant peut, à échéance plus ou moins brève, retrouver une réelle valeur scientifique et documentaire. Un bilan considérable qui rend d'autant plus condamnable toutes destructions et actes de vandalisme, notamment par l'emploi inconsidéré de détecteurs de métaux et la réalisation de fouilles clandestines à terre et sous les eaux.
Cet ouvrage, objet d'un colloque organisé au Musée départemental de l'Arles antique à l'occasion du cinquantenaire du ministère de la Culture, les 28, 29 et 30 octobre 2009 paraît en même temps que les différents catalogues consacrés à l'exposition «César, le Rhône pour mémoire» (Musée départemental Arles antique du 24 octobre 2009 au 19 septembre 2010).
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Vaux le Vicomte ; mémoire d'un chef-d'oeuvre ; 1875-2008
Patrice de Vogüe
- Actes Sud
- Imprimerie Nationale
- 2 Juin 2008
- 9782742774876
Conçus selon les instructions de Nicolas Fouquet, de 1657 à 1661, par Le Vau, Le Brun et Le Nôtre, chanté par La Fontaine, fréquenté par Molière et par Poussin, le château et les jardins de Vaux le Vicomte sont à l'abandon, en 1875, lorsqu'un jeune industriel amateur d'art, Alfred Sommier, en fait l'acquisition, succédant aux grandes dynasties d'Ancien Régime qui l'avaient occupé (Choiseul). Entrepreneurs prospères, les Sommier ont fait fortune dans l'industrie sucrière dès la fin du XIXe siècle. Le livre est aussi le récit d'une aventure industrielle exemplaire.
Patrice de Vogüé, actuel propriétaire des lieux et descendant d'Alfred Sommer, retrace l'histoire du sauvetage et de la restauration : son livre est à la fois un précieux document historique et l'évocation pleine de vie d'une entreprise épique qui a rendu au château sa splendeur. À l'analyse détaillée des travaux engagés successivement par Alfred Sommier puis par son fils Edme, s'ajoute celle des motifs et des convictions enthousiastes qui les ont guidés. Il fait revivre la vie familiale et mondaine au château, durant les mois d'été et d'automne - les gens de maison et leur famille, les parties de chasse, les habitués -, mais aussi l'influence exercée sur le voisinage, l'action sociale et l'engagement politique d'Alfred et d'Edme Sommier dans la vie locale.
Quand survient la première guerre mondiale, Vaux le Vicomte est transformé en hôpital, l'hôpital auxiliaire n° 23, que Germaine Sommier, épouse d'Edme Sommier, dirige avec l'aide d'une équipe soignante et de médecins. Elle en fait un hôpital exemplaire, investissant dans un matériel qui utilise les techniques médicales les plus modernes. Impressionnés, Clémenceau, Foch et Weygand se rendent à Vaux : Germaine Sommier reçoit la Croix de guerre.
Aujourd'hui, Patrice de Vogüé a pris le relais de ses ancêtres : les bâtiments et leur ameublement retrouvent le luxe voulu par Fouquet et la restitution des jardins de Le Nôtre sera bientôt achevée. Vaux le Vicomte, classé monument historique en 1929, reste un monument privé mais largement ouvert au public. Ce patrimoine architectural et naturel, qui offre trente-cinq hectares de jardins à la française et quatre cent soixante hectares de forêts est aussi une entreprise qui emploie cent vingt personnes.
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Arles méritait un ouvrage de référence à la mesure de ses singularités et de son prestige. Voici donc pour la première fois retracée l'histoire de la cité depuis ses origines jusqu'à nos jours. A la lumière des recherches les plus actuelles, les historiens, archéologues, géographes ou conservateurs invités à mener à bien. cette vaste synthèse brossent le portrait détaillé d'un patrimoine exceptionnel et soulignent le rôle important qu'a joué la ville tout au long de l'histoire. Une centaine de contributions magistrales, toutes abondamment illustrées, dévoilent au fil des pages les contours d'une cité qui témoigne à merveille de l'importance de la civilisation urbaine dans le Midi provençal et rhodanien. A la faveur d'intenses échanges humains, d'axes de circulation majeurs et d'un terroir agricole vaste et contrasté, Arles, en effet, a su étendre son influence bien au-delà des vastes territoires que sont les plaines du Rhône, les marais de Camargue et le piémont des Alpilles. Dressant tour à tour des portraits géographiques, historiques, politiques, religieux, économiques, artistiques et culturels, ce long récit s'attarde sur les phases les plus marquantes des vies successives de la cité, en analyse les lignes de force et en éclaire les particularismes comme les permanences. Depuis l'antique Gallula Roma Arelas fondée à l'aplomb d'un méandre stratégique du Rhône jusqu'à son actuel rayonnement, les affirmations successives comme centre économique, politique, religieux et culturel ont fait d'Arles une cité d'art de premier plan ainsi qu'un pôle actif au rôle décisif à l'échelle tant régionale qu'européenne. La prise de conscience déjà fort ancienne de la richesse d'aussi vivants héritages contribue à forger une mémoire urbaine singulière. Mais la ville mémoire ne saurait survivre sans la volonté d'y inscrire également un avenir prestigieux : tout y concourt grâce au profond attachement de chacun. Ce n'est pas, en effet, un des moindres privilèges d'Arles que de susciter une telle curiosité, une telle passion chez tous ceux qui ont un jour pénétré dans son intimité.
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Les carnet du paysage Tome 20 : cartographies
Collectif
- Actes Sud
- Les Carnet Du Paysage
- 27 Novembre 2010
- 9782742795338
Cette livraison des Carnets du paysage interroge la cartographie avec deux objectifs : rendre compte des différents types d'utilisation que les paysagistes font ou pourraient faire de la cartographie; témoigner de la vitalité des recherches, des réflexions, des propositions concernant la cartographie dans des domaines aussi divers que l'histoire de l'urbanisme et des territoires, les arts visuels ou la théorie de la connaissance. Il n'y a donc pas une cartographie, mais des cartographies et des pratiques cartographiques très diverses.
La carte est désormais considérée moins comme une image transparente des réalités territoriales que comme un discours plus ou moins opaque à leur sujet, un discours dans lequel s'insèrent et s'expriment des enjeux de pouvoir politique, économique, culturel, et où ce qui se reflète est moins le territoire lui-même que l'interprétation qui en est faite par un groupe social ou un groupe d'acteurs, en fonction de leurs représentations, de leurs intérêts, et de leurs projets. On n'envisage plus seulement «la» carte comme objet unique, seul porteur d'une vérité du territoire, et on ne l'étudie plus sans la relier aux pratiques et aux intentions de ses auteurs et de ses destinataires, plus généralement aux contextes pragmatiques de sa production, de sa circulation et de sa consommation.
Dans ce numéro, on trouvera donc des contributions qui interrogent, à la fois dans le passé et dans le monde contemporain, les relations entre les cartes et les paysages, littoraux, ruraux et urbains. L'ouvrage présente également des expériences pédagogiques et projectuelles, ainsi qu'un entretien avec Jacques Sgard concernant les pratiques cartographiques des paysagistes. Enfin, ce numéro propose une anthologie de cartes réalisées par des artistes et par des paysagistes, des cartes dont les apparences et les finalités, extrêmement diversifiées, illustrent parfaitement l'extraordinaire inventivité plastique dont la cartographie a été le prétexte et le support depuis quelques années.
Toute carte instaure un monde autant qu'elle le révèle. Elle peut conduire à la rêverie ou à l'exploration, alors même qu'elle revêt les apparences les plus austères de la «science».
Elle signale en tout cas que le réel et l'imaginaire sont des provinces parentes dans le pays de la vérité, et qu'au bout du compte les cartes d'artistes en disent tout autant, quoique d'une autre manière, sur l'imagination géographique d'une culture, que les productions les plus rigoureuses de la cartographie scientifique ou que les propositions les plus audacieuses des paysagistes. C'est ce dont ce numéro des Carnets du paysage témoigne.
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Nous avons mangé la forêt : Georges Condominas au Vietnam
Christine Hemmet
- Actes Sud
- Beaux Livres
- 30 Juin 2008
- 9782742761456
Un ouvrage qui rend hommage à l'ethnologue G. Condominas, à travers une collection d'objets et une documentation extraite de ses carnets de terrain, précieux matériel recueilli dans le village de Sar Luk, au Vietnam, à la fin des années 1940.
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Sur les pas de Jean-Jacques Rousseau ; guide de découvertes insolites en Pays de Savoie
Collectif
- Actes Sud
- Nature
- 2 Juin 2012
- 9782330010201
Textes de Stéphane Audeguy, Arno Bertina, Vincent Borel, Antoine Choplin, Anne-Marie Garat, Maylis De Kerangal, Frédéric Leal, Fabrice Melquiot, Céline Minard, Daniel de Roulet.
Illustrations de Jean-Pierre Magnier.
Conçu et imaginé par la Fondation Facim à l'occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe marcheur, Sur les pas de Jean-Jacques Rousseau est un guide de randonnée pédestre et littéraire d'un nouveau genre. À la croisée des sentiers alpins et des voies romanesques, l'ouvrage invite le promeneur à découvrir dix itinéraires, à parcourir seul ou en famille, et suggère des «pauses lecture» ponctuant la promenade. Cellesci sont composées d'un texte de littérature contemporaine mis en regard avec un extrait choisi dans l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau. Certains de ces itinéraires ont été parcourus par Jean-Jacques Rousseau lui-même, qui a longtemps séjourné et voyagé au coeur des Pays de Savoie. Pour d'autres, il s'agira de parcours imaginés et tracés pour l'occasion. Cartes à l'appui, l'implantation géographique des promenades veille à mettre en valeur dix lieux d'exception de Savoie et de Haute-Savoie.
Le cheminement de chaque promenade est décrit dans le détail, et propose les pauses lecture près d'un site patrimonial (chapelle, église, école.), à proximité d'un point de vue remarquable (col du Mont-Cenis, lac Léman, Mont-Saint-Michel savoyard.), mais aussi au plus près de la nature (bords de rivière ombragés, pieds d'un grand chêne.) ou encore dans un lieu décrit par l'auteur.
Les extraits choisis sont destinés aussi bien au promeneur solitaire, pour une lecture intime, qu'à un petit groupe pour une lecture à haute voix. Ils permettent de lire ou relire les textes emblématiques de Rousseau, tout en découvrant des écritures contemporaines, influencées de diverses manières par l'héritage philosophique et littéraire de Rousseau, et mettent en valeur le pouvoir de l'esprit sur le corps, le dépassement de soi, et la magie qu'opère sur nous le voyage, la manière dont il donne sa juste dimension à l'homme. Les auteurs sélectionnés (français et suisses romands), dont le travail est reconnu par la critique, sont représentatifs de la création littéraire contemporaine :
Stéphane Audeguy, Arno Bertina, Vincent Borel, Antoine Choplin, Anne-Marie Garat, Maylis de Kerangal, Frédéric Léal, Fabrice Melquiot, Céline Minard et Daniel de Roulet.
Certains écrivains seront parallèlement invités à participer aux 12e Rencontres littéraires en Pays de Savoie, organisées par la Fondation Facim (Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne) du 29 mai au 2 juin 2012 sur le thème «Paysages, marche et nature». Son temps fort se déroulera le samedi 2 juin au château de Clermont (Haute-Savoie), et proposera une promenade littéraire suivie de temps d'échanges, de lectures et de propositions de croisements artistiques (musique, projection de films, etc.) autour du thème retenu.
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L'histoire de France racontée par la publicité
Christian Almavi, Claudine Chevrel, Béatrice Cornet
- Actes Sud
- Bibliocite
- 1 Février 2013
- 9782843311826
Contempler les publicités qui, pendant plus d'un siècle, de la IIIe à la Ve République, ont mis en scène, sur les murs des villes et des bourgs de notre pays, les figures de proue familières de l'Histoire de France, donne spontanément le sentiment de feuilleter des souvenirs scolaires. De fait, le défilé des personnages historiques qui peuplent les supports publicitaires, affiches, étiquettes, emballages, pages de revues, s'assimile à première vue à la galerie de héros nationaux érigée dans les manuels d'autrefois, destinés à l'instruction des écoliers. Les dix dernières années du XIXe siècle et les dix premières années du XXe siècle, avant le développement du cinéma puis de la télévision, correspondent également à l'âge d'or de la publicité par voie d'affiches qui se développe parallèlement à la mise en place efficace d'une authentique dramaturgie scolaire commune désormais à tous les Français. Car, après la guerre de 1870 et la défaite de Seudan, l'esprit de revanche anime la fondation de la IIIe République et s'exprime par l'urgence de l'édification d'une mythologie nationale, avec la création d'un panthéon des grandes figures de l'Histoire de France.
Les galeries des célébrités des affiches publicitaires et celle des héros des manuels scolaires valorisent le plus souvent les mêmes personnages et partagent une égale mise en scène de l'Histoire à travers la représentation éminemment dramatisée, la similitude des formules et des attributs qui sont prêtés à nos ancêtres : les Gaulois reconnaissables à leurs braies et leurs casques à ailes, Charlemagne affublé d'une barbe fleurie alors qu'il était glabre, Du Guesclin, Jeanne d'Arc, Louis XI, François Ier accompagné de belles dames, le chevalier Bayard sans peur et sans reproche, Henri IV gascon jovial et débraillé , Jean Bart, Louis XIV hautain, auteur présumé de l'ineffable formule " l'Etat c'est moi ", Napoléon affublé d'une éternelle redingote grise et de son chapeau légendaire, probablement le favori de la réclame, sous la IIIe République.
Cependant, à la différence des manuels scolaires qui se doivent de récapituler pour leurs jeunes lecteurs l'ensemble de l'Histoire de France, les publicitaires peuvent se contenter d'instrumentaliser un nombre limité d'étoiles historiques, de sélectionner, à l'intérieur d'un très riche corpus, les personnalités les plus connues des Français. Le monde de la publicité propose une figuration spectaculaire mais volontairement épurée, aseptisée, du passé national, d'où divisions religieuses et politiques sont soigneusement bannies et où le récit en images valorise exclusivement bons mots, anecdotes grivoises et postures pittoresques. Là où les vignettes scolaires attisent les querelles, celles de la publicité doivent au contraire arrondir les angles et créer du consensus, si possible par l'humour.
La publicité ne se contente pas de recycler l'histoire pour assurer la promotion de produits de consommation courante, son propre discours est largement conditionné, tout au long du XXe siècle, par les aléas mêmes de la conjoncture historique. L'apogée de l'Empire colonial français, entre 1900 et 1940, est naturellement exploité par les affiches avec une bonne conscience qui nous heurte aujourd'hui à juste titre.
La réclame fait aussi un grand usage des célébrités politiques des années 1900-1940, les présentant dans des postures familières, voire ridicules, notamment les présidents de la République Emile Loubet (1899-1906) et Armand Fallières (1906-1913), mis en scène de manière fort peu protocolaire, en pantoufles. Durant l'Occupation, entre 1940 et 1944, il existe des campagnes de publicité sévèrement encadrées. Quant à la publicité pour des marques traditionnelles, elle n'échappe pas non plus à la récupération de la propagande de Vichy.
Pourquoi la publicité, qui, sous la Troisième République, a fait une grande " consommation " des plus éminents personnages de notre passé, a t'elle cessé d'avoir recours à eux ensuite, sauf dans la dernière décennie du XXe siècle ? Abus des figures du passé national, comme Jeanne d'Arc, notamment récupérés par le régime de Vichy ? Déplacement de l'intérêt vers les célébrités du moment, à l'ère de la société de consommation ? De fait, s'il était loisible de tourner en dérision dans les affiches, au début du XXe siècle, des figures méridionales sympathiques, mais dépourvues de toute aura, comme celles d'Emile Loubet et d'Armand Fallières, on imagine mal Charles de Gaulle et François Mitterrand, incarnations hautaines de l'exercice solitaire du pouvoir, servir de faire-valoir aux produits de la réclame. La sacralisation du pouvoir exécutif sous la Ve République ne favorise guère ces récupérations qui appartiennent à un passé révolu. La crise de Mai 68, en renversant par le mépris et l'ironie, les idoles de la société de consommation, a bouleversé de fond en comble les codes de la publicité et proposé d'autres voies pour la promotion commerciale.
Qu'en est-il de ces représentations aujourd'hui ? C'est timidement d'abord qu'à partir des années 1990, avec le retour en force du fait national à l'échelle européenne sous l'effet de la crise et de la place grandissante de la mémoire, caractérisée par l'inflation des commémorations, que tout à la fois les personnalités contemporaines et les héros nationaux redeviennent des valeurs sûres de la publicité. Jeanne d'Arc, François Ier, Louis XIV et Napoléon, par exemple, y occupent désormais de nouveau une place imposante, les candidats à l'élection présidentielle du printemps 2012, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou, entre autres, ont également prêté leur visage et leur nom à des opérations de dimension souvent humanitaire.
Le recyclage des héros de notre roman national est une histoire qui n'en finit pas de rebondir.
Un parcours récréatif de l'Histoire de France à travers quelque 150 images de publicités, parmi les plus spectaculaires et les plus belles, sélectionnées parmi les fonds d'affiches et de publicités de la Bibliothèque Forney, accompagnées de commentaires des images, des événements et des personnages selon le contexte de leur représentation.
L'ouvrage propose en première partie, une galerie de personnages historiques selon un ordre chronologique, depuis les Gaulois et les romains jusqu'à Napoléon et à l'Aiglon. La seconde partie du volume est consacrée à la représentation des événements et des célébrités de l'actualité contemporaine dans l'imagerie publicitaire, de la IIIe République à nos jours.
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Grands écrits politiques Tome 1
François-René de Chateaubriand
- Actes Sud
- Imprimerie Nationale
- 1 Septembre 1995
- 9782110812667
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Grands écrits politiques Tome 2
François-René de Chateaubriand
- Actes Sud
- Imprimerie Nationale
- 1 Septembre 1995
- 9782110812834