• Bernard Pivot, lecteur professionnel (« Apostrophes », Lire, JDD) et sa fille Cécile, ardente lectrice amateur, confrontent leurs raisons, plaisirs et manières de lire, leur usage des livres, dans des textes très personnels, où le public des librairies et des bibliothèques retrouvera ses émotions, et celui qui n'ose pas en pousser les portes découvrira stimulations et conseils. Un tonique et savoureux éloge des écrivains, des livres et de la lecture.

    1 autre édition :

  • Écrire son premier roman en dix minutes par jour est un manuel qui vous propose de vous accompagner, pendant quelques semaines ou quelques mois, dans l'écriture de votre premier roman. L'ouvrage aborde successivement la question de l'angoisse de la page blanche, de la construction des personnages, de la création d'une ligne narrative. Parallèlement aux questions purement techniques liées à l'art de la narration, ce manuel propose un ensemble de conseils pour aider les écrivains en herbe à créer et entretenir l'habitude d'écrire régulièrement. Il propose à la fois une synthèse de recherches récentes sur la psychologie de la création et des connaissances accumulées par les écrivains et scénaristes. Ce texte est la synthèse d'une expérience de près de vingt ans d'animation d'atelier d'écriture.

  • A l'occasion du centenaire de sa naissance, mille et une pensées, bêtises et humeurs de Boris Vian ont été réunies dans un petit recueil.
    Mille et une facéties, pensées et humeurs de Boris Vian, mille et une merveilleuses conneries que l'écrivain, chanteur, inventeur, musicien, poète, trompettiste a dites ou écrites, directement ou au travers de ses personnages.
    Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s'expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.

  • Fasciné par la machine judiciaire comme par les aperçus des replis de l'âme humaine que lui apporte son expérience de juré, l'écrivain André Gide assiste pendant plusieurs semaines à divers procès : affaires de moeurs, infanticide, vols...
    Dans ce texte dense et grave, Gide s'interroge sur la justice et son fonctionnement, mais surtout insiste sur la fragile barrière qui sépare les criminels des honnêtes gens.

  • Composé de grandes scènes, de morceaux de bravoure, de descriptions de personnages devenus mythiques - Esmeralda, Quasimodo, Frollo... -, Notre-Dame de Paris ressemble à une architecture de statues, de frises, de reliefs sculptés, tous susceptibles d'être isolés et admirés pour eux-mêmes. Cette anthologie propose à tous les lecteurs de s'approprier ce monument littéraire.

  • Péguy le mécontemporain (Alain Finkielkraut, 1991), Péguy l'insurgé (Jean Bastaire, 1975), Péguy l'inchrétien (id., 1991), « Péguy philosophe » (Emmanuel Mounier, 1930) : autant d'essais sur Péguy, autant de visages différents. Péguy l'inclassable, assurément (Géraldi Leroy, 2014). Toujours actuel et éclairant à travers les changements de notre société !

    Les Cahiers de la Quinzaine restent le modèle indépassable d'une grande revue d'idées : « Je révèle ici un secret de ma gérance, écrivait Péguy : tous les cahiers sont faits pour mécontenter un tiers au moins de la clientèle. Mécontenter, c'est-à-dire heurter, remuer, faire travailler. » Paul Decottignies nous donne accès à l'ensemble d'une oeuvre très vaste et variée, souvent invoquée mais mal connue. Il nous révèle un esprit visionnaire et un maître de liberté, mais aussi un écrivain brillant autant qu'insolent.

    « Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. [...] Et il est le maître de l'État comme il est le maître de l'école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé. » À l'aube du XXe siècle, quel philosophe, quel écrivain a mieux senti que Péguy ce qui allait se jouer ?

    Et sur lui pourtant que d'idées fausses ! Péguy le catholique : mais il se maria civilement, ne fit pas baptiser ses enfants et la presse catholique l'avait en horreur ! Péguy le conservateur : mais il fut socialiste toute sa vie, et avec quelle ardeur ! Péguy l'intellectuel : mais, resté profondément provincial, il vomissait l'intelligentsia parisienne. À qui le comparer sinon à un Pasolini, pétri lui aussi de paradoxes, poly-graphe et militant, scandaleux et assoiffé de vérité !

    « Un petit homme brusque et pressé, toujours pressé [...], le regard tendu de bas en haut, comme un taureau [...], le souffle court et le parler égal, pressé et saccadé [...]. C'était un homme à congestions. » C'est ainsi que le décrit Romain Rolland. La vie de Péguy semble faite tout entière d'étapes successives et contra-dictoires : « L'homme qui veut demeurer fidèle à la vérité doit se faire incessamment infidèle à toutes les inces-santes, successives, infatigables renaissantes erreurs. ».

    Découvrir Péguy dans sa profonde fidélité comme dans ses impatiences, tel est l'objet de cet Ainsi parlait Péguy. Nul auteur pour lequel l'approche originale de cette collection se révèle aussi efficace. Faire découvrir « Péguy l'hérétique » (titre de sa préface), telle est ici la réussite de Paul Decottignies.

  • En permettant de découvrir plus largement un Georges Perec commentateur de son oeuvre ainsi que son discours sur la littérature et l'art dans leurs manifestations les plus diverses, les documents ici réunis témoignent de l'émergence et de l'affirmation progressive de l'esthétique de lécrivain, tout en la situant par rapport à l'actualité littéraire, culturelle et sociopolitique de l'époque.

  • Dans cet petit ouvrage nous est offerte, pour chaque jour de l'année, une pensée, une fulgurance de la poète française Marie Noël dont l'oeuvre, marquée par une spiritualité tourmentée et rebelle, se redécouvre aujourd'hui dans toute sa force et sa singularité.
    Souffle de la création, épreuves et espérances toujours vives, solitude tantôt recherchée, tantôt haïe, amour et compassion: toute l'âme humaine, dans ses fragilités et ses forces, est présente. Les mots de la poète nous accompagnent, jour après jour, sur notre chemin.

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  • Tous les enfants chinois apprennent ces deux vers du poète du VIIIe siècle Li Bai : « Levant la tête, je contemple la lune brillante / Courbant la tête, je pense au pays natal. » Mais quel était le « pays » de Simon Leys, qui fut partagé entre la Belgique, où il est né, la France, où il a publié et connu les temps forts de sa vie intellectuelle, l'Australie, où il a trouvé les conditions idéales pour concevoir son oeuvre, ou la Chine, qu'il découvre en 1950 avant de s'y installer et d'y fonder une famille, et dont il serait, dans les pires heures du maoïsme, le contempteur le plus avisé ?
    De Victor Hugo, Leys disait que l'exil avait été pour lui une « seconde naissance » parce que ce fut la période la plus féconde de son existence. L'Australie ne fut jamais un exil pour Leys, mais elle fut assurément le lieu d'une nouvelle naissance. Pas une deuxième, mais une troisième.
    Car avant de devenir un auteur de langue anglaise, Simon Leys était déjà un écrivain de langue chinoise. Plus encore que les textes qu'il a rédigés dans cette langue, c'est sa calligraphie qui faisait l'admiration des Chinois.
    Aussi est-ce par un juste retour des choses que son oeuvre est publiée en Chine : alors que Leys s'éteignait à Sydney, le 11 août 2014, un éditeur de Shanghai mettait la dernière main à une version chinoise du Bonheur des petits poissons. La première d'une série de traductions en Chine populaire.

  • Le livre rassemble une sélection des articles les plus influents du journaliste afro-américain Ta-Nehisi Coates parus sous la présidence de Barack Obama (2009-2017) dans The Atlantic, un mensuel culturel américain fondé en 1857 dont il est l'un des correspondants. Ces articles ont fait de lui l'intellectuel noir le plus en vue de sa génération.

    Se replongeant dans l'histoire américaine, l'auteur met en évidence ces moments d'émancipation et d'espoir suivi d'une violente régression. En cause, le racisme, la violence, l'inégalité et la pauvreté.

    Le livre est à la fois, un témoignage sur le temps présent américain et une réflexion sur ses paradoxes.

    Les huit chapitres de ce livre soulèvent, la question relative à la terrible crainte de l'Amérique, du « Nègre respectable » et du « bon Gouvernement nègre ». Abstraits et inoffensifs, les Blancs s'en accommodent. Comme dans le Cosby Show par exemple. La peur s'installe lorsque le « bon Gouvernement nègre » prétend exercer une autorité sur les Blancs, provoquant, la mise en cause de la discrimination positive et la remise en cause de la nationalité américaine d'Obama.

    Ta-Nehisi Coates est un écrivain et journaliste américain né le 30 septembre 1975 à Baltimore (Maryland). Il est correspondant du journal The Atlantic où il couvre les affaires nationales, et s'intéresse particulièrement aux violences raciales. Il est lauréat du Prix Hillman pour le journalisme d'opinion et d'analyse (2012) et du George Polk Award (2014) pour son article « The Case for Reparations » publié dans The Atlantic en juin 2014.
    Ta-Nehisi Coates est considéré comme l'un des penseurs afro-américains les plus influents de sa génération. Son livre Between The World And Me, a été classé numéro 1 sur la liste des Bestsellers du New York Times en 2015 et 2016, et traduit en une vingtaine de langues dont le français, avec plus d'1.5 million d'exemplaires vendus dans le monde, il a obtenu le National Book Award en 2015 pour ce livre.

  • Stefan Zweig, l'auteur de 24 heures de la vie d'une femme et du Joueur d'échecs, adressa le manuscrit du Monde d'hier à son éditeur la veille de son suicide, en 1942. Au-delà du récit de sa vie, Zweig fait un formidable livre d'histoire, de géographie, un livre d'art, la narration d'un grand voyage qui le mena de la Vienne de 1900 au Paris de Montparnasse, du Berlin des années 1920 au Londres de 1940 -un chef-d'oeuvre. Ce fin connaisseur de l'âme humaine y dresse également le portrait de tous les grands hommes qu'il croisa, de Freud à Mahler, d'Einstein à Klimt, en passant par Rilke, Rodin, Dalí...
    C'est enfin la description des bouleversements dont Zweig a été le témoin, autant que la victime (la MittelEurope de 1900, le grand massacre de 1914-1918, la renaissance de l'Europe après-guerre, les espoirs suscités par la République de Weimar, les craintes du Moscou de Staline, l'ascension du nazisme). Le Monde d'hier est bel et bien la biographie du tournant du XXe siècle. De ce document unique et foisonnant, Laurent Seksik a rêvé de faire un beau livre, de marcher dans les pas de l'auteur en montrant ce que Zweig a vu. Des passages entiers du livre choisis avec soin seront ainsi illustrés de photographies et de documents d'époque (avec l'accès aux Archives Zweig de l'Université de l'État de New York), introduits et commentés par Laurent Seksik.

  • Anthologie des articles rédigés par Victor Hugo : critiques et articles littéraires, écrits consacrés à la défense de la presse et des tribunes politiques, etc.

  • Une revue éclectique et décapante mêlant analyse de la pop culture et fictions originales : BD, nouvelles, et fiction expérimentale ! Le deuxième numéro de Carbone a pour thème les Maisons Hantées. Cette revue explore les territoires de l'inconstant et du fantomatique, brouille les limites de la croyance et de la peur, ressuscite les anciennes douleurs, entrouvre le placard où se niche le monstre de votre enfance.
    Heureusement, il y a toujours un exorciste dans le coin.

  • L'inventaire N.6

    Collectif

    Notre revue tente de faire progresser l'inventaire de ce qui, en théorie et en pratique, reste à défendre, mérite d'être reconsidéré ou doit être écarté pour favoriser l'émancipation individuelle et collective. Nous espérons ainsi, en diffusant d'anciennes idées et en en proposant de nouvelles, contribuer à l'élaboration d'une culture critique commune. Au sommaire de ce numéro 6 : Alfonso Berardinelli, "Limite et mémoire, variations sur Christopher Lasch" ; Aurélien Berlan, "Le citoyen augmenté" ; Louis Mercier-Vega, "Sociétés d'hier et d'aujourd'hui" ; Notes de lecture et poèmes.

  • À la fin de l'année 1941, le principe d'un grand journal de la Résistance sur le front culturel est arrêté : Les Lettres françaises. Elles devront rassembler les écrivains qui refusent l'oppression fasciste et l'occupation nazie. Le jeune romancier Jacques Decour, communiste, est au coeur de ce dispositif, avec l'homme de la NRF (Gallimard), non communiste, Jean Paulhan. En 1942, Decour fusillé, le premier numéro voit le jour. Près de vingt paraîtront clandestinement : c'est le journal culturel de la Résistance. À la Libération, Les Lettres françaises, bientôt sous l'aile d'Aragon, s'imposent comme l'un des grands titres de la presse française, jusqu'en 1972. De Sartre à Baldwin en passant par Éluard, Brecht ou Jean Vilar, le journal offre, chaque semaine, maints textes forts, aujourd'hui peu accessibles. À l'initiative du poète Jean Ristat, l'aventure est relancée en 1989 et, durablement, en 2004.
    C'est à une redécouverte de ces textes que la présente anthologie invite le lecteur du XXIe siècle. Inscrits, pour beaucoup, dans un monde révolu, ils se révèlent fort éloquents pour comprendre ce passé mais non moins précieux, sans doute, pour penser aujourd'hui.
    Fruit d'une relecture intégrale de l'ensemble des numéros parus, cet ouvrage a rassemblé parmi les meilleurs spécialistes pour présenter, dans leur vaste envergure, ce maître-journal : Les Lettres françaises.

  • De 1998 à la veille de sa mort, au tout début de l'année 2015, le poète et écrivain Yves Rouquette a livré, toutes les semaines, une chronique à La Dépêche du Midi, qui la faisait paraître le dimanche, sous le titre ? Accent d'Oc ?. La présente parution rassemble l'essentiel des chroniques parues en 2013 et 2014, selon un principe immuable :
    Le jeudi, La Dépêche donnait à Yves Rouquette le sujet qui ferait l'objet de la page magazine du dimanche suivant. L'écrivain disposait alors de 24 à 48 heures pour concocter son texte, puisant dans ses souvenirs et sa bibliothèque, parfois se rendant à la bibliothèque municipale de Camarès, son village, pour se documenter sur le sujet. On peut dire que ces chroniques sont celles d'un homme qui ignorait quasiment l'existence d'internet et des bases de données numériques.
    Son enfance à Sète et dans l'Aveyron, les origines paysannes de sa famille, son engagement au service de langue d'Oc, son expérience de professeur de lettres classiques, son immense culture, sa fascination pour les musées ou la photographie, ses amitiés, sa vie quotidienne aux côtés de l'écrivain Marie Rouanet durant plus de 50 ans, son regard critique sur la marche du monde : tels étaient les principaux ingrédients de cet exercice hebdomadaire effectué à la main, sur du papier quadrillé, puis faxé au journal. Entre coups de c?ur et coups de gueule, ces textes témoignent d'une subjectivité éclairée et totalement assumée, et lui valaient un abondant courrier de lecteurs auquel il répondait scrupuleusement.

  • Le temps arrêté, suspendu, privilégié, celui de la conversation, des questions que l'on tente et des réponses que l'on cherche; ce temps des moments à jamais perdus et pourtant ineffaçables puisqu'ils vivent pour toujours dans la mémoire.

    Daniel : J'ai une chose irréductible qui montre que je ne suis pas très acteur : il y a des rôles que je ne veux pas jouer. Il y a certaines énergies que je ne veux plus jouer. Même affamé, même sans travail.
    Ça a été toute ma vie comme ça. Je n'ai pu échapper à ces choses-là qu'au théâtre. C'est très prétentieux à dire, c'est malveillant, c'est malodorant, c'est petit de ma part : je veux avoir une passion pour les choses que je fais. Dès qu'on me propose un rôle qui m'emmerde, je dis non tout de suite, je ne veux pas me conformer à la convention que les autres veulent avoir de moi.
    C'est la bataille que j'ai menée toute ma vie.
    Frédéric : Tu me disais un jour avec énormément d'humour et de légèreté : " Vous vous rendez compte, un espion qui aurait ma tête...
    Daniel : ... on le découvrirait tout de suite. " (...)

  • " Rêver c'est penser et c'est penser d'une façon beaucoup plus profonde, plus vraie, plus authentique parce que l'on est comme replié sur soi-même.
    Le rêve est une sorte de méditation, de recueillement. Il est une pensée en images. Quelquefois il est extrêmement révélateur, cruel. Il est d'une évidence lumineuse. Pour quelqu'un qui fait du théâtre, le rêve peut être considéré comme un événement essentiellement dramatique. Le rêve c'est le drame même. En rêve, on est toujours en situation. Bref, je crois que le rêve est à la fois une pensée lucide, plus lucide qu'à l'état de veille, une pensée en images et qu'il est déjà du théâtre, qu'il est toujours un drame puisqu'on y est toujours en situation ".
    /> " Vingt ans après " ou presque. C'est en 1977, en effet, qu'Eugène Ionesco accorda ces Entretiens à Claude Bonnefoy. Malgré l'écart temporel, se dessine un Ionesco très proche, vivant, contradictoire, s'expliquant et s'interrogeant sur l'écriture théâtrale et romanesque, sur les liens entre le rêve, la création et la vie. A la fois sceptique et plein d'espoir, un homme en questions sur le rôle de la littérature et du théâtre dans la vie d'un écrivain, dans la vie d'un homme.

  • « Ah ! Oui alors ! Parlons-en de la poésie ! ». Et des poètes. Ce que Georges Cathalo fait avec compétence, causticité et humour. À la manière des « moralistes » du XVII° siècle français (Pascal, La Bruyère,.) dont il renouvelle la langue tout en reprenant à son compte les qualités d'exigence, de précision et de clarté. Ses « Bestioleries poétiques » se lisent d'un trait tout d'abord, et puis on revient sur tel ou tel aphorisme pour en apprécier davantage soit la flèche dans la cible, soit le tracé d'un « caractère » auquel il taille un costume sur mesure, soit encore la saveur de la formule pour le plaisir de la langue.

  • Femme engagée, Assita Kanko publie un livre conforme en tous points à sa bouillonnante personnalité : un plaidoyer vigoureux et convaincant pour un nouveau féminisme. Quiconque n'a pas encore entendu parler d'Assita Kanko, ne pourra plus l'ignorer après la publication de ce livre. Dans La deuxième moitié, cette Belgo-Burkinabé confronte ses expériences personnelles à la dure réalité du sort des femmes dans notre société. D'où son constat sans appel et son message pressant : les femmes, «La deuxième moitié », ne sont toujours pas considérées et traitées à leur juste valeur. Kanko aborde de nombreux thèmes, du plafond de verre à la violence domestique, mais aussi à l'excision dont elle a elle-même été victime dans son pays natal, le Burkina Faso. Le résultat est un appel auquel personne ne pourra rester sourd.

  • L'eau du bain

    Rim Battal

    Un recueil de pensées, fragments, poèmes sertis dans un texte en prose, à la lisière du journal, écrit au jour le jour, de l'essai et de l'autobiographie.
    Le texte se définit lui-même comme un monstre : « Le monstre s'est appelé d'abord Putain, maman ! Puis Corps à corps, puis Feu ! Pour devenir enfin L'eau du bain ». Le poète plonge le lecteur dans les méandres de la maternité avec une liberté, un humour et une audace entièrement inédits. L'écriture brève, fragmentaire, la recherche du discontinu et de la cassure permettent le jaillissement d'intuitions toujours mises à l'épreuve de l'expérience. Usant de véhémence, la succession de petites phrases, la menace, le sarcasme produisent l'impression de la mitraille. Rim Battal n'hésite pas à user de syllogisme pour créer une alliance entre poème et théorème proche de la rhétorique classique. A la manière des Essais, la poète, Sisyphe en escarpin, constate, tente de comprendre et de trouver le mot juste pour dire le corps, le désir, la colère, le tire-lait, le placenta, les boulettes de Kefta, la génétique, l'épuisement...
    La maternité est politique et le poème seul permet cette union de l'intime et de l'universel. Comme un rap abrasif, l'écriture acide de Rim Battal délivre une pensée dont la singularité appelle les métaphores pour pouvoir éclore et se sublimer. « Première hâte de grossesse : voir se défaire ce noeud que ma mère a noué il y a trente ans. Le nombril du neuvième mois est une nudité totale » Les coupures brillent d'un éclat minéral et révèlent la nécessité pour le poète de dépasser l'ordre biologique et l'éternel retour de toutes choses en donnant naissance à un texte nécessairement monstrueux, dionysiaque, inactuel, intempestif, grotesque et sublime.

    « L'oeuvre de Rim Battal est comme un gigantesque puzzle. Ou, disons : un vase Ming foutu en l'air par un chat obèse, dont les morceaux auraient été récupérés et stockés dans une jarre. Quand on la secoue, la jarre rend une musique immédiatement reconnaissable. Il y a un moment où il faut déboucher la jarre - ouvrir le livre - et recoller les morceaux. Il faut faire gaffe à ne pas se couper, mais le décor vaut le coup. C'est plein de va-et-vient schizoïdes entre Paris et Marrakech, de ruelles, de fête, d'alcool, de cul, de désenchantement, d'espoir, d'amour, de haines rentrées, de mendiants, de bourgeois flippés planqués derrière leurs lunettes noires, de névroses familiales.
    L'Eau du bain invite à assembler 127 fragments non numérotés, avec une unité thématique jamais encore vue chez l'auteure [...]. Au bout du compte, la vie étant ce qu'elle est, bien peu des questions évoquées [...] trouveront une réponse définitive [...].. Et c'est magnifique : c'est la possibilité de plein d'autres livres. ».
    Grégoire Damon, Sitaudis

  • Attention, amis lecteurs, cet ouvrage appartient à un genre en voie de disparition : le journalisme ! Et ce d'autant plus qu'il traite de la République bolivarienne du Venezuela. Cette nation n'a pas très bonne presse, vous en conviendrez. Le ton généralement emprunté pour évoquer Hugo Chávez, feu son président, ou Nicolás Maduro, l'actuel chef de l'État, est méprisant dans le meilleur des cas, hostile le plus souvent, accusateur presque systématiquement.
    [...] En plongeant dans le grand fleuve de la réalité, Geraldina Colotti cherche à échapper au brouillard des préjugés et à comprendre la logique de la « révolution » qui, depuis la fin 1998, mélange de nationalisme populaire, de théologie de la libération, de courants marxistes-léninistes, de cultures paysanne et indigènes, agite et transforme ce pays.
    [...] Elle prend le vent, arpente le terrain, pose des questions, tâte les pouls. Forte de ce qu'elle observe entre rues résidentielles bordées de palmiers et baraques délabrées des ranchitos de Caracas, pueblos cloqués en bordure de champs et étroites vallées andines, elle va incontestablement à contre-courant. Sans complaisance, mais sans préjugés, elle lève un coin de voile sur la nature exacte de cette révolution.
    (Extraits de la préface de Maurice Lemoine) Dans ce livre, ce sont les « invisibles » qui parlent : des femmes et des hommes de toutes les couches populaires, devenus protagonistes au pied levé. Les Taupes de la Révolution bolivarienne qui, inlassablement, creusent jusqu'à faire éclater la croûte terrestre qui leur masque le soleil.
    (Extrait de l'introduction)

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