Pu De Bordeaux

  • Du plomb au numérique, de la typographie classique à l'impression en offset, le livre français a plus évolué en un demi-siècle qu'il n'avait changé depuis Gutenberg. Les techniques de composition et d'impression des textes, hier « de plomb, d'encre et de lumière », sont aujourd'hui électroniques ou numériques. Le design éditorial, austère et sage il y a encore cinquante ans, est devenu exubérant voire éclaté. Avec l'apparition de typographes de génie comme Pierre Faucheux, les volumes de l'édition de Paris et d'ailleurs se sont faits inventifs, surprenants, iconoclastes. Le développement des couleurs dans la société a donné en librairie des couvertures accrocheuses, pétaradantes de tons vifs ou acidulés. Dans le même temps l'essor de la photocomposition a permis de jouer des possibilités de la gamme typographique comme le chat joue avec la souris.

    La publication assistée par ordinateur (PAO) permet d'aller encore plus loin aujourd'hui et de varier à l'infini le traitement typographique des titres et des textes - mais le résultat est-il heureux pour l'oeil du lecteur ? L'utilisation facile des outils de mise en page, la « déprofessionnalisation » des métiers du livre qui s'en est suivi n'expliquent-elles pas la dégradation de l'objet-livre que déplorent de plus en plus de « bibliomanes » ? Qu'est-ce qui a changé, fondamentalement, dans la conception et la réalisation des livres ces dernières décennies ? Telles sont, parmi d'autres, les questions qui ont été posées à des typographes comme Jean François Porchez ou des graphistes comme Massin pour faire le point sur l'évolution de la mise en page. Quelques études en annexes sont l'occasion d'aller plus loin et de réfléchir sur les mutations de l'objet-livre et les changements techniques ou graphiques de l'édition française.

  • Qu'en est il donc aujourd'hui de l'édition littéraire ? Quels sont ses enjeux ? ses soucis ? Quelles sont ses perspectives ? Ce sont là quelques-unes des questions posées à Michel Tournier, Jean Jacques Pauvert, Maurice Nadeau, Paul Otchokovsky-Laurens, Irène Lindon, Raphaël Sorin, Gérard Bobillier et Georges Monti. Pour connaître enfin l'envers du décor éditorial. Pour savoir comment se prépare la rentrée littéraire. Comment se dirige une maison d' édition, un ¦il sur les manuscrits, l'autre sur les comptes d'exploitationŠ À ces entretiens, inédits, riches d'anecdotes et d'enseignements, ont été ajoutées une étude sur le comité de lecture chez Gallimard, une autre sur le département littéraire des Éditions du Seuil (à partir d'une plongée dans les archives de la maison), de même qu'une réflexion sur les problèmes de la librairie aujourd'hui.

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